Critiques

PECHERESSES (Critique Saison 1) Série rare et précieuse…

 

Cassidy, rebelle de 17 ans, se fait virer de la caravane familiale pour avoir posté des vidéos sur un site de camgirls alors qu’elle est encore mineure. Sa mère l’inscrit dans un internat catholique pour la punir : Cassidy doit se racheter une conduite en s’intégrant dans ce pensionnat aux règles strictes. Pour la première fois, Cassidy va se faire de vraies amies. Mais elle va aussi renouer avec la religion, tomber amoureuse d’une aspirante novice, faire entrer un garçon dans le foyer et surtout y installer la fibre, ouvrant la boîte de Pandore : Internet.

Charlotte Sanson avait déjà grandement marqué les esprits avec la remarquable Les 7 vies de Léa sur Netflix en 2022. Pécheresses est un projet qu’elle avait déjà écrit il y a une quinzaine d’années tant les sujets qu’on y traite lui tiennent à cœur. Elle l’a depuis fait évoluer pour un résultat à l’écran particulièrement réussi, avec un rythme puissant du fait notamment de son format dynamique de 26 minutes mais aussi grâce un savant mélange des genres, oscillant entre le comique burlesque, le cartoon, des moments plus graves et surtout une constante tendresse. L’autrice maîtrise son sujet et aime ses personnages, c’est comme une infusion permanente, évidente. Pécheresses, c’est un plein d’énergie, une vraie belle culture pop. On se marre et on kiffe leurs générosités, leurs vraies pudeurs et leurs fausses naïvetés. C’est tout le temps hyper punchy, haut en couleur, dans l’air du temps avec une fraicheur décoiffante, en n’oubliant jamais d’être sensible et généreux.

La série explore les multiplies questionnements identitaires et sacrément contemporains de la difficulté d’être une jeune femme aujourd’hui. Cette bande de meufs que rien n’arrête se déploie ici dans un exemple fort et inspirant des vertus de l’amitiés féminine et semble nous dire à quel point ensemble on va plus loin. Cassidy et ses amis vont collectivement traverser les folles épreuves des amours contrariées, de la recherche d’identité, du poids de la religion, du cyberharcèlement et encore plein de mésaventures rocambolesques, tournées, jouées et filmées avec un engagement constant et un dynamisme qui se ne dément jamais. Tout est bienveillance dans la série, pour ne pas heurter, demeurer toujours juste, et le vecteur de la comédie en est un ressort particulièrement efficace. Mais avec clairement des passages plus graves, qui deviennent de fait d’autant plus prenants. Si l’autrice déplie les thèmes tels qu’elles les voient, c’est aussi et surtout une grande justesse qui guide l’entreprise, tant il existe comme une salutaire dédramatisation, qui à l’heure du simplificateur jetable fait drôlement du bien.

Surtout à l’heure de l’insupportable rouleau compresseur de la stigmatisation de la jeunesse, qui serait soit assignée à s’abêtir constamment devant son écran soit passerait son temps à faire preuve de violence !! Ici, la jeunesse est filmée pour ce qu’elle est, sensible, généreuse, se questionnant, donnant de l’espoir, et juste c’est de la vie, et c’est parfait ainsi. Pècheresses est une série qui respire bon la sincérité et s’érigerait presque en contrepoint d’une fatigante et grossière stérile polarisation. Pècheresses, c’est aussi beaucoup une histoire de mise en scène. Hyper rythmée et colorée, on est sans arrêt embarqués. Le récit s’adapte pleinement au format des 26 minutes, qui clairement favorise le total binge watching. Ultra moderne et même surement en avance sur son temps, c’est une force majeure de la série.

Au casting, c’est une véritable bande de potes qui se déploie à l’écran. Force du groupe, puissance de la sororité et un évident engagement crèvent l’écran. Léonie Dahan-Lamort met toute la complexité et les nuances au personnage de Cassidy pour apporter une sensibilité très forte dans une interprétation qu’on n’oublie pas. Ninon François haute en couleurs, Rita Benmannana dans une forme de retenue très juste, Lou Seriot dans la force de ses hésitations, Mireille Herbstmeyer faussement flippante, et toutes les autres, mais vraiment toutes les autres, qui viennent apporter une immense vitalité à l’ensemble de l’œuvre. Au final, Pécheresses se regarde vite et avec beaucoup de plaisir. Série rare et précieuse dans le décor hexagonal , à voir et à soutenir !

Crédits : Ciné+ OCS

Laisser un commentaire