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LA MÈRE ET L’ASSASSIN (Critique) Un thriller sous haute tension

SYNOPSIS : Morgane Jourdan, la quarantaine, mène une vie bien réglée avec son mari restaurateur, Samuel, et leurs deux filles adolescentes, Océane et Alizée. Professeure, devenue principale d’un collège, elle jongle entre son travail exigeant et sa vie de famille. Tout bascule lorsqu’Océane, 17 ans, disparaît soudainement après une soirée où elle a surpris sa mère dans une situation compromettante avec Hugo Bennec, son professeur de sport. Morgane, rongée par l’angoisse et la culpabilité, se lance à corps perdu dans la recherche de sa fille. Très vite, son mari Samuel découvre sa liaison avec Hugo, ce qui fracture leur couple et perturbe Alizée, leur fille cadette. L’enquête menée par la capitaine Chloé Rousseau révèle alors qu’Océane entretenait une relation ambiguë avec Hugo. Et si Morgane avait, malgré elle, jeté sa fille dans les griffes d’un dangereux prédateur ?

En seulement quatre épisodes, La Mère et l’Assassin prouve qu’un thriller n’a pas besoin de multiplier les personnages ni les fausses pistes pour captiver. Adaptée du roman éponyme d’Alexandra Echkenazi, cette mini-série démontre qu’il n’est pas forcément nécessaire d’en faire toujours plus pour maintenir le spectateur en haleine. Sans chercher à réinventer les codes du genre, Alexandra Echkenazi (Simon Coleman, Haute Saison) et Franck Ollivier (Zodiaque) font le choix de la concision. L’intrigue repose sur un nombre volontairement limité de personnages, chacun ayant un véritable rôle à jouer dans la progression du récit. Ce refus de multiplier les suspects ou les ramifications inutiles permet à la série de conserver une remarquable lisibilité, tout en alimentant constamment le doute. Rien ne semble superflu, chaque scène fait avancer l’histoire, et cette économie de moyens contribue largement à l’efficacité de l’ensemble.

Sandra Perrin signe une mise en scène aussi sobre qu’efficace, préférant laisser les personnages et les situations installer naturellement le suspense plutôt que de rechercher l’esbroufe. La photographie lumineuse d’Olivier Duarguin crée un contraste intéressant avec la noirceur de l’intrigue, tandis que la partition de Fabien Nataf accompagne le récit avec justesse, sans jamais chercher à souligner artificiellement les émotions. Une sobriété qui participe pleinement à la crédibilité de l’ensemble.

Cette maîtrise doit aussi beaucoup à une distribution particulièrement homogène. Hélène de Fougerolles trouve le ton juste dans un rôle exigeant, tandis que Florent Peyre confirme qu’il est tout aussi convaincant dans le registre dramatique. François-David Cardonnel confirme tout son talent en livrant une interprétation d’une grande justesse, donnant à son personnage une ambiguïté permanente qui nourrit le suspense sans jamais sombrer dans la caricature. Juliette Delacroix et Daniel Njo Lobé apportent de la crédibilité au duo d’enquêteurs, alors que Vittoria Di Savoia et Vicky Andren se montrent très justes dans les rôles d’Océane et d’Alizée. Quant à Alika Del Sol, que l’on retrouve également dans Simon Coleman, autre création d’Alexandra Echkenazi, elle s’intègre parfaitement à une distribution où chacun trouve naturellement sa place.

C’est précisément parce que les trois premiers épisodes installent un niveau d’exigence élevé que le dernier laisse une légère impression d’inachevé. La résolution fonctionne dans son principe et apporte les réponses attendues, mais le dernier épisode s’autorise quelques coïncidences un peu appuyées qui atténuent légèrement la force de son dénouement. Certains enchaînements paraissent également un peu moins maîtrisés et la conclusion semble précipiter quelque peu les événements, là où la série avait jusque-là pris le temps de construire méthodiquement chacune de ses révélations.

Ces réserves n’empêchent toutefois pas La Mère et l’Assassin de s’imposer comme une proposition solide et particulièrement efficace. Son format court évite tout étirement inutile, ses interprètes portent avec conviction cette histoire et son écriture maintient l’intérêt jusqu’au bout. Un ultime épisode légèrement en retrait l’empêche simplement d’atteindre le niveau d’excellence auquel les trois premiers chapitres laissaient croire.

Crédits : France TV

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