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LES HALLUCINATIONS COLLECTIVES (Festival) : Le bilan

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C’est par un discours émouvant et rassurant que s’est achevée avant-hier dans la soirée la huitième édition des Hallucinations Collectives (ex-Etrange festival de Lyon) au cinéma Comoedia. Émouvant d’une part, car Cyril Despontin, organisateur-pilier du festival depuis ses débuts, a tenu à mettre en lumière toute l’équipe de Zone Bis, ainsi que les partenaires et bénévoles de l’ombre afin de les remercier pour le boulot (considérable) engagé. Rassurant d’autre part, puisque, dans un climat actuel plutôt austère du côté de l’événementiel en France, ces Hallucinations Collectives ont, selon ses dires, pulvérisées le record de fréquentation depuis leur création (4500 spectateurs pour l’ensemble des événements) et ont, en conséquence, greenlighté presque instantanément la tenue d’une neuvième édition l’an prochain.

Pour cette huitième édition, les trublions de Zone Bis ont donc de nouveau arpenté les couloirs du cinéma Comoedia pour six jours placés sous le signe de l’étrange et du bizarre. Avant-premières spéciales (Partisan, Goodnight Mommy, Spring, The Duke of Burgundy…), invités de luxe (Christophe Gans, Fausto Fasulo de Mad Movies…), rétrospectives audacieuses (Scanners, Cannibal Holocaust, Le Venin de la peur, soirée japanimation…), organisation irréprochable (stand Zone Bis accueillant et disponible à toute heure) … les hallucinations ont tenu toutes leurs promesses et bien plus encore.

PALMARÈS :

Grand prix long-métrage : Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala

Grand prix court-métrage : The boy with a camera for a face de Spencer Brown

Prix jury Le petit bulletin : Spring de Justin Benson et Aaron Moorhead

COMPÉTITION :

Pour cette nouvelle édition, ce ne sont pas moins de huit films, tous différents les uns des autres mais formant néanmoins un tout harmonieux et reflétant bien ce qu’est le cinéma de genre aujourd’hui, qui se sont affrontés aux yeux du public pour obtenir le précieux prix. Passons les cas Spring, Goodnight Mommy, Dealer et Blind (hélas non visionnés) pour nous attarder sur les quatre productions restantes :

Présenté lors de la soirée d’ouverture, Partisan, réalisé par l’australien Ariel Kleiman, a déçu : pitch intéressant, à la lisière de la dystopie, Vincent Cassel des grands jours, mais manque d’incarnation et de propos fort. Même constat pour Shrew’s Nest, premier film du tandem Juanfer Andres / Esteban Roel, dont la première heure, lourde en exposition, est heureusement contrebalancée par une dernière demi-heure sauvage et drôle, biberonnée à l’humour noir de son producteur, le trublion espagnol Alex de la iglesia. The Duke of Burgundy de Peter Strickland s’est en revanche avéré une excellente surprise, expérience de cinéma bouleversante axée autour d’une romance lesbo-SM fascinante, à la puissance formelle folle (convocation des sens avec une grâce inouïe).

De même, I, le blockbuster indien pétaradant de Shankar et sorti dans la plus grande discrétion en janvier dernier, nous a secoués dans tous les sens. Une rencontre hallucinante et improbable entre la romance de La Belle et la Bête et le style de vengeance de la mariée dans Kill Bill. Trois heures de folie furieuse, aussi fun dans la démesure (des couleurs, des costumes, des décors en veux-tu en voilà) que dans son récit (mélange des genres, grand spectacle populaire), le tout à la sauce bollywood (numéros musicaux de haute voltige).

HORS COMPÉTITION :

Là encore, deux bijoux projetés sur l’écran de la salle 4 : tout d’abord, Lost Soul : The Doomed Journey of Richard Stanley’s Island of Dr Moreau, formidable docu qui s’attarde avec beaucoup de recul (et d’humour) sur le tournage totalement surréaliste du remake « malade » L’île du Dr Moreau de 1996, mis en boîte par le vétéran John Frankenheimer. Ensuite, LE choc de ces hallucinations, le déjanté Tokyo Tribe, film gangsta-musical du très prolifique Sono Sion, dont on attend d’ores et déjà la sortie DVD/BR avec énormément d’impatience.

RÉTROSPECTIVES :

Fidèle à son crédo, l’équipe à la barre des hallucinations a tenu à rendre hommage à un pays : l’Italie, mère de tous les « bis », berceau du cinéma de genre bien dégueulasse. Composée de quatre films (Cannibal Holocaust, Le Venin de la peur, Femina Ridens, Rabid Dogs), cette section a offert aux spectateurs son lot de frissons et ressuscité quelques réalisateurs déchus/oubliés (Ruggero Deodato, Lucio Fulci, Mario Bava, Piero Schivazappa).

L’autre thématique – Nouvelle Humanité – a elle-aussi amplement respecté le cahier des charges en offrant une seconde jeunesse à quelques classiques du ciné de genre. Scanners, du roi David Cronenberg, est toujours aussi appréciable et recommandable. Passons sur les autres (L’île du docteur Moreau d’Erle C. Kenton, Meurtres sous contrôle de Larry Cohen et Tetsuo II : Body Hammer de Shinya Tsukamoto), hélas non visionnés.

CABINET DES CURIOSITÉS :

Sélection de trois films, de tous genres et horizons, projetés en marge du festival pour satisfaire les plus curieux. L’homme qui voulait savoir de George Sluizer, film méconnu ayant fortement influencé le canadien Denis Villeneuve pour son polar Prisoners. Bijou de Wakefield Poole et Siège de Paul Donovan et Maura O’Connell, hélas non visionnés.

JAPANIME : ANIMATION SANS CONCESSIONS :

Un double programme spécial Japanime dans le cadre du festival [projection de deux chefs d’œuvre intemporels, Jin-Roh, la Brigade des Loups et Perfect Blue avec en bonus deux courts-métrages inédits particulièrement savoureux (The Portrait Studio & Sonny Boy et Dewdrop Girl)], présenté par Marc Aguesse, du site de référence Catsuka (sur Nolife), qui a ravi les festivaliers si l’on en croit les tonnerres d’applaudissements en fin de projection.

CARTE BLANCHE OFFERTE A CHRISTOPHE GANS

Enfin, comment ne pas évoquer la carte blanche offerte à Christophe Gans, réalisateur boulimique de pellicules, intarissable sur le sujet du 7ème art et absolument passionnant à écouter. Le metteur en scène français, ex-journaliste du magazine Starfix, nous aura pleinement satisfaits avec sa sélection de trois longs-métrages qu’on a aimé (re)découvrir en salles : Hitokiri, La Chute du faucon noir et Les Frissons de l’angoisse.

Plus d’une vingtaine de films projetés, quelques invités de marque, la (re)découverte de perles cinématographiques (Tokyo Tribe, The Duke of Burgundy, Scanners), voilà de quoi satisfaire tout le monde. On se donne évidemment rendez-vous l’an prochain à l’occasion du 9ème anniversaire des Hallucinations Collectives.

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