Critiques Cinéma

DOPE (Critique)

4 STARS EXCELLENT

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SYNOPSIS: Malcolm, jeune geek fan de hip-hop des années 90 vit à Inglewood, un quartier chaud de Los Angeles. Avec ses deux amis Diggy et Jibs, ils jonglent entre musique, lycée et entretiens pour entrer à l’université. Une invitation à une soirée underground va entrainer Malcolm dans une aventure qui pourrait bien le faire passer du statut de « geek » à celui de mec cool, un « dope ».

Vous êtes probablement tous déjà sortis d’une salle de cinéma en vociférant votre avis enthousiaste à votre pote au sujet du film : « c’était de la balle ». En argot américain, cette expression pourrait se traduire « that was dope ». Et de « dope », il sera question aujourd’hui puisque cette critique sera consacrée au tonitruant Dope, long-métrage du réalisateur Rick Famuyima auréolé du prix du public au dernier festival de Deauville après avoir conquis la croisette en mai dernier lors de son passage en clôture de la Quinzaine des Réalisateurs.Produit par Forest Whitaker et  Sean Combs alias P. Diddy, avec une bande-originale concoctée aux petits oignons par le célèbre Pharell Williams (aussi crédité producteur), Dope est donc l’œuvre de Rick Famuyima, jeune réalisateur prometteur qui s’est inspiré de son parcours personnel à Inglewood pour le scénario de ce long-métrage. Dope suit les aventures de Malcolm, jeune geek fan de hip-hop (des 90’s) qui vit dans un quartier chaud de Los Angeles. Avec ses deux amis Diggy et Jibs, il jongle entre musique, lycée et entretiens pour entrer à la prestigieuse université d’Harvard. De fil en aiguille, de course-poursuite rocambolesque sur fond de trafic de drogue, la petite troupe va se trouver confrontée aux difficultés inhérentes au monde local.

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En narrant les tribulations de ce trio pétillant, c’est avant tout de la place des afro-américains aux États-Unis dont Rick Famuyima parle. Son propos social et racial, incarné par sa mise en scène dynamique, son montage survitaminé, sa photographie léchée, ses morceaux musicaux choisis avec soin (big up à la chanson de Korn, parfaitement ajustée aux images), ses dialogues bien sentis et ses rafales de références irrésistibles à la hip-pop culture (on notera, entre autres, que la coupe de cheveux de Malcolm est un clin d’oeil évident au Prince de Bel Air), est empreint de modernité. Famuyima déjoue avec flair les indécrottables stéréotypes et clichés habituels sur les blacks – Malcolm est un geek préférant de loin les études au sport et aux dealers gangstas de son quartier – et souffle un vent rafraîchissant sur la production actuelle, avec son lot de messages pertinents (« lutter contre les étiquettes sociales », « cultiver votre différence »…). Reléguer Dope au rang de simple film communautaire serait toutefois réducteur tant le scénario regorge d’autres qualités et subtilités. A commencer par ce récit d’initiation, sous forme de coming-of-age, qui traverse Dope de long en large. Avant d’être un black résidant au sein d’un pavillon sensible, Malcolm est surtout un ado ordinaire qui aspire, comme tout être humain, à devenir un adulte extraordinaire. Du moins, Malcolm ambitionne de vivre sa vie normalement, jouer dans un groupe de musique avec ses potes, draguer une fille qui lui plaît (Zoë Kravitz, charmante) et percer à Harvard en réussissant ses entretiens. Et même si les circonvolutions du discours de Famuyima sont parfois ironiques (sans révéler le pot-aux-roses, sachez seulement que Malcolm n’hésite pas à exploiter les failles du système qui ne lui a laissé à priori aucune chance pour devenir quelqu’un), voire troubles (la fin justifie-t-elle réellement les moyens?), force est d’avouer que le jeune metteur en scène s’avère in finale assez touchant et drôle, notamment lorsqu’il s’amuse des travers d’Internet (son Dope est littéralement dopé aux codes 2.0 de la génération Y) et qu’il flirte avec la nostalgie des 90’s (gloire au Walkman!). Si Dope détonne fort, c’est aussi grâce à son interprète principal, le formidable Shameik Moore, qui campe le héros Malcolm avec une sincérité et une naïveté touchantes ; son manque d’expérience étant ici clairement un atout. A ses côtés, Kiersey Clemons et surtout Tony Revolori, aperçu l’an dernier en groom dans le génial Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, ne déméritent pas, se révélant bien cocasses. Échappant constamment aux stéréotypes sur les noirs et les blancs véhiculés par les médias, Dope est typiquement le genre de film indé énergique et intelligent que l’on aimerait voir plus souvent sur grand écran.

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Titre Original: DOPE

Réalisé par: Rick Famuyima

Casting : Shameik Moore, Kiersey Clemons, Tony Revolori,

Zoë Kravitz, Rakim Mayers, Keith Stanfield

Genre:  Comédie

Sortie le: 04 novembre 2015

Distribué par: Happiness Distribution

4 STARS EXCELLENTEXCELLENT

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