Critiques Cinéma

GRAN TORINO (Critique)

SYNOPSIS: Walt Kowalski est un ancien de la guerre de Corée, un homme inflexible, amer et pétri de préjugés surannés. Après des années de travail à la chaîne, il vit replié sur lui-même, occupant ses journées à bricoler, traînasser et siroter des bières. Avant de mourir, sa femme exprima le voeu qu’il aille à confesse, mais Walt n’a rien à avouer, ni personne à qui parler. Hormis sa chienne Daisy, il ne fait confiance qu’à son M-1, toujours propre, toujours prêt à l’usage…
Ses anciens voisins ont déménagé ou sont morts depuis longtemps. Son quartier est aujourd’hui peuplé d’immigrants asiatiques qu’il méprise, et Walt ressasse ses haines, innombrables – à l’encontre de ses voisins, des ados Hmong, latinos et afro-américains « qui croient faire la loi », de ses propres enfants, devenus pour lui des étrangers. Walt tue le temps comme il peut, en attendant le grand départ, jusqu’au jour où un ado Hmong du quartier tente de lui voler sa précieuse Ford Gran Torino… Walt tient comme à la prunelle de ses yeux à cette voiture fétiche, aussi belle que le jour où il la vit sortir de la chaîne.
Lorsque le jeune et timide Thao tente de la lui voler sous la pression d’un gang, Walt fait face à la bande, et devient malgré lui le héros du quartier. Sue, la soeur aînée de Thao, insiste pour que ce dernier se rachète en travaillant pour Walt. Surmontant ses réticences, ce dernier confie au garçon des « travaux d’intérêt général » au profit du voisinage. C’est le début d’une amitié inattendue, qui changera le cours de leur vie.
Grâce à Thao et sa gentille famille, Walt va découvrir le vrai visage de ses voisins et comprendre ce qui le lie à ces exilés, contraints de fuir la violence… comme lui, qui croyait fermer la porte sur ses souvenirs aussi aisément qu’il enfermait au garage sa précieuse Gran Torino…  

Clint Eastwood est unique! Une carrière immense tant comme comédien que comme metteur en scène, un talent hors normes, mis au service de projets toujours fascinants, le bonhomme, qui n’a plus rien à prouver depuis longtemps, sait encore surprendre. Et c’est là, l’apanage des grands maitres! En 2008, lorsqu’il déboule sur les écrans au volant de son Gran Torino, on attendait le film avec impatience, comme à chaque fois, mais personne n’avait prévu de recevoir une telle claque. Car disons le tout net, Gran Torino est un film immense qui s’inscrit en lettres d’or dans la carrière d’Eastwood, à côté de pépites comme Impitoyable ou Mystic River et Million Dollar Baby. Film somme et référentiel pour quiconque connait un minimum la carrière du Monsieur, réflexion sur la mort, l’amitié, le sens de l’honneur et de la justice, Gran Torino, sous son vernis classique laisse filtrer une noirceur et un désenchantement qui rendent le film tout bonnement exceptionnel. En racontant le parcours de Walt Kowalski, un ancien de la guerre de Corée, vieux bougon raciste qui ignore ses propres enfants et est plein de préjugés sur les immigrants asiatiques qui se sont petit à petit installés dans son quartier, Eastwood synthétise les grands personnages qui ont émaillé sa carrière de Harry Callahan en passant par le William Munny de Impitoyable ou le Frankie Dunn de Million Dollar Baby. Sous une apparence revêche et une dureté implacable, Walt Kowalski va finir par laisser se percer l’armure qui l’enserre pour s’attacher à un adolescent Hmong qui vit près de chez lui. Après que ce dernier ait tenté de lui voler sa précieuse Gran Torino, initiation imposée pour entrer dans un gang, Walt va s’opposer à la bande et devenir ainsi le héros du coin. Et en découvrant Thao et sa famille, il va comprendre, que, lui qui attendait juste que sa vie prenne fin en enfouissant ses souvenirs dans les tréfonds de sa mémoire, est en fait semblable à ces gens qu’il méprisait.

Mis en scène avec une élégance héritée des plus grands maîtres hollywoodiens, étude de caractère intimiste pour un grand film de studio, Clint Eastwood réussit comme souvent à non seulement faire un film qui parle au grand public, mais également à faire véritablement œuvre d’auteur. Sans céder à la facilité d’une réalisation tape à l’œil et en conservant toute sa subtilité tant dans les non dits de son scénario que dans son utilisation minimaliste des dialogues, il réussit la performance de livrer un film qui claque comme un classique instantané.

S’il s’accompagne d’une profonde mélancolie et que le grand Clint poursuit sa tentative d’apprivoiser la mort en la regardant bien en face, Gran Torino, par son scénario malin, bien que parfois trop manichéen, nous met dans sa poche sans forcer. Grâce à son élégance, à son style épuré et tranchant comme une lame, à une chanson absolument divine interprétée par Jamie Cullum en guise de générique de fin, il parvient à parfaire encore l’œuvre titanesque qu’il s’échine à construire depuis tant d’années. Et nous, public conquis, de nous incliner.

Titre Original: GRAN TORINO

Réalisé par: Clint Eastwood

Casting : Clint Eastwood, Bee Vang, Brian Howe …

Genre: Drame, Thriller

Sortie le : 25 février 2009

Distribué par: Warner Bros. France

CHEF-D’ŒUVRE  

 

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3 réponses »

  1. Je l’ai regardé lundi soir, mon blu-ray me faisant envie après avoir lu des live-tweets suite à sa diffusion sur TF1 dimanche soir.
    Un excellent film, malgré une bonne dose de manichéisme et une évolution du personnage interprété par Clint un peu convenue.

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