

SYNOPSIS : Une vision piquante de la vie de famille et des petits travers de chacun, signée Nicole de Buron. Beaucoup de dérision & d’ironie, avec en prime le charme des années 60…
Il suffit de quelques minutes pour comprendre pourquoi Les Saintes Chéries occupe une place à part dans l’histoire de la télévision française. Adaptée des textes de Nicole de Buron, la série trouve immédiatement son rythme grâce à deux interprètes d’exception : Daniel Gélin et Micheline Presle. Ensemble, ils dynamitent le petit écran des années 60 en donnant vie à un couple dont les désaccords, les maladresses et les petites batailles du quotidien résonnent encore aujourd’hui avec une étonnante modernité.
Si Daniel Gélin compose avec beaucoup de finesse un Pierre Lagarde attachant mais souvent prisonnier des conventions de son époque et Micheline Presle livre une véritable leçon de comédie. D’une justesse remarquable, elle déploie une palette de jeu impressionnante, passant de l’ironie à la tendresse, de la colère à la malice avec une fluidité désarmante. Son Ève est moderne, indépendante, curieuse du monde qui l’entoure et bien souvent en avance sur son temps. Plus de soixante ans après la création de la série, c’est sans doute cet équilibre qui frappe le plus : derrière l’humour, Les Saintes Chéries raconte déjà l’émancipation féminine et l’évolution des rapports au sein du couple. Face à elle, Pierre apparaît souvent plus rétrograde, plus coincé dans les habitudes et les certitudes de son époque, ce qui rend leurs confrontations d’autant plus savoureuses.
Autour du duo vedette gravite une galerie de seconds rôles particulièrement savoureux. Robert Castel, Sacha Briquet, Lucette Sahuquet, Marthe Mercadier et bien d’autres enrichissent chaque épisode de leur fantaisie et de leur présence. La série se distingue également par la participation de nombreux visages appelés à devenir incontournables, de Jean Yanne à Jacques Higelin, en passant par Roger Carel, Daniel Prévost, Patrick Préjean, Rufus ou encore Les Charlots, qui viennent ponctuellement apporter leur grain de folie à cet univers déjà irrésistible.
Mais Les Saintes Chéries vaut également comme témoignage d’une France en pleine mutation. Entre tradition et modernité, confort des Trente Glorieuses et évolution des mentalités, la série capture avec une rare acuité une époque charnière sans jamais sacrifier son sens du divertissement. Nicole de Buron y observe les travers du quotidien avec une finesse remarquable, transformant les petites frustrations domestiques et conjugales en autant de situations universelles.
Drôle, tendre, souvent en avance sur son temps et portée par une Micheline Presle tout simplement phénoménale de justesse et de subtilité, Les Saintes Chéries demeure aujourd’hui encore l’une des plus belles réussites de la télévision française. Une série qui se regarde avec le sourire, mais qui raconte finalement bien plus de choses sur son époque — et sur la nôtre — qu’il n’y paraît au premier abord.
Catégories :Critiques, Critiques Cinéma, Séries








































































































































