Critiques Cinéma

LES BRASIERS DE LA COLERE (Critique)

4,5 STARS TOP NIVEAU

LES BRASIERS DE LA COLERE AFFICHE

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SYNOPSIS:À Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux. Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe. Endetté jusqu’au cou, Rodney se retrouve mêlé aux activités douteuses d’Harlan DeGroat, un caïd local sociopathe et vicieux. Peu après la libération de Russell, Rodney disparaît. Pour tenter de le sauver, Russell va devoir affronter DeGroat et sa bande. Il n’a pas peur. Il sait quoi faire. Et il va le faire, par amour pour son frère, pour sa famille, parce que c’est juste. Et tant pis si cela peut lui coûter la vie.

Quand il a débarqué avec son Crazy Heart en bandoulière en 2009, Scott Cooper a tout de suite fait forte impression. Pour un premier film, c’était vraiment splendide et l’immense Jeff Bridges y livrait une performance mémorable qui lui valu un Oscar du meilleur acteur. Sombre, pétri d’humanité et d’un désenchantement intense, le mélodrame musical concocté par le réalisateur fut pour tous ceux qui l’ont découvert un vrai et beau choc. Autant dire que le metteur en scène était attendu au tournant pour son second essai et que les lames s’aiguisaient d’avance pour trancher dans le vif. Scott Cooper revient avec un film diamétralement opposé au premier dans son récit, même si le traitement qu’il y a appose est assez proche. Mélo puissant plongeant dans les entrailles de relations familiales compliquées, Les brasiers de la colère, non content de bénéficier d’un casting hors normes, est un film qui prend aux tripes et qui vous laisse complètement groggy devant le souffle qu’il déploie.

les brasiers de la colère 1

Avant d’être un thriller, un revenge movie voire même un vigilante, Les brasiers de la colère est un drame familial intense qui puise sa source dans le terreau d’une Amérique désabusée et en deuil du fameux American Dream, une Amérique rurale (on est ici à Braddock, Pensylvannie), où l’on travaille à l’usine, où l’on voit ses derniers rêves s’effondrer et où le seul espoir qui reste finit par se noyer dans le fond d’un verre. Ce désenchantement, cette humanité, ces instants de vie, ces instantanés âpres et arides, à la lisière du désespoir, Scott Cooper les capte avec une acuité rare, procurant à son film des éclats de sombre beauté et de véracité profonde. C’est la vie sans fard, d’hommes et de femmes (surtout d’hommes ici) amenés à survivre tant bien que mal dans un pays en complète mutation. Le cinéma américain a déjà évoqué ces régions rouillées par la désindustrialisation et qui suintent la misère économique, ces endroits où se retrouvent tous les laissés pour compte. S’il est indéniable que le film de Scott Cooper emprunte des références à tout un cinéma de la ruralité, ses clins d’œil appuyés au Voyage au bout de l’Enfer de Cimino sont patents mais toujours respectueux de l’œuvre de son confrère. Le film convoque également plus parcimonieusement les ombres tutélaires de cinéastes de l’intime et de la révolte que ce soit la rugosité d’un William Friedkin ou le romantisme noir d’un James Gray, en passant par le réalisme cher à un réalisateur comme Jim Sheridan.

les brasiers de la colère 2

On aurait pu craindre que le poids des références annihile le projet de Scott Cooper. Or, il n’en est rien. Le réalisateur parvenant à conserver la concordance entre son sujet et son traitement, et si le récit n’a rien de révolutionnaire, peu importe, tant la dramaturgie est poussée ici dans ses derniers retranchements et s’avère fluide, implacable et impeccable. Les thèmes de la solitude, de la vengeance, de la réadaptation, de la famille et de la rédemption sont chacun développés dans une histoire fonctionnant par strates mais s’avérant à la fois extrêmement noire et profonde. La mise en scène de Cooper, tel un scalpel touche au plus près des corps meurtris par la vie et les épreuves et scrute les âmes de ces êtres en perdition. Le réalisateur excelle à créer une ambiance, à donner une couleur à son film, à instiller une tension sourde qui raisonne tout du long.

les brasiers de la colère 3

Les brasiers de la colère est un film qui bénéficie des bonnes grâces conjointes de Ridley Scott et Leonardo DiCaprio à la production et d’un casting absolument magnifique. En tête d’affiche, Christian Bale loin de Batman démontre à quel point il est un comédien prodigieux, à qui la noirceur sied parfaitement. Il faut le voir, protecteur et bienveillant avec son frère et son père, puis amoureux désemparé dans une très belle scène avant que l’appel de la vengeance ne l’envahisse. Il a une palette de jeu impressionnante et démontre une fois n’est pas coutume, un immense talent. Dans le rôle de son frère Casey Affleck est absolument saisissant, entre le trauma et la violence désespérée. Woody Harrelson en psychopathe offre une composition totalement débridée et jubilatoire tandis que Willem Dafoe en parrain protecteur ou Sam Shepard ont toujours autant de charisme. Véritable film d’hommes, Zoe Saldana écope des miettes, mais sa présence aussi courte soit t-elle lui permet de se mettre en valeur. Si la mise en scène de Scott Cooper s’inscrit dans un classicisme certain, son film est suffisamment maitrisé et démontre d’un sens de la dramaturgie tel, que lorsqu’ils s’embrasent, les brasiers enflamment nos cœurs et nos âmes sans la moindre difficulté.

les brasiers de la colère affiche miniTitre Original : OUT OF THE FURNACE

Réalisé par: Scott Cooper

Casting: Christian Bale, Casey Affleck, Woody Harrelson,

Willem Dafoe, Zoe Saldana, Sam Shepard….

 

Genre: Drame, Thriller

Sortie le: 15 janvier 2014

Distribué par : Metropolitan FilmExport

4,5 STARS TOP NIVEAUTOP NIVEAU

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6 réponses »

  1. Elle est magnifique ta critique patron. Si je n’étais déjà décidée à aller le voir, tes mots m’en auraient résolument convaincu. Et j’essaierais de voir Crazy Heart, aussi.

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