Spectacles

L’EXOCONFERENCE où quand Alexandre Astier règle la question de la vie extraterrestre.

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En ce dimanche 13 septembre la salle est comble, l’atmosphère chaleureuse, la touffeur étourdissante, l’impatience grandissante. Ce soir, quelques 2000 d’entre nous vont assister à l’Exoconférence. Exoconférence. Rien que le nom, ça en jette. D’ailleurs, mes potes sont tous persuadés que moi, la littéraire, je me rends à un genre de sommet scientifique chapeauté par la NASA. C’te blague. Et pourtant… Il est bel et bien question de démêler le vrai du faux, quelque part, s’agissant des extra-terrestres et autres formes de vies potentielles dans le vaste univers, barbotant depuis les débuts de la conquête spatiale dans une bouillasse complotiste des plus absconses. Tout ça, juste.
En guise d’introduction au cours magistral, une première partie épatante, assurée par Brunce Benraman (www.e-penser.com), et qui annonce d’emblée la couleur : ce soir, on va apprendre tout un tas de choses, et convoquer des bribes de connaissances apprises à la volée depuis le cours élémentaire, on va « connecter les fils » et additionner 2 + 2 aussi, tout simplement. On va parler de sciences, et de bon sens. Mais surtout, surtout : on va rire à s’en fêler les côtes. Mais enfin, voilà que tout commence sur fond de Big Bang, et que le maître arrive…
Je n’ai jamais fait mystère de mon admiration pour le bonhomme, et suis rarement avare en matière de compliments pouvant lui être multiplement – et légitimement – attribués. On pourrait d’ailleurs me taxer de partialité ou de vénération préconçue qui sait, pourquoi pas ? Et bien non, justement : pas. Rien d’abusif là-dedans. La gloire dont on veut bien l’auréoler, il ne l’a pas volé, loin s’en faut. Et il le démontre une fois encore avec un brio tout à fait médusant, en campant ici non seulement un conférencier un peu blasé – et surtout savoureusement imbu de lui-même – aux prises avec un système d’exploitation capricieux, mais aussi toute une galerie de personnages hauts en couleur, à tel point que l’on passe rapidement du « simple » spectacle vivant au théâtre pur, formidablement mis en scène par le complice de toujours, Jean-Christophe Hembert. Pendant un peu plus de 90 minutes, on va décortiquer le dossier E.T., sérieusement documenté, mais surtout fourmillant de références à notre culture S.F. chérie, et toucher un peu d’astrophysique, l’air de rien.
Alors, existe-t-il un humour Astier ? Que oui ! Est-il élitiste ou segmentant pour autant ? Je dirais que non. A mon sens, il est aisé de trouver son compte dans un tel spectacle, tant les références sont légion et les variations sur le « drôle » non moins nombreuses. Parce que Astier sur scène, ce n’est pas Astier derrière ou devant la caméra. L’Exoconférence, ce n’est pas Kaamelott à la rencontre du troisième type ou Astérix chez les P’tits Gris. Si la « griffe » demeure, le cadre s’élargit, le terrain de jeu s’agrandit, et A.A. prend une toute autre ampleur sur scène. Un peu comme un génie libéré de sa lampe magique. Il s’étire, investit l’espace, charme et conquiert l’assistance, puis prend le large et nous emmène dans ses bagages le temps de nous dévoiler, grand seigneur, sa cosmogonie, érudite et excentrique tout à la fois. En live, tout devient possible, tout est envisageable, à l’image de cette parenthèse rock amorçant la conclusion de sa thèse, même si l’on ressent, entre deux bouffées d’admiration légitime, la rigueur et le perfectionnisme nécessairement déployés pour amener le spectacle là, à ce très haut niveau d’exigence. Le nivellement par le haut du divertissement. Rien de moins.
L’intelligence au service du rire ou, peut-être d’avantage encore, le rire à l’écoute du savoir. Le burlesque du bon sens. Des jours durant, des bribes de l’Exoconférence me reviennent, rappelant à mon bon souvenir les vannes les plus percutantes d’une part, mais surtout la multitude de détails édifiants qui se sont installés, tranquilles, bien au chaud au creux de ma mémoire, l’air de rien, pendant que je me bidonnais les larmes aux yeux. Des détails que je n’aurais pas besoin de « réviser ». Je les sais, dorénavant, tout ancrés qu’ils sont, enrobés de rire et de plaisir. Et je me sens tellement moins quiche. C’est véritablement libérateur d’arriver à la fin d’un spectacle avec la sensation prégnante qu’on en ressort moins con qu’à l’arrivée, en plus de s’être follement amusé. De combien de shows, à l’heure actuelle, est-il possible de dire cela ?
Pour finir, ce n’est pas une, ni deux, ni trois, mais bien six fois que le maître revient sur scène ce soir-là sous les hourras de l’audience, ému et humble face à ces 2000 personnes debout, acclamant à juste titre son effervescence, sa passion, sa maîtrise et sa générosité, refusant de le laisser filer. Car se trouver dans le giron d’Alexandre Astier, c’est se trouver plus éclairé et plus alerte, plus consciemment vivant en somme, à l’écoute, attentif, plus follement épris de l’existence et de ses mystères autant que de ses travers. C’est réapprendre à lever les yeux vers les étoiles et s’émerveiller, encore, du spectacle des cieux.

En DVD et Blu-Ray collector chez Universal dès le 6 octobre. En tournée jusqu’en février 2016.

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