

SYNOPSIS : Quand le restaurant familial menace de fermer, deux cousins bretons relâchent des rats pour s’improviser dératiseurs. Le même été, deux jeunes femmes trafiquent le concours de beauté local pour promouvoir leurs bijoux. Embarqués dans leurs stratagèmes chaotiques, ces quatre débrouillards en quête d’avenir finissent par se percuter.
Une comédie à la fois solaire et lunaire sur la jeunesse d’aujourd’hui, par la jeunesse d’aujourd’hui : c’est la promesse fort peu conventionnelle des deux réalisateurs Armand Foëx et Clément Devilliers qui, armés d’à peine 200.000 euros de budget, d’un beau quatuor de comédiens et d’un concept simple comme bonjour, mènent le voyage vers un Grand Raccourci fort rafraîchissant.
Le film suit deux duos de jeunes adultes : d’un côté, Grégoire (François Le Bris) est sur le point de reprendre le restaurant familial malgré la baisse inquiétante de son chiffre d’affaires, alors que son cousin Corentin (Jules Porier) s’est lancé dans la dératisation – quitte à placer lui-même les rats chez ses clients… De l’autre, Maeva (Louise Labèque) cherche des idées toujours plus étonnantes pour faire la promotion de son entreprise de revente de bijoux, et trouve en Louise (Sara Montpetit), conseillère funéraire introvertie, la figure parfaite pour infiltrer le concours de Miss local – quitte à mentir un peu sur le mètre 70 qu’elle est censée mesurer…

Cette ribambelle de personnages hauts en couleurs, dont les chemins vont inéluctablement se croiser pour le meilleur comme pour le pire, va alors nous emmener dans une surprenante aventure rurale où le mensonge, la manigance, l’ingéniosité et la tromperie se mélangeront avec l’audace caractéristique d’un premier film. Un Grand Raccourci est une proposition espiègle et ludique, un joli trait de comédie habile et généreux qui profite de son authenticité pour aller cueillir le spectateur au cœur en dépit de son manque de moyens global. Alors qu’il aurait pu se complaire dans le film à sketch trop chargé ou dans la pastille humoristique insipide, le film s’avère finalement très bien dosé, notamment grâce à une retenue assumée et un quatuor de comédiens remarquable. Jules Porier au centre, en prince de la débrouille aux idées maladroites, son duo avec François Le Bris est une jolie surprise jamais balisée de clichés, déroulant les incongruités de son intrigue pour creuser la relation atypique entre deux cousins aux personnalités opposées qui vont être amenés à s’éloigner pour enfin pouvoir se retrouver. En face, Louise Labèque s’offre une composition bourrée de répliques savoureuses, et Sara Montpetit confirme son grand talent en donnant à sa Louise une maladresse touchante qui cache peut-être le cœur du film.

On pourra noter une tendance du scénario à s’éparpiller dans ses sous-intrigues, quitte à un brin survoler sa résolution finale – le passage au concours de Miss – mais il serait malhonnête de ne pas noter la jolie proposition de Foëx et Devilliers qui, à contre-courant de l’aspect spectaculaire des comédies françaises modernes, semblent avoir à cœur de privilégier la simplicité de leurs ressorts narratifs, l’authenticité des relations humaines et l’enthousiasme de la débrouille.

Un Grand Raccourci, sans aucune autre prétention que de vouloir raconter un portrait à hauteur de vingtenaires paumés en recherche de sens et de connexions, réussit son pari avec une bulle tour à tour touchante, drôle et rafraîchissante où la simplicité de ses intentions en fait finalement toute sa pertinence.

Titre original : UN GRAND RACCOURCI
Réalisé par: Armand Foëx, Clément Devilliers
Casting: Sara Montpetit, Louise Labeque, François Le Bris …
Genre: Comédie dramatique
Sortie le : 12 août 2026
Distribué par : UFO Distribution

TRÈS BIEN
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020










































































































































