

SYNOPSIS : Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir…
Nous attendions La Fin d’Oak Street avec une certaine impatience pour deux raisons assez simples : il y avait des dinosaures et Ewan McGregor, devenu plutôt rare sur grand écran. Ajoutons à cela un pitch aguicheur, pur prétexte à un divertissement estival, et nous étions persuadés de passer un excellent moment feel good. Autant dire que la déception n’en fut que plus grande. Les premiers instants furent pourtant suffisamment ambigus pour entretenir l’espoir : certes, le film accumule d’emblée clichés, gimmicks et personnages au potentiel franchement crispant, dans une ambiance parfois d’une niaiserie inquiétante, mais nous voulions encore croire que tout cela n’était qu’un préambule avant que La Fin d’Oak Street ne dévoile son véritable visage. D’autant que l’arrivée des dinosaures était plutôt bien préparée : pendant une bonne partie de la première heure, le film joue avec leur présence : un morceau de corps, une silhouette, un indice fugace… Le spectateur comprend bien avant les personnages ce qui s’apprête à s’abattre sur le quartier. Une attente suffisamment bien entretenue pour nous laisser espérer que le film gardait ses meilleures cartouches pour la suite. Puis les dinosaures sont vraiment arrivés, et quasiment tout s’est effondré.

Commençons néanmoins par rendre à La Fin d’Oak Street ce qui lui appartient : visuellement, les créatures sont une véritable réussite. Les effets spéciaux sont qualitatifs, les mouvements crédibles et le bestiaire suffisamment varié pour éviter l’impression de voir continuellement les mêmes dinosaures. Certains plans s’avèrent même franchement beaux, à l’image de cette créature dévorant tranquillement le contenu d’un camion de glaces. C’est probablement ce qui rend le reste aussi frustrant. Il y avait largement de quoi fabriquer un divertissement généreux et décomplexé. Malheureusement, La Fin d’Oak Street semble ne jamais savoir quel film il souhaite être. Tout y frôle constamment la parodie alors que le récit se prend au sérieux de façon imperturbable. Les personnages sont endeuillés, épuisés, terrorisés et jouent parfois littéralement leur survie tandis qu’une partie de la salle éclatait de rire devant certaines situations ou répliques. Nous en sommes rapidement venus à nous poser une question assez problématique : étions-nous réellement supposés rire ? A priori, non. Et c’est bien là le problème.

Difficile en effet de prendre le drame au sérieux lorsque les personnages semblent avoir abandonné tout instinct de survie. Même les comportements les plus anodins deviennent absurdes. Lorsque le personnage d‘Ewan McGregor retient sa porte d’entrée face à un dinosaure avant de la relâcher une fois la menace éloignée, il ne pense même pas à accrocher la chainette que le film prend pourtant soin de nous montrer pendouiller devant lui. Un détail insignifiant en apparence, mais symptomatique d’une écriture où les personnages ne réagissent jamais comme des êtres humains réellement acculés. Et encore, c’est probablement l’un des exemples les moins graves. Oak Street semble surtout obéir aux besoins immédiats du scénario. À un instant, le quartier devient un véritable zbeul où des dinosaures traquent et dévorent ses habitants, quelques minutes plus tard, les personnages peuvent tranquillement s’arrêter au milieu de la chaussée pour discuter, chouiner et s’enlacer comme si la menace avait momentanément quitté le plateau de tournage. Cette alternance permanente entre catastrophe et mélodrame familial nous a parfois rappelé les pénibles heures de Terra Nova. Le sommet fut peut-être atteint lorsqu’une confrontation teasée depuis le début entre deux garçons trouve enfin (façon de parler, ça ne sert absolument à rien) son accomplissement : alors que le quartier est envahi et qu’une partie de ses habitants est déjà décimée, l’un d’eux décide que le moment est idéal pour sauter sur l’autre afin de régler une vieille histoire impliquant son frère. Nous avons tellement levé les yeux au ciel devant ce genre de situations qu’à un moment, il ne restait plus qu’à en rire. Sauf que La Fin d’Oak Street ne semble jamais rire avec nous.

C’est finalement toute l’étrangeté de cette proposition. Avec un ton plus décomplexé, une conscience de son absurdité et des personnages légèrement moins suicidaires, une bonne partie de ces idées aurait probablement pu fonctionner. Mais en demandant constamment au spectateur de prendre au sérieux des situations qui frôlent la parodie, le film finit par ressembler à un nanar aux effets spéciaux luxueux qui serait le seul à ignorer qu’il en est un. Difficile alors de comprendre son but, sa portée ou même son alchimie interne. Ewan McGregor et Anne Hathaway font ce qu’ils peuvent au milieu de ce chaos (on ne parle même pas des enfants qui jouent extrêmement mal mais il faut dire que leurs personnages au cerveau d’épis de maïs sont écrits à la truelle), les dinosaures sont magnifiques et quelques idées visuelles donnent ponctuellement un aperçu du film que nous aurions aimé voir. La conclusion est même parvenue, même si à coups de « ta gueule, c’est magique« , à provoquer une vague petite émotion, c’est malheureusement bien peu pour sauver le carnage. Nous étions venus chercher un divertissement feel good avec Ewan McGregor et des dinosaures. Nous étions probablement le public le plus facile à convaincre. La Fin d’Oak Street réussit pourtant l’exploit de nous perdre en chemin, empêtré dans une écriture ubuesque et une absence presque fascinante de cohérence. Une très, très belle déception de cet été.

Titre Original: THE END OF OAK STREET
Réalisé par: David Robert Mitchell
Casting : Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella …
Genre: Action, Aventure, Science fiction
Sortie le: 12 août 2026
Distribué par: Warner Bros. France

ASSEZ MAUVAIS
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020









































































































































