

SYNOPSIS : Peter (Jordan Firstman), organisateur de soirées branchées à New York, mène une existence aussi effrénée qu’insouciante, rythmée par les nuits festives et les excès. Sa vie bascule lorsqu’Arlo, le fils de 10 ans dont il ignorait l’existence, frappe à sa porte. Dépassé par ce rôle de père qu’il n’avait jamais envisagé, il est rapidement conquis par le charme et la spontanéité de l’enfant. Au fil du temps, un lien aussi inattendu que profond se tisse entre eux, et Peter découvre enfin qu’il existe une vie au-delà de la prochaine fête.
Petit chouchou du public au terme du dernier Festival de Cannes en date, Club Kid s’est emparé d’une petite réputation avant même sa sortie, racheté et distribué par A24 aux Etats-Unis et désormais sur nos écrans français. Première réalisation du comédien Jordan Firstman, le film raconte le parcours chaotique d’un organisateur de soirées new-yorkaise trentenaire et fêtard qui découvre non sans étonnement qu’il est le père biologique du petit Arlo, 10 ans, venu d’Angleterre. Contraint de s’occuper de l’enfant alors même que son mode de vie nocturne l’occupe de plus en plus, Peter va finalement découvrir des conséquences insoupçonnées à cette paternité inattendue.

Modelé avec la traditionnelle patte des petits studios américains, un modeste budget utilisé au plus proches des personnages et en immersion dans leurs univers, Club Kid démarre avec un premier plan hypnotique. Dans une voiture, la caméra filme à 360 degrés une bande de fêtards se rendant dans le club qu’ils gèrent. Alcool et drogues à même le taxi, Peter traverse la boîte de nuit où il est reconnu et salué par tout le monde. Le rythme de vie de notre protagoniste se présente alors, sur les basses du dancefloor et sous les néons clignotants des interruptions dans les backrooms du club. Puis, une ellipse casse l’énergie. On est 10 ans plus tard, grosse gueule de bois, mais pourtant pour Peter rien n’a changé. Son associée Sophie (jouée par Cara Delevingne) lui dit : il n’a pas à consommer drogues et alcools avec excès à chaque soirée pour s’assurer que celles-ci se déroule bien. Mais l’arrivée impromptue du jeune Arlo dans cette vie va alors vite changer la donne – d’autant plus impromptue que Peter est gay, donc l’idée-même d’un fils biologique ne lui aurait jamais vraiment traversé l’esprit. Mais pas le temps de comprendre ce qu’il se passe, il va désormais devoir composer avec un pré-ado alors que sa vie part petit à petit à vau-l’eau.

Jordan Firstman – qui écrit et réalise le film en plus d’y porter le personnage principal – compose ici une fable multi-facette sur un trentenaire paumé et autodestructeur forcé de reconstruire une structure dans son quotidien pour accueillir un fils qu’il n’aurait jamais pensé avoir. Le pitch est familier, l’exécution de Firstman le rend profondément unique. A la fois peinture intense de la scène underground queer new-yorkaise et comédie dramatique touchante sur la masculinité et la paternité, Club Kid joue avec ses excès pour y engouffrer une émotion et une tendresse immenses. Sous la musique euphorique composée par Cristobal Tapia de Veer (Utopia et The White Lotus), l’image dessinée par le directeur de la photographie Adam Newport-Berra, captant en pellicule 35mm à la fois les frasques chaotiques de la nuit et la connexion émotionnelle entre ses personnages le jour, permet à Firstman de dessiner un long-métrage festif et émouvant. Le parcours de son Peter, en proie aux doutes existentiels et à une longue phase de détestation de soi, va l’amener à remettre en ordre ses priorités et ses responsabilités dans un scénario impressionnant par sa pudeur et son efficacité. Le réalisateur/scénariste fournit également une performance très habile dans la peau de son protagoniste, jamais réduit à des stéréotypes mais composé en 3 dimensions autour de ses démons, de ses pulsions et de son envie désespérée de trouver un sens au chaos de son existence. En parallèle, le jeune Reggie Absolom se fond progressivement et parfaitement dans cette peinture, l’alchimie entre les deux comédiens principaux fournissant peut-être au film sa plus grande force jusqu’à un acte final bouleversant.

En dégainant le chaos pour en tirer une ode à l’équilibre, à la famille et à la célébration, Club Kid s’impose comme une réussite ébouriffante, un feu d’artifice bâti sur des gueules de bois successives, un tableau stroboscopique, honnête et démesurément généreux. Une petite merveille finement dosée et mortellement poignante en guise de premier film, Firstman prend facilement son ticket parmi les cinéastes émergents les plus prometteurs du moment, et on a déjà hâte de voir ce qu’il va en faire dans le futur.

Titre Original: CLUB KID
Réalisé par: Jordan Firstman
Casting: Jordan Firstman, Reggie Absolom, Diego Calva…
Genre: Comédie dramatique
Sortie le: 4 novembre 2026
Distribué par : Metropolitan FilmExport

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Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020










































































































































