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MALCOLM : RIEN N’A CHANGÉ (Critique Mini-Série) Un pur hommage nostalgique plutôt qu’une suite légitime …

SYNOPSIS : Malcolm et sa fille sont entraînés dans un chaos familial lorsque Hal et Lois exigent leur présence à leur fête organisée à l’occasion de leur 40ème anniversaire de mariage.

Alors que certaines séries cultes comme Scrubs ou Firefly s’apprêtent à renaître, et que Buffy contre les vampires semble définitivement appartenir au passé, Malcolm ouvre à son tour la voie des résurrections. Mais ici, pas de retour durable (du moins, à priori) : il s’agit d’un revival court, en quatre épisodes, presque pensé comme un téléfilm découpé. Porté par la nostalgie du casting originel et de sa fan base, ce comeback propose une idée de départ pertinente : Malcolm, désormais adulte, a choisi de s’éloigner de sa famille, qu’il considère comme responsable de ses excès et de ses colères et lui cache depuis des années être le père d’une jeune fille. Pourtant, l’insistance de Hal et Loïs pour célébrer leurs quarante ans de mariage le contraint à revenir. Une base narrative prometteuse, qui peine malheureusement à tenir ses promesses.

Le premier défaut de ce revival réside dans son format. Quatre épisodes ne suffisent pas à développer une intrigue solide ni à approfondir les évolutions des personnages. Le récit se contente alors d’un survol, privilégiant les retrouvailles et les clins d’œil au détriment d’une véritable construction narrative. Les apparitions se multiplient, offrant une galerie de cameos de personnages vivants ou décédés qui raviront les fans de la première heure, mais qui restent frustrants tant ils sont fugaces. Ce retour donne davantage l’impression d’un pur hommage nostalgique que d’une suite légitime. Le spectateur est invité à reconnaître des visages, à se remémorer des dynamiques passées, mais rarement à s’investir dans une nouvelle histoire. Cette accumulation de références, bien que plaisante, agit comme un écran : elle masque le manque d’idées réellement nouvelles. On survole ces quatre épisodes avec un plaisir très relatif, sans jamais être véritablement impliqué, comme si nous étions à bord d’un petit train touristique. L’absence de Erik Per Sullivan, interprète emblématique de Dewey, participe également à ce sentiment d’incomplétude. Remplacé par Caleb Ellsworth-Clark, le personnage reste totalement en retrait, n’apparaissant que brièvement à distance, par écran interposé. Un choix qui empêche toute véritable réappropriation du rôle et accentue l’impression d’un retour partiel, presque inachevé.

Au-delà de sa structure fragile, ce revival souffre surtout d’un manque d’énergie et d’humour. Là où la série originale brillait par son rythme effréné et ses gags mémorables, ces nouveaux épisodes peinent à faire rire. Les situations manquent de mordant, et l’écriture semble davantage tournée vers la nostalgie que vers la création de moments comiques forts. Disney oblige, certains choix narratifs, notamment liés à l’évolution des personnages secondaires, paraissent purement politiques, inutiles à l’intrigue et donc artificiels. Ces éléments hypocrites, bien que relativement « discrets », donnent le sentiment d’un cahier des charges, sans réelle intégration organique dans le récit (coucou Kelly, et Stevie qui semble être devenu la mule inclusive en 2026) ; on ne pensait pas avoir à se farcir ce genre de parti pris dans Malcolm, encore moins pour un retour en one shot qui n’a pas vocation à lancer une suite. Du côté des autres personnages, la série reste globalement fidèle à elle-même. Loïs apparaît plus apaisée, offrant une variation intéressante de son tempérament explosif, tandis que Hal et Malcolm bénéficient des développements les plus marqués. Toutefois, l’épisode 3 centré sur les névroses de Hal, peine à captiver et occupe bien trop de temps en facéties plates, ennuyeuses et inutiles. Parmi les nouveaux venus, Leah (la fille de Malcolm) et Kelly occupent une place importante, sans pour autant réussir à s’imposer pleinement. Même le dernier épisode, pourtant riche en retours et censé être le point culminant émotionnel, ne parvient qu’à moitié à atteindre son objectif. Malgré une volonté évidente de rendre hommage, notamment à travers la mise en avant de Hal, l’émotion reste contenue, comme bridée par un manque de profondeur.

Au final, ce retour de Malcolm laisse une impression mitigée. Sans être désagréables, ces quatre épisodes relèvent davantage du caprice et de l’anecdote que de la véritable continuation. Ils oscillent entre plaisir des retrouvailles, frustration face au manque de substance et légère déception quant à l’absence d’ambition. Ce revival ne trahit pas la série originale, ce qui constitue déjà un point positif. Mais il échoue à justifier pleinement son existence, donnant le sentiment d’un projet motivé avant tout par la nostalgie du casting originel plutôt que par une réelle nécessité créative. L’absence d’un générique complet est aussi regrettable pour un tel retour évènementiel, les petits plats n’ont vraiment pas été mis dans les grands pour nous faire revivre les sensations d’antan. Une vitrine animée, presque un mausolée, certes un minimum agréable à parcourir, mais qui semble déjà recouverte d’un léger voile de poussière, incapable de retrouver l’éclat et la vitalité qui faisaient autrefois tout le sel de la série. A peine regardée, déjà oubliée. Est-ce que nous souhaiterions une suite ? Non, définitivement non.

Crédits : Disney Plus

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