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SYNOPSIS : Un soir, dans un resto minable de Los Angeles, un homme étrange et débraillé débarque avec un détonateur à la main et affirme venir du futur. Ce serait la 117ème fois qu’il remonte le temps pour empêcher l’apocalypse déclenchée par une IA et sauver une humanité lobotomisée par les écrans. Son ultime stratégie : recruter les clients du restaurant pour former une équipe capable de sauver le Monde. Si ce groupe aussi improbable que mal préparé y parvient, alors l’Humanité a peut-être encore une chance… Ou peut-être pas. Qui sait ?
On n’en attendait pas moins du retour du prodigieux Gore Verbinski, que l’on n’avait plus revu derrière la caméra depuis ses deux flops commerciaux consécutifs The Lone Ranger et A Cure for Life en 2013 et 2016. Et pourtant, le cinéaste américain nous avait prouvé à maintes reprises sa vision unique et son statut d’ovni à travers le cinéma de blockbuster américain – on lui doit surtout la trilogie originale Pirates des Caraïbes pour Disney, un monument épique et populaire brillant qui se regarde encore aujourd’hui avec émerveillement. Les horizons du réalisateur, probablement heurtés par les retours mitigés de ses deux derniers projets en date (pourtant, A Cure for Life mérite les regards pour sa singularité esthétique et son étonnante inventivité horrifique), l’amènent alors à revenir 10 ans plus tard vers le grand écran avec la promesse d’un grand spectacle honnête et généreux comme il sait les faire.

Good Luck Have Fun Don’t Die, dont la prémisse et le scénario sont l’œuvre de Matthew Robinson, raconte façon film choral le récit de plusieurs personnages rassemblés par hasard dans un diner de Los Angeles. Ce soir-là, un évènement étrange se produit : un Homme, curieusement débraillé, à l’allure de sans-abri, débarque armé d’une ceinture d’explosif et prend tout le monde en otage. Rapidement, la situation s’intensifie lorsque l’Homme explique ses intentions : il vient du futur, et recherche le groupe de personnes qui va l’aider à sauver le monde… Cette scène d’ouverture, dévoilant l’univers foutraque et décalé qui sera exposé tout au long du film, raconte comment Good Luck Have Fun Don’t Die va jouer avec ses promesses et nos attentes. Sans savoir vraiment sur quel pied danse cette histoire (l’Homme est-il vraiment un voyageur temporel ? Ou un simple illuminé incohérent ?), on se plonge volontiers dans cette suite barrée d’évènements tous plus incongrus les uns que les autres, dévoilant un à un la petite bande de « volontaires » qui vont se joindre à l’Homme dans sa mission.

Carton après carton, le film revient en flashbacks sur les jours précédents vécus du point de vue de nos protagonistes, mettant en lumière un Monde bien plus instable que ce que l’on imaginait. D’abord, on rencontre Mark et Janet (Michael Peña et Zazie Beetz), deux professeurs de lycée remarquant petit à petit que leurs élèves semblent irrémédiablement aspirés par leurs téléphones portables et les kilomètres de réseaux sociaux qu’ils consomment en boucle sans sourciller… Puis, c’est au tour de Susan (Juno Temple), une mère de famille traversant une période traumatisante, au terme duquel elle découvre une étrange technologie pour traiter son deuil. Et enfin, Ingrid (impressionnante Haley Lu Richardson), une jeune femme habillée d’une robe de princesse, souffrant d’une étonnante allergie aux appareils technologiques… Embarqués malgré eux par la « mission » de l’Homme venu du futur (Sam Rockwell est exceptionnel en leader excentrique), ce petit groupe disparate va être confronté sans vraiment le vouloir à un évènement qui déclencherait, selon l’Homme, l’avènement d’une IA destructrice coupable de la fin du Monde tel qu’on le connaît…

On l’avouera, sur le papier, tout cela fait beaucoup à digérer. Et Good Luck Have Fun Don’t Die, à l’image de son titre absurdement long, assume pleinement son statut d’objet filmique outrancier accumulant les idées timbrées pour faire avancer ses personnages dans son monde curieusement menacé par la technologie. Difficile de ne pas voir 12 épisodes de Black Mirror collés les uns aux autres dans ce curieux script qui prenait le risque d’être un fourre-tout bien trop chaotique pour parvenir à dire quoi que ce soit de son propos. Mais c’était sans compter sur le déroulement habile de ses idées narratives et la mise en scène proprement jubilatoire de Gore Verbinski, qui parviennent parfaitement à faire de cette incohérente suite d’idées un plaisir de cinéma contagieux, démesurément plaisant et bouillonnant de créativité à tous niveaux. De par son casting investi dans le grand n’importe quoi de son concept, et révélant un cœur finement placé en fin de parcours en mettant côte à côte deux personnages grâce à une révélation très bien amenée, le long-métrage pourra être vu dans son ensemble comme une avalanche de too much sans queue ni tête si l’on passait à côté du fun ultra généreux promis par son titre et assuré par son exécution. Good Luck Have Fun Don’t Die est assurément un blockbuster pop-culturel moins boomer qu’il n’y paraît (tout le script fonctionne sur une structure qui le raccroche aux codes et à certains gimmicks issus du jeu vidéo), pas subtil pour un sou mais possédant pile ce qu’il faut de bagout, de passion et d’épique pour donner sens à son chaos organique euphorisant. Bref, du Gore Verbinski pur jus.

Titre Original: GOOD LUCK HAVE FUN DON’T DIE
Réalisé par: Gore Verbinski
Casting : Sam Rockwell, Juno Temple, Haley Lu Richardson …
Genre: Aventure, Comédie, Science Fiction
Sortie le: 15 avril 2026
Distribué par: Metropolitan FilmExport
EXCELLENT
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020








































































































































