

SYNOPSIS : Margot débute son internat aux urgences, où elle peine à s’adapter. Très vite, elle fait face à des patients de son âge aux symptômes inexpliqués. La récurrence de ces cas exceptionnels l’interroge, d’autant qu’elle observe, sur son propre corps, des manifestations de plus en plus inquiétantes…
Présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2026, ce Sanguine, premier long métrage de Marion Le Corroller semble cocher sur le papier et au regard du premier teaser visible, toutes les cases du bon gros flip dégoulinant de viandes cuites, crues, à point, de celles qui retapissent les murs et maculent tous les tapis de tous les festivals en mode orgie d’hémoglobine. Il faut dire que Marion Le Corroller, qui signe un pur body horror va s’intéresser aux conséquences du stress au travail sur notre propre corps en s’inspirant de sa propre expérience dans le monde de la finance.
Après Titane (2021) ou encore The Substance (2024), le boddy horror féminin a le vent en poupe sur la croisette, sans parler d’Alpha l’an dernier, même s’il sera difficile de faire pire. Clairement, le gant est relevé haut la main. Alors, tout ce qui était attendu était bien là, mais peut-être un peu plus. Sanguine, c’est fun, c’est distrayant et ça fait clairement le job. A plusieurs reprises, Margot devient une sorte de barbecue géant et comme c’est ce qu’on voulait, on profite de la grillade. Rigolo et ne se prenant pas au sérieux. De boeuf sanguinolant il en est question dès la première image avec un steak qui grille, et qui précédera une scène d’ouverture mémorable dans un fast-food avec du fight bien crade mais jubilatoire car celui qui va finir la caboche en bidoche, c’est un détestable influenceur. 4 minutes de film et déjà plein de messages bien sentis en même temps.

Car après, on a bien compris que tout sera rouge, les tapis, la moquette, le bord du PC, les armoires, les dossiers, la bonne petite overdose savamment entretenue. Avec son lot de bonnes dégueulasseries gratos qu’on était de toute façon venue chercher, du gore mais funky. On ne sait plus trop si on est au resto ou au ciné. Mais au final c’est un sacré méchoui ! Quelques bruits de peau proches du plic ploc de France culture en pleine nuit de samedi à dimanche, et en vrai un tas de musiques et de créations sonores suffocantes à souhait. Tiens, Margot se déchire la peau dans tous les sens, et c’est vrai que nous on a quand même envie de se gratter un peu.
Clairement, Sanguine n’est pas à mettre entre toutes les mains et les fourchettes, c’est évidemment pour un public averti. Car quand même c’est bien bourrin, mais en vrai on aurait presque voulu encore plus de spontanéité et moins de convenu, moins d’effets de cochage de cases. On devine bien que les scènes sont là pour nous horrifier, et même si on se marre bien, plus de vannes et de dialogues qui claquent n’auraient pas nuit, car justement on pressent bien tout le potentiel de la jeune cinéaste ! Celle qui était contente que ses parents ne quittent pas le Grand Théâtre Lumière Cannois à la projection officielle !
Puis il y a quand même deux ou trois scènes un peu épiques où après on se sentira couillons de se démanger à la moindre première rougeur estivale. Pis c’est toujours drôle aussi de filmer plein cadre le scepticisme décalé des autres face à celle qui pète des câbles et qui devient complétement cintrée. Et c’est remarquablement bien fait ici. Ajoutez-y en effet un questionnement pas déconnant sur le burn-out et l’addiction au travail qui pourrait donner envie de bouffer cru, mais au sens premier, les collègues, autant chefs que sous-fifres. Est questionné subtilement au regard de l’état que l’on sait de l’hôpital public qui est le malade et qui est le patient. Et ça, c’est bien envoyé !
Au casting, Mara Taquin voit son corps mis gravement à rude épreuve et elle nous le fait bien sentir. Son pétage de câble progressif, la montée de l’angoisse, elle maîtrise tout ça parfaitement. Chapeau l’artiste. Kim Higelin est autant insupportable qu’attendrissante et elle le joue à merveille. Sami Outalbali en ravi de la crèche est méga touchant, et clairement cet acteur a une sacrée présence ! Et il y a Karin Viard, démoniaque, sadique, vipère, et elle est redoutable en la matière ! Avec Sanguine, on est un peu dégoûtés, on a des petites frissonnades, on se marre quand même un peu, c’est clairement efficace et prometteur pour la cinéaste. Les amateurs (hormis les super pénibles) adoreront, et les détracteurs ne devraient même pas essayer. En vrai en soirée après le barbeuc avec les potes et vous tenez là votre première soirée thématique de l’été ! Un régal d’avance !

Titre original : SANGUINE
Réalisé par: Marion Le Corroller
Casting: Mara Taquin, Kim Higelin, Karin Viard …
Genre: Epouvante-Horreur
Sortie le: 28 octobre 2026
Distribué par : ARP Sélection

TRÈS BIEN
Catégories :Critiques Cinéma, Festival de Cannes 2026, Les années 2020








































































































































