

SYNOPSIS ; Une rencontre fortuite avec une inconnue désemparée dans le métro de Philadelphie plonge Jack Reacher au cœur d’une énigme mortelle.
Aprèstrois saisons, Reacher n’a plus vraiment besoin de se présenter. La série adaptée des romans de Lee Child a trouvé sa formule, son public et surtout son incarnation idéale en Alan Ritchson. Une formule suffisamment installée pour commencer à laisser apparaître certains automatismes, mais qui conserve une efficacité redoutable lorsqu’elle assume pleinement ce qu’elle est : une série d’action populaire, pulp, violente et addictive. Les trois premiers épisodes de cette quatrième saison en offrent une nouvelle démonstration particulièrement réjouissante.
Cette saison adapte Elle savait (Gone Tomorrow), treizième roman de la saga littéraire de Lee Child, tout en déplaçant notamment son intrigue de New York vers Philadelphie puis Washington. Tout commence dans une rame de métro. Reacher remarque une femme dont le comportement lui paraît suffisamment suspect pour lui faire craindre un attentat. Lorsqu’il intervient, la situation prend une tournure aussi brutale qu’inattendue et entraîne l’ancien policier militaire dans une affaire dont les ramifications vont rapidement atteindre les plus hautes sphères du pouvoir fédéral.
Cette entrée en matière permet surtout de retrouver immédiatement Reacher tel qu’on l’avait laissé. Son extraordinaire sens de l’observation, ses capacités de déduction, son calme olympien et cet humour pince-sans-rire qui continue de faire une bonne partie du charme de la série sont réinstallés en quelques scènes. Alan Ritchson n’a besoin d’aucun temps d’adaptation pour retrouver son personnage. Et sa présence ne repose pas uniquement sur un physique devenu indissociable de Reacher : un regard, une posture ou une réplique suffisent désormais à imposer le personnage.
L’enquête qui se dessine autour d’une mystérieuse clé USB, d’une jeune femme nommée Lila et du député John Samson se révèle rapidement beaucoup plus vaste qu’il n’y paraît. Peut-être même un peu trop par moments. Le deuxième épisode, notamment, multiplie les interlocuteurs, les nouvelles pistes et les personnages impliqués au point de rendre momentanément l’ensemble assez nébuleux. La mécanique devient également quelque peu répétitive : une rencontre, quelques informations, une menace ou un nouvel assaillant, puis une nouvelle rencontre.
Le troisième épisode permet heureusement à l’enquête de reprendre du poil de la bête et à certains éléments de commencer à trouver leur place. Surtout, la série maîtrise parfaitement l’art du cliffhanger. Chacun de ces trois premiers épisodes se termine sur un coup de théâtre suffisamment fort pour donner immédiatement envie de poursuivre. Une qualité essentielle pour une fiction qui ne cherche jamais à dissimuler sa volonté d’être avant tout addictive.
Mais c’est lorsqu’elle revient sur son terrain de jeu favori que cette saison 4 impressionne véritablement. Les combats sont formidables. Nombreux, longs, brutaux, ils bénéficient surtout d’une mise en scène particulièrement inspirée. Dans une bibliothèque, une chambre d’hôtel ou encore un bowling transformé en gigantesque arène sous les lumières stroboscopiques, les affrontements possèdent une véritable puissance physique. Alan Ritchson y apparaît étonnamment mobile malgré son gabarit, tandis que les coups semblent réellement porter.
La série retrouve ainsi l’une des grandes caractéristiques des romans de Lee Child : une violence totalement décomplexée. Reacher ne cherche jamais à l’édulcorer ou à s’en excuser. Son héros frappe fort, tue lorsque les circonstances l’exigent et rencontre cette fois des adversaires capables de lui donner sérieusement du fil à retordre. Reacher saigne, souffre et encaisse autant qu’il distribue. Cette brutalité n’empêche pourtant jamais l’humour de continuer à circuler en filigrane, souvent grâce à quelques répliques sèches dont Ritchson maîtrise parfaitement le tempo.
Autour de lui, Sydelle Noel constitue l’une des bonnes surprises de ce début de saison dans le rôle de Tamara Green. La policière possède suffisamment de punch, de personnalité et de répondant pour exister pleinement face à Reacher. Tous les nouveaux personnages ne bénéficient pas du même traitement, à commencer par un reporter indépendant pour l’instant plus caricatural et moins bien écrit.
Quant à la présence d’Anggun, elle constitue à elle seule l’un des plus improbables Kamoulox de cette quatrième saison. Aussi inattendu soit son casting dans l’univers de Reacher, encore faudrait-il lui donner quelque chose à jouer : au terme des trois premiers épisodes, la chanteuse n’a toujours pas prononcé la moindre parole. La suite donnera peut-être un sens à cette curieuse présence, mais pour l’instant, la situation tient presque du gag involontaire.
Plus généralement, Reacher commence forcément à laisser apparaître les contours d’un formula show. Certaines situations, certains rapports entre les personnages et même certains rapprochements deviennent prévisibles après quatre saisons. Le changement d’environnement, avec un Reacher évoluant cette fois au cœur de grandes villes et d’une intrigue politico-gouvernementale, permet néanmoins de modifier quelque peu la couleur habituelle de ses aventures.
Ces quelques scories n’altèrent finalement que très peu le plaisir procuré par ces trois premiers épisodes. Parce que Reacher sait exactement quelle série elle veut être. Elle ne cherche pas à multiplier les temporalités, à complexifier artificiellement son récit ou à transformer son héros en autre chose que ce qu’il est. Elle revendique son statut de grande série d’action populaire, spectaculaire et pulp, avec suffisamment de savoir-faire pour que la formule continue de fonctionner. Et après trois épisodes menés tambour battant, une constatation s’impose : on a furieusement envie de voir la suite. Pour Reacher, mission accomplie.
Crédits : Prime Video










































































































































