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SOEURS (Critique Mini-Série Episodes 1×01 – 1×02) Un thriller solide malgré des réserves …

SYNOPSIS : Et si l’on pouvait changer de vie le temps d’une soirée ? C’est le point de départ de ce thriller haletant porté par Lola Dewaere, qui se glisse dans la peau de jumelles que tout oppose. Lorsque l’une d’elles est assassinée, l’autre n’a d’autre choix que de prendre son identité pour découvrir l’impensable. 

Deux sœurs jumelles, deux vies qui ne se ressemblent plus vraiment, et l’envie, le temps d’une soirée, de sortir de leur quotidien. Sœurs part d’une idée aussi simple que séduisante pour installer progressivement un thriller où les apparences, les secrets et les liens familiaux occupent une place centrale. Écrite par Olivier Pouponneau et réalisée par Julie Rohart, la série trouve rapidement son principal atout dans son duo central. Lola Dewaere porte une grande partie du récit et se montre convaincante dans un rôle qui lui permet de jouer sur plusieurs registres, de la légèreté des premiers échanges à une matière beaucoup plus dramatique. Face à elle, Nicolas Gob confirme une nouvelle fois sa solidité, tandis que Vincent Heneine se révèle particulièrement convaincant dans le rôle de Farid.

Sœurs possède également une qualité qui ne tarde pas à s’imposer : ses dialogues. Les échanges sonnent souvent juste, savent caractériser rapidement les personnages et s’autorisent quelques respirations humoristiques bienvenues. Une vivacité qui permet à la série de ne pas rester enfermée dans la seule mécanique du thriller. Cette mécanique demande pourtant un petit temps d’adaptation. Les personnages et les ramifications se multiplient assez rapidement, au risque de rendre certaines parties de l’intrigue plus nébuleuses qu’elles ne devraient l’être. Le problème ne vient pas tant du nombre de protagonistes que de la difficulté à éprouver immédiatement quelque chose pour chacun d’eux. Quand l’implication émotionnelle n’est pas encore totalement installée, suivre les différentes pistes demande forcément un peu plus d’attention.

Une autre petite réserve tient à certains apartés intérieurs de l’héroïne. Le procédé participe à la singularité du récit, mais tend parfois à souligner des éléments que les situations avaient déjà suffisamment laissé comprendre. Rien qui vienne véritablement enrayer la mécanique, mais ces quelques passages contrastent avec des dialogues qui, eux, trouvent généralement le ton juste.

La série se montre en revanche beaucoup plus habile lorsqu’elle fait confiance à sa mise en scène et à ses comédiens. Quelques images suffisent alors à raconter la relation entre les deux sœurs ou à faire monter la tension sans avoir besoin de verbaliser ce qui se joue. C’est dans ces moments-là que Sœurs trouve davantage de personnalité. Et puis il y a les fins d’épisodes. Sans rien en dévoiler, les deux premiers démontrent une véritable science du cliffhanger. À chaque fois, la série trouve l’idée ou l’image capable de rebattre les cartes et de relancer instantanément la curiosité. Une efficacité d’autant plus appréciable que le récit n’atteint pas toujours entre-temps le même degré d’intensité.

Après deux épisodes, Sœurs ne provoque donc pas encore cette envie irrépressible d’enchaîner toute la série. Le deuxième gagne cependant en tension et confirme que le dispositif possède suffisamment de ressources pour entretenir la curiosité. Porté par une distribution convaincante, des dialogues souvent très justes et une remarquable efficacité lorsqu’il s’agit de relancer son intrigue, Sœurs installe ainsi un thriller solide qui, malgré quelques réserves, possède suffisamment d’atouts pour donner envie de découvrir jusqu’où son jeu de pistes conduira.

Crédits : France TV

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