Critiques Cinéma

GEMMA BOVERY (Critique)

4 STARS EXCELLENT

GEMMA BOVARY AFFICHESYNOPSIS: Martin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, l’occasion est trop belle de pétrir – outre sa farine quotidienne – le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n’a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie…

Fabrice Luchini n’est jamais aussi bon ces dernières années que lorsqu’il joue le français avide de Litterature et d’Histoire, portant des pulls en laine épais et abîmés sur une chemise fatiguée, et déclamant ses dialogues comme s’il était au théâtre. Tout l’interêt d’un film où on lui prête ces attributs réside dans ce qu’un metteur en scène mettra autour et en face de lui. Anne Fontaine creuse dans Gemma Bovery la veine explorée par Cédric Klapish (Paris) et Philippe Le Guay (les Femmes du 6e étage), où il troquait le pull élimé pour un costume, années 60 obligent, où l’homme mûr et installé qu’il incarne est confronté à la tentation. Dans Gemma Bovery, cette tentation est incarnée par la sublime Gemma Arterton. Et quelle tentation ! Déesse perdue dans la campagne Normande, l’Anglaise retrouve un rôle qui rappelle celui qui l’avait révélé au cinéma, Tamara Drewe. Objet de tous les désirs, la plastique affolante de l’actrice fait d’autant plus tourner les têtes que les plans ralentis d’Anne Fontaine, combinés à la simplicité de son charme et de sa personne, lui donne une puissance érotique palpable. Le parallèle entre la Londonienne et la figure de la littérature de Flaubert en devient presque anecdotique, tant ses regards, son accent et ses sourires nous renversent.

gemma bovery 1

Autour d’elle, tout s’efface. Pourtant le casting masculin ne démérite pas : le trop rare Jason Flemyng (qui a le mérite d’oser une carrière hors des sentiers battus, se souvenir par exemple de son rôle dans l’improbable Atomik Circus de frères Poiraud) est touchant en mari fébrile et Niels Schneider incarne à la perfection une caricature fine de jeune parisien en exil estival dans le château familial. Même Luchini, en roue libre maitrisée, s’efface devant la tempête de sens que déclenche la belle anglaise à chacun de ses plans (c’est à dire 90% du film). Il ouvre et ferme pourtant le film avec talent et subtilité, se faisant le reste du temps simple conteur de la chronique d’une femme condamnée par sa beauté et sa soif de vivre. Gemma Arterton est donc la force autant que la faiblesse de ce film : elle vampirise l’écran, les autres personnages, qui n’existent que par et pour elle, et les intrigues secondaires, qui ne semblent pas oser exister face à une présence aussi écrasante. Qui s’en plaindra ?

GEMMA BOVARY AFFICHETitre Original: GEMMA BOVERY

Réalisé par: ANNE FONTAINE

Casting: Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Jason Flemyng,

Niels Schneider, Elsa Zylberstein, Isabelle Candelier…

Genre: Comédie, Drame

Sortie le: 10 septembre 2014

Distribué par: Gaumont Distribution

4 STARS EXCELLENT EXCELLENT

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