

SYNOPSIS : A Nashville, capitale de l’État du Tennessee et coeur de la musique country, pompiers, secouristes et policiers unissent leurs forces pour gérer des urgences parfois spectaculaires, tout en affrontant les défis de leur propre vie.
Lorsque la Fox a lancé 9-1-1 en 2018, la série imaginée par Ryan Murphy, Brad Falchuk et Tim Minear s’est rapidement imposée comme l’un des grands succès du network. Deux ans plus tard, 9-1-1: Lone Star reprenait la même formule en la transposant au Texas. L’expérience fonctionnait suffisamment bien pour durer plusieurs saisons et trouver sa propre identité, portée par un casting solide et des interventions toujours aussi spectaculaires.
C’est pourquoi l’arrivée de 9-1-1: Nashville soulève d’emblée une interrogation. Pourquoi ouvrir un nouveau chapitre alors que 9-1-1: Lone Star vient tout juste de s’achever ? Les explications avancées sont avant tout économiques. Au fil des saisons, Lone Star était devenue une série de plus en plus coûteuse à produire, entre la hausse des cachets de ses interprètes et une production particulièrement ambitieuse, tandis que ses audiences ne justifiaient plus un tel investissement. S’y ajoutait une situation industrielle devenue moins favorable : produite par Disney mais diffusée sur la Fox, la série se retrouvait dans une position plus délicate après le transfert de 9-1-1 sur ABC.
À l’inverse, 9-1-1: Nashville repart sur de nouvelles bases. Une première saison permet de renégocier l’ensemble des contrats, de constituer une nouvelle distribution et de maîtriser davantage les coûts. Le tournage dans le Tennessee bénéficie en outre d’importantes aides financières qui allègent encore le budget de production. Sur le plan économique, lancer une nouvelle déclinaison de la franchise revenait donc moins cher que poursuivre une sixième saison de Lone Star.
Ces considérations industrielles expliquent la naissance de la série. Elles ne répondent toutefois pas à la véritable question que se pose le spectateur. Au fond, 9-1-1: Nashville avait-elle une véritable raison d’être ? Était-il encore possible d’apporter un regard neuf à une formule déjà largement éprouvée, ou cette nouvelle déclinaison risquait-elle de n’être qu’une variation supplémentaire d’un modèle dont on connaissait déjà tous les rouages ? Avant même de juger ses qualités, c’est sans doute cette interrogation qui accompagne les premières minutes du pilote.
Après trois épisodes, la réponse est finalement assez simple. 9-1-1: Nashville est une série redoutablement efficace. Les interventions sont spectaculaires, les moyens financiers sont visibles à l’écran, le rythme ne faiblit jamais et les personnages sont suffisamment bien dessinés pour donner envie de poursuivre l’aventure. Les rivalités, les liens familiaux ou encore les tensions au sein de la caserne sont rapidement installés et remplissent parfaitement leur rôle. On regarde les épisodes avec plaisir, sans jamais avoir le sentiment de perdre son temps. La réussite de 9-1-1: Nashville tient également à son casting. Si Chris O’Donnell occupe naturellement le devant de la scène, la série peut compter sur une équipe de comédiens qui fonctionne déjà bien collectivement.
Mais cette efficacité a aussi son revers. Très vite, la série donne l’impression de dérouler une recette parfaitement maîtrisée. Les beaux gosses, le chef respecté, les conflits sentimentaux, les querelles entre collègues, les ralentis héroïques lorsque les équipes partent en intervention, les drames familiaux et les réconciliations… tout cela fonctionne, mais tout cela semble aussi extrêmement balisé. On retrouve ce mélange d’action, de soap-opera et de bons sentiments qui caractérise depuis longtemps les productions de Ryan Murphy. La formule reste plaisante, mais elle surprend rarement.
Le principal point de comparaison reste évidemment 9-1-1: Lone Star. Sans démériter, Chris O’Donnell ne dégage pas, pour l’instant, la même présence que Rob Lowe, dont le personnage structurait davantage la série texane. Quant à 9-1-1: Nashville, elle ne semble pas encore avoir trouvé ce qui pourrait véritablement la distinguer de ses deux grandes sœurs. Elle fait bien ce qu’on attend d’elle, mais elle ne donne jamais le sentiment de vouloir réinventer la franchise.
Faut-il pour autant la déconseiller ? Certainement pas. 9-1-1: Nashville appartient à cette catégorie de séries que l’on regarde avec facilité. On lance un épisode, puis un autre, sans effort. Les intrigues restent suffisamment autonomes pour que le plaisir soit immédiat, tandis que le feuilleton s’installe progressivement sans devenir envahissant. C’est une série de divertissement assumée, idéale pour passer une heure agréable sans avoir à se plonger dans une intrigue particulièrement complexe.
En définitive, 9-1-1: Nashville est une bonne série, bien produite et maîtrisée, mais qui ne justifie pas encore pleinement son existence sur le plan créatif. Elle reprend avec savoir-faire une formule qui a déjà largement fait ses preuves sans lui apporter, du moins pour l’instant, une véritable identité propre. Ce n’est pas rien. Mais ce n’est pas encore suffisant pour dépasser le simple statut de variation réussie d’un modèle que l’on connaît déjà.
Crédits : Disney+









































































































































