

SYNOPSIS : Alors que les secours sont mobilisés ailleurs et que toute communication est interrompue, les habitants de Hope doivent faire face seuls à une menace grandissante. Tandis que certains tentent de protéger le village, d’autres s’aventurent dans la montagne… mais deviennent à leur tour des proies. L’ignorance et la peur déclenchent une spirale incontrôlable aux conséquences dévastatrices
Dix ans après son dernier film, The Strangers en 2016, le réalisateur sud-coréen Na Hong-jin présente en sélection officielle à Cannes 2026 son quatrième long-métrage Hope, présenté comme un thriller de science-fiction avec entre autres Michael Fassbender, Alicia Vikander et Jung Ho-yeon, la star de la série Squid Game (2021/2025). Ses trois premières œuvres ont marqué le public autant que la critique, et au regard de ce que l’on connaît pour le moment de Hope, le film était puissamment attendu sur la croisette. Car nous savons avant que la lumière ne s’éteigne qu’une créature est aperçue en lisière de forêt et que les habitants pensent d’abord à un tigre avant que la police n’intervienne et découvre une créature inconnue. Le film basculera alors dans le récit de premier contact extraterrestre, mêlant horreur, science-fiction et paranoïa collective, et qui donc change de genre en plein milieu du film. Un peu en mode Sans filtre, rappelons-le tout palmé d’or en 2022. Sauf que là, c’est du Ruben Öslund sous acide.
Hope est sans doute le film le plus dingue de la sélection cannoise 2026. A voir si le jury aura l’audace d’aller au bout du délire, ce qui, et d’une, n’est pas du tout impossible et de deux, inconnu à l’heure de la rédaction de cette prose. En tout cas grâce à Hope, on saura dire p..ain en Coréen car entendu à peu près 130 fois. C’est aussi un véritable concours d’onomatopée du héros. Ce sont des vieillards armés jusqu’aux dents qui dégomment à tout va un monstre au départ invisible en se foutant de la gueule des flics, « ces feignasses de fonctionnaires« . Ces mêmes flics qui traitent de connard et de tête de gland le monstre tout en le dégommant aussi. C’est complétement barré, déjanté, foutraque. Un monstre que tout le monde appellera le « truc increvable ». Et surtout, c’est brillamment décalé dans cet art de la vanne imprévisible dans un univers SF où ça dégouline de partout. Et forcément comme dans Sans filtre, il y aura une (sale) histoire de caca. Y’a quand même du cinéma plein la caméra. Avec des moments de grâce dans ce décalage fou, quand le héros, ce flic un peu trouillard quand même, au moment d’exploser à la roquette la tronche du monstre, dans une course poursuite déjantée, voit le monstre… verser une larme !! Fou. Mais on devine que c’est une énorme clé d’entrée sur autre chose. Et qui va sans doute nous dire que le mal n’est pas forcément à l’endroit où l’on pense. Dans Hope, les personnages féminins sont forts, tout l’inverse des faibles et trouillards mâles. Une médecin frapadingue qui essaye de découper le monstre, avec une scie, ça ne marche pas. Une plus grande scie, ça ne marche pas non plus. Alors, elle y va à la tronçonneuse, dans un bain de giclées inconnues en fusion.

Dans Hope, forcément, il y a du gore. Le truc increvable va laisser des bouts et des lambeaux de son épiderme plein la salle de cinéma. Sans parler de ceux qui n’aiment pas les bruits de bouche, de mastication, qui sont misophones, Il y a une scène où vous allez mourir de dégoût !! Hope est complétement décomplexé. C’est aussi une affaire d’effets spéciaux et de génie visuel. C’est impressionnant façon blockbuster, où on en prend plein la tête, et même sans être fan du genre, les scènes d’actions sont une éclate total, tant c’est spectaculaire, efficace et rythmé comme jamais. Avec peut-être 20 minutes de trop d’incessantes courses poursuites et de bastons, où l’on sent que Na Hong-jin se fait un peu trop plaisir. Comme si au montage, il avait été décidé d’allumer dans tous les sens. Avec donc une redondance qui ne permet pas complètement à Hope d’accéder au statut de chef-d’œuvre absolu.
Au casting, Jung-Min Hwang incarne ce flic courageux mais pas téméraire. Une sorte de surjeu savamment entretenu, qui nous fait passer toutes ses émotions, et elles sont totalement exacerbées. On se prend d’empathie pour ce côté pétochard attachant.In-Sung Zo est ce chasseur qui ne lâche jamais rien, complètement sur vitaminé, dont la rage et la folie nous scotche au fauteuil. Jung Ho-Yeon, quel numéro ! Elle est le miroir inversé de son collègue flic masculin. Inarrêtable et presque flippante une arme à la main, elle est bien plus douce et vulnérable sans. Elle touche à chaque fois juste, nous fait rire et nous émeut dans la même minute. Au final, Hope est une pure dinguerie. C’est intense, fait de virtuosités de partout, en mélangeant un peu tous les genres. Du cinéma total qu’il est indispensable de voir en salle. Hope, c’est une démonstration magistrale. Hope, c’est énormissime !!

Titre Original: HOPEU
Réalisé par: Na Hong-jin
Casting : Jung-Min Hwang, In-sung Zo, Jung Ho-Yeon…
Genre: Action, Science fiction, Thriller
Sortie le: 4 novembre 2026
Distribué par: Universal Pictures International France

CHEF-D’ŒUVRE
Catégories :Critiques Cinéma, Festival de Cannes 2026, Les années 2020








































































































































