Critiques

CHERIF (Critique Saison 3) Un Cherif 3 étoiles

4 STARS EXCELLENT

cherif s3 2

SYNOPSIS: Cherif est de retour dans une nouvelle saison mouvementée !Le flic le plus charmeur de ce côté de l’Atlantique et sa partenaire Adeline Briard vont devoir résoudre des enquêtes de plus en plus palpitantes sans jamais se départir de leur humour et leur perspicacité… Après une saison 2 sous le signe du rapprochement et de la complicité, la saison 3 rebat les cartes : les amours déçues, les fantômes du passé, les fascinations trompeuses… Cherif et Briard vont-ils enfin s’avouer qu’ils sont faitsl’un pour l’autre

Après deux premières saisons convaincantes dont la qualité n’avait fait que grimper crescendo, Cherif est de retour pour une saison 3 depuis le vendredi 8 janvier. La fin de saison 2 nous avait laissé sur un mouvement de balancier du cœur du capitaine envers son ex-femme sous les yeux mi surpris, mi attristés de sa coéquipière Adeline Briard et l’on se doutait que l’avenir amico-sentimental de nos deux héros allait connaitre un tournant que l’on pressentait chaotique. C’est effectivement le cas, mais comme de bien entendu le jeu du chat et de la souris va se poursuive durant ces dix nouveaux épisodes. Comme de bien entendu et pourtant Cherif n’est pas du tout une série prévisible, elle est même tout le contraire, passionnante, drôle et rythmée, qui sait se faire inventive et portée par une équipe, qui, derrière ou devant la caméra manie l’efficacité comme un art de vivre. Comment parvenir à passer le cap après une première saison de nécessaire exposition et une seconde qui se libérait doucement des contraintes du polar lambda pour s’approprier un ton totalement personnel doublé d’une chaleur humaine prégnante? En choisissant de poursuivre dans la continuité et en faisant évoluer par petites touches tous leurs personnages tout en faisant en sorte de mettre un coup d’accélérateur au récit feuilletonnant qui s’inscrit en filigrane des épisodes, les auteurs menés par le tandem Marine Gacem-Lionel Olenga semblent avoir trouvé la bonne carburation. Une évolution qui trouve sa vitesse de croisière après quelques épisodes, car le soufflé romantico-dramatique du cliffhanger de fin de saison 2 retombe un peu et nos illusions de voir nos deux héros se tomber dans les bras sont bien évidemment mises à mal. Petit décrescendo donc mais bien vite oublié avec des enquêtes qui fonctionnent toujours aussi bien et un Cherif des grands jours. Nouveauté de cette saison, les personnages vont enfin être en danger ce qui n’était que trop peu le cas dans les deux premières saisons. Désormais notre attachement au duo Cherif-Briard est tel, qu’avoir peur pour eux, que leur intégrité physique soit en péril ou que des figures du passé reviennent troubler leurs existences, fait que l’empathie du téléspectateur est forcément mise à rude épreuve. Les épisodes offrent notamment à Abdelhafid Metalsi l’occasion de nuancer son jeu et d’aborder un registre émotionnel que la décontraction de Cherif ne lui permettait pas d’explorer vraiment jusque là. Carole Bianic n’est pas en reste et son personnage se lâche de plus en plus, la comédienne offrant du coup des sourires, de la tendresse et une douceur que sa rudesse avaient jusque là tempérées même si ses failles étaient déjà apparues avec parcimonie.

CHERIF SAISON 3

On l’a dit, cette saison 3 fait la part belle au développement progressif des personnages et c’est un véritable plaisir que d’assister à leur mue dans des épisodes toujours aussi prenants et divertissants. Les auteurs les ont donc mis dans des situations périlleuses en s’appropriant des thématiques récurrentes propres à certains épisodes de séries télé (le héros amnésique, l’ami d’enfance qui réapparait…). Si Cherif et Briard sont alternativement en danger à plusieurs reprises, Déborah l’ex-femme de Cherif, interprétée par la talentueuse Élodie Hesme (dont la soeur Annelise (Nina) est invitée dans un épisode) a le droit aussi à son quota de mise à l’épreuve, ce qui permet à la magnifique comédienne d’étoffer son rôle. Les enquêtes sont toujours savamment écrites et permettent à Cherif d’étaler comme à l’accoutumée sa culture sérielle. Mais comme lors des deux premières saisons, ce qui aurait pu devenir un gimmick gratuit permet au contraire de faire avancer le récit et de solutionner certaines situations inextricables. Il faut dire que Cherif voit et connait un nombre de séries incalculables. Cette saison on découvre dans sa dvdthèque qu’il est un homme de goût possédant aussi bien 200 dollars plus les frais que Columbo ou Le Saint. Ses » cherifferies » varient des précédentes avec plein de nouveaux titres cités (Les brigades du tigre, Riptide, Vampire Diaries voire même Starsky & Hutch pour laquelle nous avons vérifié si la citation apparaissait bien dans l’épisode nommé et si les situations étaient identiques, ce qui s’est avéré totalement exact). Pour la première fois Cherif nous gratifie même d’une référence à une série inédite en France ce qui pour les sériephiles est particulièrement savoureux. Côté guests, cette saison voit passer  Sören Prévost, (dans deux épisodes), Alexandre Brasseur, Blandine Bellavoir,  Bruno Lochet,  Sam Karmann, Delphine Chanéac… Dans ces nouveaux épisodes on verse qui plus est peu à peu vers la comédie romantique avec ses figures imposées (le triangle amoureux notamment) la mélancolie et la douceur sont des sentiments qui reviennent à intervalles réguliers, que ce soit Kader toujours aussi touchant dans sa relation avec sa mère que dans celle avec sa fille (une très jolie séquence les voit chanter ensemble et est vraiment très réussie sans jamais tomber dans le pathos). Là où Cherif fait également fort et dans cette saison 3 c’est encore plus flagrant, c’est la place primordiale accordée à ces rôles semi-récurrents. On a parlé d’Élodie Hesme évidemment, mais Frédéric Gorny, Vincent Primault, Mélèze Bouzid ou Greg Germain ont de très belles séquences à jouer que ce soit sur des tonalités dramatiques ou plus légères et leur place au sein de la narration est toujours fluide et naturelle. Mais celui qui se taille la part du lion c’est François Bureloup qui dans le rôle de Beaudemont est absolument irrésistible, aussi bien dans une scène hilarante de karaoké que dans ses blagues balancées avec aplomb lors des découvertes des crimes. L’acteur est absolument formidable et l’une de ses répliques catalyse bien tout le côté méta que la série ne cesse d’emprunter. Son « Et là j’suis sensé faire une vanne moi » après un évènement dramatique de début d’épisode est tout simplement jubilatoire. Bref la série a atteint son niveau de croisière mais ne se contente pas de ses acquis. Elle avance à son rythme, elle tente et invente sans effet poseur ou faussement branché. Elle emprunte des chemins parfois inattendus à l’image du cliffhanger de fin de saison que l’on ne voit absolument pas venir et qui ouvre des pistes multiples pour la saison 4 déjà en écriture. Une saison très réussie donc, pas exempte d’épisodes un peu plus faibles que d’autres, mais un héros positif dans une série qui fait du bien et qui se conclue notamment par deux titres de Dionne Warwick, par les temps qui courent, que demander de plus?

Crédits : France 2

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