Critiques Cinéma

DORAEMON ET LE CHÂTEAU SOUS-MARIN (Critique)

SYNOPSIS : Doraemon est un chat-robot bleu qui vient du futur. Il vit avec Nobita, un petit garçon maladroit, et ses parents. Grâce à ses gadgets secrets, Doraemon aide souvent Nobita à s’amuser ou à résoudre ses problèmes. Un été d’ennui, Doraemon propose à Nobita et leurs amis d’aller faire du camping sous la mer. En explorant les fonds marins, la bande découvre une épave et fait la rencontre des Thalassiens. C’est alors qu’une annonce très inquiétante survient : « Le Château sous-marin s’est réveillé ! ». Nobita et ses amis doivent se lancer dans une bataille qui décidera du sort de la Terre !

Nous connaissions Doraemon comme beaucoup de monde, c’est-à-dire de visu, pour avoir déjà croisé ici et là sa bouille bleue. Il est toutefois clair que nous sommes plutôt profanes vis-à-vis de la licence et de son univers ; c’est donc avec une curiosité assez innocente que nous nous sommes installés devant Doraemon et le Château sous-marin, premier film Doraemon à sortir en France alors qu’il est pourtant le quarante-cinquième de la licence (le chiffre nous a impressionnés). Les premières minutes nous ont d’ailleurs plutôt donné envie de plonger tête la première dans cet univers. Entre une excellente musique d’introduction (la sublime Yume wo Kanaete Doraemon de mao, qui est à priori un morceau déjà bien connu des habitués de la licence), une animation particulièrement colorée et ce petit parfum vintage aux accents franchement années 90, le film avait tout pour nous séduire. Nous étions même assez enthousiastes à l’idée de découvrir enfin ce personnage que nous pensions connaître sans réellement le cerner. Dommage que cette belle impression initiale ne trouve finalement pas tout à fait le prolongement que nous espérions. C’est visuellement que Doraemon et le Château sous-marin manifeste d’ailleurs son principal atout. L’animation est généreuse, les couleurs éclatantes et les fonds marins offrent un terrain de jeu particulièrement propice à l’imagination. Doraemon lui-même fonctionne immédiatement : facétieux, attachant et surtout constamment accompagné de ses fameux gadgets, il suffit presque à lui seul à donner envie d’explorer davantage cet univers. Et c’est finalement là que le film devient paradoxal : nous avons entrevu le potentiel de Doraemon bien plus que nous n’avons réellement adhéré à cette aventure.

Le film ne manque pourtant pas de choses à raconter. En réalité, il en raconte presque trop. Environnement, technologie, rapport entre l’humain et la technologie, amitié, confiance, choix moraux et même cette question intéressante de savoir ce qui différencie un bon choix d’un choix juste : Doraemon et le Château sous-marin brasse un nombre assez impressionnant de thématiques. Le problème est que tout cela ressemble parfois à un véritable melting-pot de belles valeurs. Rien de répréhensible dans les messages véhiculés, bien au contraire, mais leur accumulation donne régulièrement l’impression de regarder un gigantesque pot-pourri thématique dans lequel chaque séquence doit apporter sa petite leçon. Le film évoque beaucoup de choses, mais les approfondit rarement. Il devient ainsi assez paradoxalement dense en termes de contenu, mais pas tellement en termes d’histoire. Nous avons parfois eu l’impression de regarder un épisode de Doraemon extra large que l’on aurait étiré pour lui donner les dimensions d’un long métrage, en ajoutant au passage quelques poncifs et une quantité assez généreuse de phrases toutes faites. Et c’est dommage, car certaines pistes auraient pu être réellement plaisantes.

Le meilleur exemple reste probablement Buggy, cette voiture sous-marine intelligente qui finit par devenir le personnage le plus intéressant après Doraemon. Son rapport au fonctionnement humain permet au film d’aborder de manière assez simple, mais pertinente, cette frontière entre la technologie et l’humain. Buggy ne comprend pas toujours les contradictions de ceux qui l’entourent et peine à saisir pourquoi un choix juste n’est pas forcément celui qui paraît le plus logique. Quelques passages sont même étonnamment plus sombres que le reste, notamment lorsque la vie de deux enfants est réellement mise en danger. Le traitement réservé à Buggy possède également une tonalité qui aurait mérité d’être davantage développée. C’est malheureusement un peu le problème général du film : il soulève régulièrement des pistes intéressantes avant de repartir vers quelque chose de beaucoup plus consensuel. La question de la trahison et du mauvais côté de certains enfants du groupe aurait notamment pu apporter beaucoup plus de relief aux personnages. Au lieu de cela, les protagonistes humains restent pour la plupart assez peu intéressants. Hormis Doraemon et Buggy, difficile de véritablement s’attacher à cette petite troupe. Et lorsque l’on voit ce que l’univers semble capable de proposer, cette frustration devient assez évidente.

Il serait toutefois assez injuste de reprocher à Doraemon et le Château sous-marin de s’adresser aux enfants : ils sont clairement sa cible et le film leur propose justement une aventure colorée, accessible, porteuse de valeurs positives et remplie de gadgets suffisamment inventifs pour stimuler leur imagination. Sur ce terrain, le contrat n’est pas absurde. Pour un adulte en revanche, à moins d’être un ultra-fan de Doraemon ou de nourrir une forte nostalgie pour la licence, l’intérêt scénaristique apparaît nettement plus limité. Nous avons apprécié la découverte du personnage, ses gadgets et l’univers qui l’entoure, mais le film ne réussit qu’à moitié son pari de nous conquérir. Il nous a surtout donné envie de voir ce que cet univers pourrait être capable de raconter avec davantage d’ambition. Les quelques passages plus matures ne suffisent malheureusement pas à compenser une aventure souvent superficielle et encombrée de poncifs. Le film reste donc assez agréable à regarder, mais également assez oubliable une fois la séance terminée. Doraemon et le Château sous-marin nous aura finalement davantage intrigués par le potentiel de son univers que véritablement passionnés par son histoire. Une jolie plongée, colorée, généreuse et pleine de bonnes intentions, mais dont les profondeurs restent malheureusement assez peu explorées.

Titre Original: EIGA DORAEMON SHIN NOBITA NO KAITEIKI GANJO

Réalisé par: Tetsuo Yajima

Casting : Emmanuel Curtil, Wasabi Mizuta, Brigitte Lecordier …

Genre: Animation, Aventure, Drame, Famille, Fantastique

Sortie le: 7 octobre 2026

Distribué par: Eurozoom

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