Critiques

TUT (Critique) Évasion historique

3 STARS BIEN

tutSYNOPSIS: Le règne du jeune Phararon de l’Egypte antique Toutânkhamon, fils d’Akhénaton, âgé de 9 ans, marqué par les manigances politiques, les guerres et conflits de pouvoir.

Vivement critiquée avant même sa diffusion, Tut, la minisérie événement de Spike TV n’est en fait… pas si mal. Certes, il y a moult défauts : la réalité historique est quelque peu malmenée, la distribution manque grandement de diversité, et, dû à une convention du genre tout à fait loufoque, les acteurs parlent l’anglais de la reine, avec un accent britannique impeccable. Mais d’un autre côté, les scénaristes Brad Bredeweg, Peter Paige et Michael Vickerman ont réussi à faire, malgré le peu que l’on sait de lui, un portrait tout en finesse de l’enfant-roi d’Égypte, à mi-chemin entre le tyran mégalomane et le bienfaiteur de son peuple. Le premier épisode commence en effet à un moment charnière de la vie de Toutânkhamon, ou Tut (Avan Jogia). Après dix ans de règne, il ouvre enfin les yeux et se rend compte que le général Horemheb (Nonso Anozie) et son fidèle serviteur Ay (Ben Kingsley) ont gouverné à sa place toutes ces années. Mû autant par l’orgueil que par le désir de faire le bien, Toutânkhamon décide de prendre les choses en main et de s’affirmer en tant qu’adulte. Au fil des intrigues, trahisons et complots, le pharaon réalise peu à peu que ses vrais alliés ne sont pas forcément ceux qu’il imaginait. Que ce soit ses proches qui convoitent sa couronne, une maladie mystérieuse qui décime ses sujets ou les Mitanni, une tribu apparentée aux Hittites, qui menacent constamment son royaume, Toutânkhamon n’avance jamais en terrain sûr, ce qui rend son périple fascinant et ses imperfections dangereuses. Difficile de savoir quel était le budget exact de Tut, mais visiblement, la chaîne n’a pas lésiné sur les millions. Décors, costumes, accessoires, sublime photographie de Christophe LaVasseur, tout a été mis en œuvre pour nous en mettre plein la vue. Les temples égyptiens sont reconstitués en couleurs, filmés sous un soleil de plomb, les plans larges sur le désert égyptien sont à tomber par terre, bref, on a dépensé sans compter pour rendre le visuel aussi riche que possible. Le réalisateur David Von Acken s’est investi dans un genre Hunger Games, caméra à l’épaule lors des scènes de batailles et plans larges, voire panoramiques à chaque grand moment politique, plus serrés quand il s’agit de moments intimes. Quant à Avan Jogia, qui porte la minisérie sur ses frêles épaules de rejeton de Nickelodeon, il tire son épingle du jeu gracieusement, interprétant élégamment ce gamin volontaire et encore immature à la tête d’un empire surpuissant. tut 1

Malheureusement, le fait est que le reste de la distribution ne s’en sort pas aussi bien. Ben Kingsley est aussi remarquable et subtil que d’habitude et Alexander Siddig, qui joue le grand-prêtre d’Amon se repaît d’un personnage hypocrite et doucereux, mais ni l’un ni l’autre n’ont vraiment beaucoup à faire. Ils veillent sur Toutânkhamon, chacun à leur manière, mais jamais de manière extrêmement active. Les deux seules femmes de la distribution sont évidemment belles comme des cœurs, mais un visage d’ange ne suffit pas toujours à faire une actrice. Et puis soyons justes, si la femme du pharaon Ankesenamon (Sibylla Deen) prend quelques rares initiatives ; elle est principalement là pour expliquer la fin de la dix-huitième dynastie pharaonique. Une petite mention cependant, pour l’Israélien Iddo Goldberg, qui apporte une belle dose de bravache à l’ensemble et une touche d’humour plutôt bienvenue. Soyons francs, Tut ne révolutionnera pas le genre de la fiction historique. D’un autre côté, tel n’était pas le but. Il y a de nombreuses carences de rythme et l’action avance souvent par à-coups, mais plus qu’une méditation sur le pouvoir et le passage à l’âge adulte, la série tient surtout à dépayser le spectateur. Il ne s’agit pas de faire travailler vos petites cellules grises devant cette fresque éblouissante, mais plutôt de se laisser transporter dans un monde de beauté et de violence, plus ou moins déconnecté de l’âge moderne. Un bon moyen de s’évader sans avoir à réserver de billet d’avion.

Crédits : Spike TV

 

 

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