Critiques Cinéma

LE DERNIER VRAI SAMOURAÏ (Critique)

SYNOPSIS : Kyoto, à la fin de l’époque d’Edo. Deux samouraïs de clans ennemis luttent dans un combat sans merci jusqu’à ce qu’une pluie torrentielle s’abatte sur eux et qu’un éclair les éblouisse. À sa grande surprise, Shinzaemon Kosaka du clan Aizu se réveille dans le Japon contemporain, sur le plateau d’une série historique spécialisée dans le genre jidaigeki. Pris pour un figurant à cause de son apparence et de son comportement, le samouraï devient vite la coqueluche des tournages, avant d’être engagé comme cascadeur professionnel…

Le pitch est simple : Kosaka, un Samouraï défendant le Shogunat Aizu de ceux qui cherchent à le faire tomber, est frappé par la foudre durant un combat décisif. En se réveillant, il découvre avec stupeur que la ville a bien changé. Et à raison, il a atterri sans aucune explication au 21e siècle, en plein tournage de la série Le Juste sans Peur, un Jidai-geki (une série japonaise mettant en scène des samouraïs et des combats au sabre) dont la popularité est malheureusement en chute libre. D’abord désarçonné, Kosaka se lie d’amitié avec l’assistante-réalisatrice Yuko Yamamoto et le maître d’armes Sekimoto. Ceux-ci le convainquent, en voyant ses talents dans le maniement du sabre, d’endosser un rôle de figurant sur la série. Le samouraï se retrouve donc propulsé dans le milieu de la production cinématographique, et va écumer les plateaux jusqu’à ce qu’une opportunité unique ne s’offre à lui…

Le Dernier Vrai Samouraï est une proposition de comédie assez unique, sorte de version nippone des Visiteurs dans laquelle l’on aurait remplacé le Moyen-Âge par l’ère Edo. Notre héros, un Samouraï sérieux et honorable, est projeté malgré lui sur le tournage d’une série qui remet en scène de façon glorieuse – et un peu clichée – les accomplissements de ses frères d’armes : on a ici la structure classique du « poisson hors de l’eau », Kosaka s’émerveille des boulettes de riz et des « images qui bougent » de la télévision, tandis qu’il est bouleversé par les évènements passés qui ont mené son époque vers sa fin. Véritable comédie populaire, à la fois burlesque et absurde, vissée sur ce quiproquo initial (l’équipe technique pense évidemment qu’il est un figurant comme les autres à cause de sa tenue), Le Dernier Vrai Samouraï déroule une ambiance assez maline, à la fois entraînante et légère, avant de vriller dans sa dernière partie en la raccrochant à des thématiques plus sérieuses et à un virage dramatique plutôt bien senti. Le principal défaut du film se trouve alors dans son rythme, lequel a trop tendance à tirer en longueur dans certains passages, résultant en 2h10 qui auraient probablement méritées d’être un peu raccourcies.

Malgré ça, le réalisateur et scénariste Jun’ichi Yasuda signe un long-métrage touchant et généreux, une ode aux classiques de la fiction de Samouraï, traitant non sans nostalgie de la fin d’une ère. Le comédien principal, Makiya Yamaguchi, est parfait dans sa composition, la majorité des ressorts comiques naissants de son sérieux en constante opposition avec le décalage des situations auxquelles il fait face. On notera également l’attachante Yūno Sakura en assistante-réalisatrice ambitieuse et dépassée, et le puissant Norimasa Fuke en ex-acteur star qui sort de sa retraite – et qui trouve avec Yamaguchi une vraie synergie impeccablement en raccord avec les thématiques centrales du film.

Car Le Dernier Vrai Samouraï est une proposition habile et savoureuse, qui ne prétend jamais réinventer le genre, mais plutôt à offrir une capsule temporelle bienveillante et lumineuse qui aime autant mettre à l’honneur les artisans derrière les Jidai-geki autant qu’il a à cœur de parler de sens et d’honneur à travers la traditionnelle figure du Samouraï réactualisée pour l’occasion. On est donc moins dans Les Visiteurs que dans un feel-good movie typiquement nippon sur un Samouraï de l’époque Edo emporté dans les Couloirs du Temps, trouvant même in fine un certain envol émotionnel particulièrement juste dans son climax.

Titre original : A SAMOURAI IN TIME

Réalisé par: Jun’ichi Yasuda

Casting: Makiya Yamaguchi, Norimasa Fuke, Yuno Sakura…

Genre: Comédie, Drame, Fantastique

Sortie le : 10 juin 2026

Distribué par : Carlotta Films

TRÈS BIEN

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