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SYNOPSIS : À 36 ans, Loulou vit avec insouciance entre un boulot de vendeuse dans une boutique indienne et sa relation avec son fils de dix ans, Alex, dont elle partage la garde avec son ex-compagnon. Alors que ce dernier a reconstruit un foyer stable, Loulou galère pour joindre les deux bouts et ne sait pas comment être une mère «normale». Quand Alex lui avoue qu’il préfère passer ses vacances avec son père et sa belle-mère, elle se met en tête de le reconquérir en lui offrant un voyage inoubliable dans les châteaux de la Loire. Le problème c’est qu’elle n’a ni l’argent, ni le permis ! Ses amis de toujours, Marie, Alice et Max, entreprennent de l’aider…
Disponible depuis peu sur arte.tv, le téléfilm Loulou débarque ce 2 février à la télévision sur Arte. Si le programme vous semble familier c’est normal, il existe en effet une série courte du même nom dont les deux saisons furent diffusées entre 2017 et 2018. Vous l’aurez compris, il s’agit bien d’une suite. Ici toutefois pas de nouvelle saison mais un téléfilm d’1h20. Pour rappel chaque épisode des précédentes saisons durait entre 5 et 6 minutes, c’est donc un grand saut pour Loulou que de proposer une narration de cette envergure qui contrairement aux épisodes raconte dorénavant une seule et grande histoire. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le pari est réussi haut la main.
D’abord parce que cette suite est absolument fidèle au ton et aux personnages qui ont fait les belles heures (aussi courtes soient-elles) de la série d’origine. Ensuite parce que le changement de format se fait si naturellement que c’est un non-sujet. Pour celles et ceux qui n’auraient jamais regardé le format court, ce dernier racontait la grossesse (saison 1) de Loulou puis l’éducation (saison 2) de sa progéniture à travers des tranches de vie. Nous pourrions d’ailleurs résumer Loulou comme cela : des tranches de vie en famille et entre amis dans différents environnements du quotidien avec un ton décalé qui lui est propre. Loulou c’est avant tout rafraichissant. Il faut dire que Loulou en tant que personnage est très drôle mais aussi qu’elle est bien entourée. Ses ami(e)s Marie, Alice et Max sont de joyeux lurons toujours là pour la soutenir quitte à la propulser dans des situations farfelues comme ce fameux rassemblement de druides dont vous aurez l’occasion de vous délecter dans le téléfilm (mais on repense aussi au shooting photo déguisé un poil farfelu ou encore à la baby shower des précédentes saisons).
Toujours aussi impulsive, Loulou a une vie en zigzag, élevant son fils dont elle partage la garde avec son ex Marcus, en faisant certes du mieux qu’elle peut mais aussi en composant avec peu de ressources (financières du moins, car pour le reste de la ressource elle en a) et peu de maturité à son actif. On prend plaisir à voir ce que les personnages deviennent, à constater qu’ils ne perdent ni leur fougue, ni leurs pitreries et à retrouver les thèmes qui étaient chers à la série, même si étonnamment le chant est une thématique qui a été laissée de côté alors qu’il semblait pourtant faire partie intégrante du personnage de Loulou. Relié aux rêves d’avenir du personnage (on se souvient notamment de la séquence qui clôturait la seconde saison) nous pourrions peut-être voir dans cette disparition une forme de maturité, Loulou avançant enfin sur des projets plus concrets plutôt que de s’accrocher à une passion potentiellement chimérique. Après il y a maturité et « maturité »…
En effet Loulou, délurée mais combative lorsqu’elle s’en donne les moyens, va se retrouver à accomplir des choses certes plus tangibles (passer son permis de conduire et tenter de s’occuper de son fils) mais cela se fera toujours dans un capharnaüm des plus complets avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête dont l’origine est toujours elle-même. C’est ainsi l’un des postulats du téléfilm puisque Loulou, sans permis et sans le sou, promet à son rejeton de l’emmener passer un bout d’été en vadrouille à visiter les châteaux de la Loire. Commence alors un apprentissage accéléré du permis de conduire afin de l’obtenir avant la date fatidique du départ en vacances. C’est un talent à part entière que de se mettre systématiquement à ce point dans la mouise, un talent qui habite le personnage depuis le début de la série (on se souvient de la recherche de la boite de curry…). On s’en repaît allègrement.
Rythmé, le téléfilm est aussi adroitement écrit. Il ne fait pas vraiment grandir ses personnages mais en même temps au fond personne ne souhaite qu’ils grandissent car ce serait leur dire au revoir. Hormis peut-être un peu pour Loulou qui se met souvent dans des situations gênantes et abracadabrantesques. Cela ne signifie pas que nous souhaiterions qu’elle change. Comme elle le dit très bien on peut toujours essayer de s’améliorer, et c’est ce que racontent toutes ces tranches de vie, sincères et fidèles à la vie réelle. Ici personne ne devient « adulte » du jour au lendemain après une prise de conscience, le chemin est perpétuel et Loulou arrive autant à décevoir le spectateur qu’à le contenter dans ses choix et réactions.
Vous l’aurez compris c’était un plaisir de découvrir cette suite qui nous l’espérons donnera lieu à une autre fournée (sous forme de téléfilm ce serait encore mieux car le format fonctionne bien et raconte plus profondément les choses) dans quelques années. Suivre tout ce petit monde au fil des ans est une bouffée de fraîcheur et de réconfort alors pourquoi s’arrêter là ?
Crédits : Arte
Catégories :Fiction Unitaire








































































































































