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LES BETES DU SUD SAUVAGE (Critique) ****

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SYNOPSIS: Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père. Brusquement, la nature s’emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d’aurochs. Avec la montée des eaux, l’irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

Le tweet de sortie de projo:

Oubliez tout ce que vous avez déjà vu au cinéma, toute idée préconçue et autre préjugé favorable ou défavorable, rien, absolument rien, ne vous prépare à l’expérience que représente la vision des Bêtes du sud sauvage. C’est un film comme on n’en a jamais vu et comme on n’en reverra sans doute jamais, un vrai moment de cinéma qui montre que le réalisateur américain Benh Zeitlin a tout compris de l’art qu’il utilise comme moyen d’expression, un passage de témoin, un relai pour une expérience visuelle, sensorielle, émotionnelle qui vous touche à un moment ou un autre quelle que soit votre personnalité. On peut ne pas se laisser griser par l’ensemble de ce shoot de sentiments, mais on ressort quoi qu’il en soit avec cette impression diffuse d’avoir vécu un moment rare.

Après avoir trusté la plupart des prix dans les festivals où il a été présenté (notamment Caméra d’Or à Cannes, Grand prix du Jury à Sundance ou Grand Prix à Deauville...), Les bêtes du sud sauvage débarque donc dans les salles, auréolé d’un statut de bête de concours qui ne doit pas occulter le fait que le film aura aussi ses détracteurs. Car au-delà de la beauté saisissante et de tous les ingrédients mis bout à bout pour en faire une réussite incontestable, il faut une certaine dose d’ouverture d’esprit et de laisser aller pour totalement être emporter par ce conte initiatique. Si ça ne parlera pas à tout le monde, ceux qui vibreront entre autres à la conjonction de ces images, de cette photographie et de cette musique, partiront pour un voyage à la valeur inestimable. Qu’un film puisse être vecteur d’autant d’émotions à une époque qui en est tellement dépourvues, c’est déjà un petit miracle qu’il ne faut pas négliger.

En choisissant de ne pas être dans le réalisme à tout crin et de faire appel à la puissance évocatrice des interprétations et des symboles et par la grâce d’une poésie présente en filigrane tout du long, Les bêtes du sud sauvage ne tombe jamais dans le misérabilisme vers lequel son sujet aurait pu le pousser, il reste au contraire toujours dans la dignité, tendu qu’il est vers un onirisme qui nous enveloppe et nous séduit. Même si c’est de ce parti pris que pourront découler les réserves que suscitera le film. Car certains pourront décrocher en cours de route, voire rester complètement de marbre, tant on est ici très loin d’un cinéma épileptique et d’un montage saturé qu’on voit si souvent ces derniers temps. L’un des autres mérites du film c’est aussi de poursuivre son idée directrice jusqu’au bout et de se révéler être une œuvre qui ne se dépare jamais d’humanité ni d’un regard perçant.

Au-delà de toutes ces considérations esthétiques, Les bêtes du sud sauvage n’est pas qu’un film qui voit tout en rose, au contraire, il est aussi porteur d’une amertume et d’une tristesse mêlées et c’est ce mélange de sensations contradictoires qui lui confèrent ce parfum particulier. Enfin, comment passer sous silence ce casting formidable, où chacun apporte humanité et réalisme dans son jeu, jusqu’à ce que l’on finisse par ne plus voir des comédiens, mais juste des hommes et des femmes face aux éléments. Et puis bien sûr il y a cette gamine, comme touchée par la grâce. Quvenzhané Wallis porte le film  et l’emmène dans un territoire où l’on est saisi pêle mêle par la beauté des choses et la force des sentiments qu’il charrie. Les bêtes du sud sauvage est une expérience unique et si l’on accepte cette plongée dans l’inconnu, on en ressort forcément différent. Il y a pire comme invitation au voyage, non?

LES BETES DU SUD SAUVAGE DE BENH ZEITLIN, AVEC QUVENZHANE WALLIS, DWIGHT HENRY, JONSHEL ALEXANDER, MARILYN BARBARIN, KALIANA BROWER, JOSEPH BROWN… SORTIE LE 12 DECEMBRE 2012

DISTRIBUE PAR ARP SELECTION

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