Critiques Cinéma

ELYSIUM (Critique)

3,5 STARS TRES BIENELYSIUM AFFICHE

Le tweet de sortie de projo:

tweet elysium

SYNOPSIS: En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale crée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de ne propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses –  s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre.

District 9 avait fait l’effet d’une claque lorsque l’on découvrit le talent de Neill Blomkamp. Son talent de raconteur d’histoire et de metteur en scène, l’ampleur qu’il parvenait à instiller à sa réalisation et avec des moyens somme toutes limités, tout cela avait contribué à nourrir les fantasmes des geeks et autres accros de SF, quant à la suite de la carrière du sud-africain. Que ferait Neill Blomkamp avec un budget faramineux comme seul Hollywood peut en fournir et avec des stars à son générique? Resterait t-il fidèle à ses idées ou bien vendrait t-il son âme à des producteurs peu scrupuleux qui n’auraient aucun remord à rogner sur l’égo de l’artiste pour satisfaire des caprices financiers? Parviendrait t-il à imposer ses conditions, à conserver un sous-texte politique extrêmement prégnant dans District 9 ou finirait t-il le pantalon baissé à regarder ses idéaux partir en fumée? Des interrogations bien légitimes lorsque l’on voit certains réalisateurs dotés d’une classe infinie se retrouver les ailes coupées, les ambitions dévastées, dès lors qu’ils débarquent sur le sol américain.

ELYSIUM 1

Rassurons nous, Elysium conserve pour une large part les qualités aperçues dans District 9. L’ampleur de la mise en scène notamment est saisissante, la gestion de l’espace, la qualité des décors et le soin mis sur les détails, tout ceci confirme le talent fou du réalisateur. Au moins, Blomkamp ne se renie pas, et fidèle à sa façon de faire, il perpétue ses points forts. Métaphore sur l’immigration, Elysium, comme District 9 affiche un discours politique tranché sous couvert de l’alibi SF, ce qui permet à l’auteur d’avoir recours à un récit ultra réaliste. Abandonnant l’approche quasi documentaire qui faisait l’une des originalités de son précédent film, il continue pourtant de parler des maux de nos sociétés d’aujourd’hui. En mettant au centre de son récit la lutte des classes entre, d’une part, les pauvres restés sur une terre dévastée et surpeuplée, et d’autre part, les riches, partis s’abriter sur l’oasis de bien être qu’est Elysium. Blomkamp prend un vrai parti pris social, et si tout cela est un brin manichéen et que les enjeux dramatiques suivent cette apparente simplicité, il n’en reste pas moins qu’un blockbuster qui ne prend pas ses spectateurs pour un imbécile et qui les invitent même à une intense réflexion, cela mérite véritablement notre respect.

ELYSIUM 2

D’où viennent alors les réserves que nous inspirent le film? Pourquoi, malgré tout reste t-on légèrement circonspect? Sans doute que les multiples possibilités qu’offraient le récit de Elysium ne sont que partiellement explorées, sacrifiées sur l’autel de l’efficacité. Le fonctionnement interne de Elysium n’est jamais vraiment détaillé en dehors de la salle de contrôle comme si les lignes du script s’étaient contentées de rester à la surface des choses sans jamais gratter le vernis d’apparat d’une ambitieuse mise en place. Que dire également de cet autre parti pris de l’utilisation régulière d’agaçants ralentis lors de certaines séquences d’action ainsi que d’une musique grandiloquente qui dessert complètement certaines scènes ? Tout cela confère à l’ensemble un lyrisme qui vient en complète contradiction du rythme de sauvagerie et de violence qui imprègne le film par ailleurs. Manque peut être aussi l’humour très second degré qui  était très présent dans District 9 et qui ici laisse la place à une histoire qui n’offre pas d’échappatoires bienvenues ce qui fait que l’on reste constamment immergés dans une atmosphère nimbée de tension.

ELYSIUM 3

Mais le film fonctionne malgré tout et se révèle bien au dessus d’un paquet de blockbusters gonflés d’auto-suffisance en livrant sa redoutable efficacité à intervalles réguliers. En cela, le casting est plutôt bien pensé avec notamment un  Matt Damon comme toujours excellent et subtil dans sa gestion des émotions ou une Jodie Foster autoritaire, peut être un poil caricaturale mais toujours aussi impressionnante dans la maturité de son jeu. Alice Braga est un peu en deçà de ces deux monstres sacrés mais son rôle nécessitant souvent un jeu larmoyant n’a rien d’une sinécure. Mais la grande réussite de Elysium c’est un bad guy de haut vol. Interprété par un Sharlto Copley en cabotinage permanent mais qui réussit l’exploit de n’être jamais irritant. Au contraire, il impressionne et tire la couverture à lui chaque fois qu’il apparait. Aucun personnage n’offrant de réelle empathie pour le spectateur, on suit leur destinée avec une certaine distanciation et si cela donne un film esthétiquement très pur et spectaculaire, on est aussi devant une pure série B avec ses combats badass et plein de hargne. Elysium finit sur le fil par emporter notre adhésion grâce à toutes les qualités dont il dispose, mais il reste la sensation diffuse, qu’en se pliant moins aux diktats des studios, on aurait eu droit à un chef-d’œuvre dont Neill Blomkamp n’a pu esquisser que le brouillon.

Titre original: ELYSIUM

ELYSIUM AFFICHE MINIRéalisé par: Neill Blomkamp

Casting: Matt Damon, Sharlto Copley, Jodie Foster

Alice Braga, Diego Luna, William Fichtner…

Genre: Action, Science-fiction, Thriller

Sortie le: 14/08/2013

Distribué par : Sony Pictures Releasing France

3,5 STARS TRES BIENTRES BIEN


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8 réponses »

  1. très belle critique dont je partage le propos. Je serai cependant plus sévère envers les scènes d’action que j’ai trouvées vraiment illisibles, et, également à l’encontre de Jodie Foster qui fait le boulot, sans plus, pour jouer un personnage sans autre trait caractéristique que sa méchanceté froide. Elle est ma grosse déception, dans ce film.

  2. « ou finirait t-il le pantalon baissé à regarder ses idéaux partir en fumée? « : ça me rappelle une situation que j’ai vécue après avoir mangé du chili con carne récemment…

  3. Sinon, concernant le film en lui-même, j’ai un peu plus apprécié que toi, saisi par la beauté visuelle de l’ensemble, le rythme, les acteurs. Je me suis retrouvé complètement embarqué dans cette histoire pourtant un peu abracadabrante.

      • après une semaine, je me rends compte que les défauts du film nuisent à mon souvenir. J’avais trouvé le film sympa, vraiment bien, à la sortie de la salle. Avec du recul, je me rends compte que plein de choses nuisent à l’ensemble… Bref, ma note descend, plus j’y pense…

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