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MARSHALS (Critique Saison 2 Épisodes 1×01-1×04) : Une mécanique bien huilée mais pas sans limites …

SYNOPSIS : Après avoir quitté le ranch Yellowstone, Kayce Dutton rejoint une unité d’élite des U.S. Marshals qui fait régner la justice dans le Montana et dans laquelle ses compétences de cow-boy et de Navy SEAL lui seront utiles. Kayce Dutton et ses coéquipiers – Pete Calvin, Belle Skinner, Andrea Cruz et Miles Kittle – doivent trouver un équilibre entre le fort coût psychologique que revêt leur poste dans la guerre contre la violence dans la région et leurs obligations familiales. Pour Kayce Dutton, cela inclut son fils Tate et ses confidents Mo et Thomas Rainwater de la réserve de Broken Rock.

Marshals avait pourtant bien mal commencé. Les premiers épisodes de sa première saison, assez quelconques, ne donnaient guère envie de poursuivre l’aventure, encore moins d’imaginer que la série finirait par devenir aussi addictive. Il aura fallu la bande-annonce de la deuxième saison pour provoquer un retour inattendu vers cette déclinaison de l’univers de Yellowstone. Et quelle bonne idée ! Progressivement, les intrigues avaient gagné en efficacité, les personnages en intérêt et les épisodes s’étaient enchaînés avec un plaisir grandissant. Jusqu’à un final suffisamment accrocheur pour rendre la suite particulièrement attendue.

Cette deuxième saison reprend précisément là où la précédente s’était arrêtée. Et son premier épisode est une véritable réussite. Sans dévoiler les événements qui prolongent le cliffhanger, disons simplement que les scénaristes ont choisi de ne laisser aucun répit à leurs personnages. L’action est omniprésente, les situations s’enchaînent à un rythme effréné et la tension ne faiblit pratiquement jamais. Un épisode spectaculaire, particulièrement généreux, qui rappelle combien Marshals peut se montrer redoutablement efficace lorsqu’elle privilégie les enjeux dramatiques forts et une narration resserrée.

Car il ne faut pas se tromper sur la nature de Marshals. Si elle prolonge l’univers imaginé par Taylor Sheridan, elle ne possède ni la complexité narrative ni la profondeur psychologique de Yellowstone. Produite pour CBS et proposée en France sur Paramount+, elle appartient pleinement à la tradition des séries de network américaines, avec leurs enquêtes de la semaine, leurs personnages récurrents et leurs intrigues personnelles développées au fil des épisodes.

Une formule qui n’a rien de déshonorant, bien au contraire. Les séries de network ont longtemps excellé dans cet exercice, en proposant des récits accessibles, efficaces et suffisamment incarnés pour fidéliser leur public. Marshals s’inscrit dans cette tradition avec un savoir-faire certain, même si elle peine parfois à dépasser les conventions du genre.

C’est précisément ce que révèlent les deuxième et troisième épisodes de cette nouvelle saison. Après une ouverture particulièrement intense, la série retrouve une structure beaucoup plus classique, articulée autour d’enquêtes autonomes. Celles-ci sont correctement construites, les scènes d’action restent efficaces et l’ensemble se regarde sans déplaisir. Mais les enjeux dramatiques paraissent moins importants et les intrigues ne nourrissent pas toujours suffisamment la progression générale de la série.

Cette impression pourrait d’ailleurs s’accentuer avec le passage de treize épisodes lors de la première saison à dix-huit pour cette deuxième salve. Un format plus long qui impose de répartir les fils rouges sur une durée supérieure, au risque de les diluer dans une succession d’affaires indépendantes. À ce stade, il s’agit davantage d’une interrogation que d’un véritable défaut installé, mais le contraste entre le premier épisode et les deux suivants est suffisamment marqué pour être relevé.

Le quatrième épisode vient heureusement rappeler combien Marshals excelle dans les récits en deux parties, une formule déjà éprouvée avec succès lors de la première saison. L’équipe reprend la traque d’un tueur particulièrement recherché, croisé dans les montagnes et laissé en liberté quelques mois plus tôt. Entre affrontements musclés, fusillades et rebondissements, l’action ne faiblit pas jusqu’à un cliffhanger particulièrement réussi. De quoi retrouver toute l’intensité des meilleurs moments de la série.

Heureusement, Marshals dispose désormais d’un atout essentiel : ses personnages. C’est probablement là que la série a accompli ses progrès les plus significatifs depuis ses débuts.

Luke Grimes retrouve Kayce Dutton sans véritablement renouveler son registre. Le comédien conserve ce jeu assez monolithique qui le caractérisait déjà dans Yellowstone, mais le personnage trouve ici un environnement qui lui convient parfaitement. Son expérience militaire, sa détermination et ses capacités au combat en font un héros d’action particulièrement crédible. En revanche, ses difficultés à communiquer avec son fils Tate offrent une dimension plus intime à son parcours. Cette relation père-fils constitue d’ailleurs l’un des rares fils rouges véritablement perceptibles dans ces trois premiers épisodes.

Mais le personnage le plus intéressant reste sans doute Cal, interprété par un excellent Logan Marshall-Green. Chef de l’unité et ami de Kayce, Pete « Cal » Calvin possède une épaisseur qui dépasse largement sa fonction professionnelle. Ses enjeux personnels et professionnels en font l’un des personnages les plus intéressants de la série. Marshall-Green apporte au personnage une présence remarquable, au point de lui voler régulièrement la vedette.

Les personnages féminins ne sont pas en reste. Belle, incarnée par Arielle Kebbel, et Andrea, interprétée par Ash Santos, occupent une place importante au sein du groupe. Leur personnalité et leurs interactions participent largement à l’attachement que l’on éprouve désormais pour cette équipe. Miles, le marshal amérindien joué par Tatanka Means, demeure un peu moins marquant, même si son rôle permet de maintenir un lien essentiel avec les problématiques de Broken Rock.

C’est d’ailleurs cette dimension collective qui distingue progressivement Marshals d’une simple série d’action construite autour d’un héros solitaire. Les relations entre les membres de l’unité donnent une continuité à des enquêtes qui, prises individuellement, ne brillent pas toujours par leur originalité.

La première saison avait notamment démontré, à travers plusieurs excellents épisodes en deux parties, combien Marshals pouvait se montrer captivante lorsqu’elle développait ses intrigues sur la durée. Le premier épisode de cette deuxième saison en apporte une nouvelle preuve, même si les deux suivants retrouvent une construction plus classique.

Après quatre épisodes, le bilan demeure très positif. Marshals a trouvé son identité et surtout un groupe de personnages que l’on prend plaisir à retrouver. Une série policière solide, capable de véritables coups d’éclat, dont on espère que cette deuxième saison saura préserver les enjeux dramatiques malgré son format plus long.

Crédits : Paramount +

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