Critiques Cinéma

NOTRE PETITE SOEUR (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

notre petite soeur affiche

SYNOPSIS: Trois sœurs, Sachi, Yoshino et Chika, vivent ensemble à Kamakura.  Par devoir, elles se rendent à l’enterrement de leur père, qui les avait abandonnées une quinzaine d’années auparavant. Elles font alors la connaissance de leur demi-sœur, Suzu, âgée de 14 ans. D’un commun accord, les jeunes femmes décident d’accueillir l’orpheline dans la grande maison familiale…

Hirokazu  Kore-Eda avait fait pleurer Steven Spielberg en 2013 avec son très beau Tel père, tel fils (Prix du jury). Il est aujourd’hui de retour en compétition officielle au Festival de Cannes avec Notre petite sœur, nouvelle chronique familiale kawai. Le cinéaste nippon l’a prouvé depuis longtemps, le thème de la famille (sous toutes ses formes) lui est cher. Mais si la mayonnaise du mélodrame intime prenait avec Tel père, tel fils (interrogations profondes sur les liens du sang, sans schématisme inquiétant, message de fond moderne, sobriété des comédiens, maîtrise de l’image, montage impressionnant…), Notre petite sœur ne convainc qu’à moitié, en dépit d’indéniables qualités. Premier atout : Kore-Eda est toujours aussi doué pour parler de la famille. Son analyse des rapports entre ces trois sœurs avec leur demi-soeur cadette au sein d’un havre de paix (la maison de leur grand-mère, lieu paisible à l’écart d’une petite ville côtière de province) est fine et gorgée de vie. Notre petite sœur l’amène à explorer de nouveau la filiation et le deuil (père défaillant décédé, mère absente), à s’interroger avec infiniment de tact, de délicatesse, de subtilité et de pudeur sur la place de chacune dans la famille et en ce sens, il réussit à toucher en plein cœur. L’émotion est créée à partir de rien, mais ça fonctionne. Chaque petite tranche de vie de cette sororité marque les esprits, la photographie est splendide, les quatre comédiennes sont excellentes – mention spéciale pour Haruka Ayase – et Kore-Eda évite judicieusement l’écueil du pathos émotionnel gluant.

notre petite soeur 1Là où le bât blesse, c’est plutôt parce qu’on a l’impression qu’il tourne hélas un peu en rond et a du mal à faire évoluer ses personnages. Peut-être aurait-il mieux valu oser les ruptures et structurer le récit – un poil trop lisse – sur plusieurs années, afin que l’on voit grandir la petite dernière, apprivoisée par ses aînées à la suite de l’enterrement d’un père chancelant. Certaines scènes sont de fait assez répétitives (petites confidences, séquences de repas, rites propres à la communauté), le montage n’aide pas et l’ensemble apparaît un tantinet longuet. Fort heureusement, Kore-Eda fait preuve ici et là d’humour – petites touches discrètes – possède une sensibilité remarquable (le déchirement face à la maladie incurable de la restauratrice bienveillante) et hisse son film au dessus de ces quelques défauts. Deux ans après le bouleversant Tel père, tel fils, Kore-Eda est de nouveau de passage sur la croisette avec une saga familiale pas tout à fait aboutie mais touchante et relaxante.

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Titre Original: UMIMACHI DIARY

Réalisé par: Hirokazu Kore-Eda

Casting: Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho,

Suzu Hirose, Ryo Kase, Ryohei Suzuki…

Genre: Drame

Sortie le: 28 octobre 2015

Distribué par: Le Pacte

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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