Critiques

LES NOUVELLES AVENTURES DE VIDOCQ (Critique Série) Une virevoltante réussite…

SYNOPSIS: Vidocq est nommé Chef de la Sûreté Nationale, un service créé spécialement pour lui, par le Ministre de la Police. Ancien bagnard avec 27 évasions à son actif, sa nomination n’est pas appréciée de tous. Il est secondé par une bande d’excentriques (Desfossés, Le Marquis, l’Aveugle, l’Acrobate…) tous d’anciens bagnards, fidèles même dans les situations les plus périlleuses. La baronne de Saint Gély (Danièle Lebrun), qui dissimule ses manipulations machiavéliques sous une fausse ingénuité, est la seule adversaire à sa hauteur. Dans un Paris dangereux, Vidocq lutte contre le grand banditisme et les complots d’État. Avec des méthodes à la limite de la légalité, il réussit toujours à démasquer les pires truands et à éviter la guillotine. Ses nombreux talents, dont celui de transformiste, lui permettent de déjouer plus d’un tour!

Les Nouvelles Aventures de Vidocq font partie de ces séries qui rappellent à quel point la télévision française a longtemps été capable de conjuguer ambition, divertissement et exigence. Plus d’un demi-siècle après sa première diffusion, la série réalisée par Marcel Bluwal demeure une référence du patrimoine télévisuel français, non seulement pour son immense popularité, mais aussi pour sa remarquable modernité.

Adaptée de la figure historique d’Eugène-François Vidocq, ancien forçat devenu chef de la Sûreté sous la Restauration, la série suit les enquêtes menées par un héros aussi rusé qu’insaisissable. Dès les premiers épisodes, le ton est donné : Les Nouvelles Aventures de Vidocq refuse de se laisser enfermer dans une seule catégorie. Polar, série historique, récit d’aventures, comédie populaire ou chronique sociale, elle navigue constamment entre plusieurs genres avec une aisance remarquable.

Cette richesse doit beaucoup à l’écriture de Georges Neveux et Pierre Nivollet, qui parviennent à mêler intrigues policières, complots politiques, figures du grand banditisme et évocation de la France du XIXème siècle sans jamais perdre le sens du rythme. Les treize épisodes avancent tambour battant et donnent le sentiment de regarder une série bien plus contemporaine que son âge ne le laisserait supposer.

Mais la véritable force du programme réside sans doute dans sa galerie de personnages. Autour de Vidocq gravite une bande de compagnons hauts en couleur interprétés par Jacques Seiler, Pierre Pernet, Alain Mac Moy, Walter Buschhoff ou Philippe Gaulier. Ces visages immédiatement reconnaissables participent pleinement à l’identité de la série. Marc Dudicourt apporte quant à lui une irrésistible touche comique, tandis que Danièle Lebrun compose avec finesse une Baronne de Saint-Gély aussi séduisante que redoutable.

Au centre de cet univers trône évidemment Claude Brasseur. Peu d’acteurs auraient pu apporter autant d’énergie, de gouaille et de séduction au personnage. Brasseur joue Vidocq comme un aventurier, un enquêteur, un manipulateur et parfois même comme un enfant facétieux. Son charisme illumine chaque scène et explique largement pourquoi le personnage est devenu l’un des héros les plus populaires de la télévision française des années 1970.

La mise en scène de Marcel Bluwal impressionne tout autant. Fluide, inventive, dynamique, elle refuse le statisme que l’on associe parfois à tort aux productions télévisées de cette époque. Chaque épisode témoigne d’une véritable ambition de cinéma au service du petit écran. Associée à l’inoubliable musique de Jacques Loussier, elle confère à la série une personnalité immédiatement identifiable.

Ce qui frappe surtout aujourd’hui, c’est l’équilibre parfait entre culture populaire et exigence artistique. Les Nouvelles Aventures de Vidocq divertissent sans jamais simplifier leur propos. Elles racontent des histoires accessibles à tous tout en faisant preuve d’une réelle sophistication dans leur écriture et leur réalisation.

Treize épisodes auront suffi pour inscrire durablement la série dans l’histoire de la télévision française. Plus de cinquante ans après sa création, elle demeure un modèle de fiction populaire intelligente, portée par le talent conjugué de Marcel Bluwal et Claude Brasseur. Une œuvre patrimoniale majeure qui mérite amplement d’être redécouverte.

Crédits INA EDITIONS

5 réponses »

  1. <> ? <> ? avez-vous vu réellement ces DVD ? c’est carrément mauvais au niveau de l’image !! quelle restauration ? j’ai ce coffret et je peux vous dire que c’est décevant.
    Je me manifeste pour que les gens savent à quoi s’attendre….à ce tarif , on ne peut pas proposer n’importe quoi.

    • Oui je les ai vus et je trouve votre remarque carrément déplacée! Que vous ne soyez pas d’accord avec mon analyse et mon ressenti, absolument aucun souci, mais que vous remettiez en cause ma probité me gêne énormément! Encore une fois libre à vous de ne pas être d’accord mais le respect commence par accepter que l’autre ait un avis différent sans pour autant être un menteur!

  2. Ce n’est pas le fait d’avoir un avis différent, sous-entendu subjectif, c’est de simplement regarder ces DVD et son master tel qu’il est, vraiment pas bon, et on ne peut absolument pas parler de restauration splendide, bluffante et éclat des couleurs pfioouuu….
    Artefacts, rayures, fourmillements…je suis un consommateur mécontent qui a acheté ce coffret cher, car 13 épisodes pour 40 euros c’est cher, mais je me suis dit que comme toute VRAIE remasterisation j’allais avoir droit à une résurrection de cette série sous ses meilleurs aspects.
    Pour cela, j’ai au préalable cherché les rédactionnels sur cette sortie et le votre m’a malheureusement induit en erreur.

    • Comme vous avez l’air d’un spécialiste, je ne peux que m’incliner et de me voir désolé que vous n’y ayez pas vu la même chose que moi! Je réitère ce que j’ai dit dans mon texte, j’ai trouvé pour ma part que la restauration était excellente, et que vous le vouliez ou non le visionnage est subjectif, tout comme l’appréciation que l’on peut en avoir!

  3. bloubiboulga a raison…. Reste le plaisir de retrouver tout ce beau monde….. Et du haut de ma quarantaine, je découvre l’érotisme de la série…. La baronne aime les filles tout autant que les garçons…. Voilà qui m’avait complétement échappé quand j’avais 14 ans !

Laisser un commentaire