Critiques

ZODIAQUE (2026) (Critique Mini-Séries Épisodes 1×01 – 1×05)

SYNOPSIS : À Aix-en-Provence, la riche famille Escoffier est frappée par une série de meurtres mystérieux qui portent la marque du Zodiaque, un tueur en série qui a sévi dans la région vingt ans plus tôt, mais que tous croyaient mort…

Vingt ans après avoir marqué les amateurs de sagas estivales, Zodiaque fait son retour sur TF1. Un pari audacieux tant les souvenirs laissés par les deux premières séries restent vivaces. D’autant que la télévision a profondément changé depuis 2004. Les grandes fresques familiales de cinq épisodes de 90 à 100 minutes ont laissé place à des formats plus courts et à une narration plus resserrée. La bonne nouvelle, c’est que cette nouvelle mouture n’a pas cherché à renier son héritage.

Dès les premiers épisodes, on retrouve tout ce qui faisait le charme de la franchise imaginée par Franck Ollivier et Malina Detcheva : secrets de famille, meurtres, faux-semblants, enlèvements, révélations en cascade et personnages aux liens parfois aussi complexes qu’un arbre généalogique de soap opera. La série assume pleinement son ADN feuilletonnant et ne cherche jamais à se transformer en polar réaliste ou en thriller psychologique à la mode. C’est à la fois sa principale qualité et sa principale limite.

Aux commandes de la réalisation, Bruno Garcia privilégie l’efficacité à l’esbroufe. Sa mise en scène va droit au but, maintient un rythme soutenu et accompagne efficacement une intrigue qui ne cesse de rebondir. Le réalisateur évite les effets inutiles et permet à l’histoire de conserver sa lisibilité malgré une galerie de personnages particulièrement abondante. Car c’est sans doute l’un des aspects les plus frappants de cette nouvelle version : rarement une série aura accumulé autant de protagonistes, de ramifications familiales et de pistes narratives en seulement six épisodes. Une richesse qui participe au plaisir du visionnage mais qui exige parfois une attention soutenue pour ne pas perdre le fil.

La distribution constitue l’un des grands atouts de l’ensemble. Francis Huster retrouve avec naturel le commissaire Antoine Keller. Pourtant, contrairement à ce que la promotion pourrait laisser penser, son personnage n’occupe pas toujours le devant de la scène. Keller agit davantage comme un trait d’union avec les sagas originales que comme le véritable centre du récit. Cette place revient souvent aux différents membres des familles au cœur de l’intrigue, dont les destins s’entrecroisent au fil des épisodes.

Autour de lui, les comédiens confirmés offrent une prestation particulièrement convaincante. Erika Sainte impose une présence solide tandis qu’Annelise Hesme compose avec elle un duo de sœurs crédible et attachant. Marine Delterme, Catherine Marchal, Lannick Gautry ou encore Marie-Christine Barrault apportent toute leur expérience à des personnages souvent confrontés à des situations extrêmes. Leur implication contribue largement à rendre crédibles des développements parfois très mélodramatiques.

La jeune génération se montre plus inégale. Sans jamais démériter, certains interprètes paraissent moins à l’aise lorsque le scénario exige des registres particulièrement émotionnels ou des confrontations très appuyées. Une réserve qui n’entame toutefois pas la cohérence générale de la distribution.

L’absence de Claire Keim se fait naturellement sentir tant la relation entre Esther et Keller constituait l’un des piliers émotionnels des précédentes sagas. Pour autant, la série ne passe pas son temps à regarder dans le rétroviseur. Elle cherche à construire sa propre dynamique et parvient le plus souvent à trouver un équilibre entre nostalgie et renouvellement.

Reste une intrigue qui, fidèle à la tradition de la franchise, accumule parfois les retournements de situation les plus rocambolesques. Les révélations s’enchaînent, les pistes se multiplient et certains développements paraissent volontairement très soulignés. Les amateurs des séries originales y verront sans doute une forme de fidélité à l’esprit des débuts. Les autres risquent d’y voir une mécanique un peu datée. C’est précisément là que se situe la frontière.

Après cinq épisodes, cette nouvelle version de Zodiaque remplit son contrat. Elle retrouve l’essentiel de ce qui avait fait le succès des sagas originales sans parvenir pour autant à retrouver totalement leur caractère événementiel. Les nostalgiques devraient y trouver leur compte. Ceux qui n’ont jamais adhéré à cet univers de secrets de famille, de mystères et de rebondissements permanents ne changeront probablement pas d’avis. Reste désormais à découvrir si le sixième et dernier épisode, non communiqué à la presse par TF1, permettra à la série de conclure son intrigue avec la même efficacité que celle affichée jusqu’ici.

Crédits : TF1

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