Critiques

PISTE NOIRE (Critique Mini-Série) Un thriller glaçant à laisser infuser…

SYNOPSIS: Les Alpes, majestueuses, la neige immaculée. Un skieur dévale les pentes, défiant la gravité, flirtant avec ses limites. Il fonce dans l’immensité blanche. A l’Isba, le plus bel hôtel de la station des Clairies, on fête la victoire de Boris, le champion de descente, enfant chéri du pays. Au pied de la station, dans un campement de fortune, une caravane brûle, enfermant dans ses flammes un saisonnier mal logé.  Emilie, jeune gendarme de la SR de Lyon, va mener l’enquête dans les coulisses meurtrières d’une station de ski où elle a passé sa jeunesse.  

Certaines séries ne se donnent pas d’emblée et nécessitent qu’ont leur accorde un minimum de confiance. Besoin de laisser infuser une intrigue qui prend son temps à se mettre en place, dont le rythme n’est pas immédiatement prenant et qui peut créer comme un mouvement de recul auquel il serait dommage de se laisser aller après l’épisode introductif de la mini-série Piste Noire. Produite par Charline de Lépine (Les Hommes de l’ombre), réalisée par Fred Grivois (La résistance de l’air, L’intervention, Trauma...) écrite par un pool d’auteurs (Jennifer Have, Anne Peyrègne, Monica Rattazi, Robin Barataud, Sylvain Saada, Pierre Delorme) et une distribution portée par un tandem inattendu mais immédiatement crédible composé de Constance Labbé et Thibault de Montalembert, Piste noire donne très vite des gages de qualité mais son premier épisode dégage une certaine lenteur qui manque d’un cheveu d’être rédhibitoire malgré de réelles qualités narratives. Pour notre part, il aura fallu attendre le terme de cet épisode et son cliffhanger très habile pour être entrainé par l’ensemble du train, avec ensuite des volets pleins d’une tension qui monte crescendo, une vraie intelligence dans les dialogues et des interprètes qui donnent de l’intensité et du corps à une histoire sombre et torturée.

Piste Noire finit par s’imposer comme une proposition assez classique certes, mais dotée d’un univers singulier et du regard d’un  metteur en scène qui sait donner à son propos du corps et qui parvient à faire monter l’angoisse d’un cran à chaque nouvelle révélation. Profitant des magnifiques paysages à sa disposition, de cette ambiance glaciale propice à un récit qui fait frissonner, le réalisateur franco-canadien tire le meilleur de scénarios qui manquent d’une unité de ton, la faute sans doute à la multiplicité d’auteurs à l’écriture. Malgré cela, on notera entre autres subtilités ce dialogue sibyllin de Thibault de Montalemebert sur sa détestation de l’odeur des brûlés qui trouvera son explication quelques épisodes plus tard. Piste Noire, outre d’être formellement irréprochable, nous permet de passer par tout un panel d’émotions et de nous laisser même K.O à certaines avancées du récit.

Série atmosphérique, Piste Noire bénéficie d’une distribution éclectique notamment pour les personnages secondaires  qui a le mérite de ne pas recaster toujours les mêmes visages aussi talentueux soient-ils, amenant une fraicheur non négligeable quand les thrillers sont légion à la télévision française. Hélène Seuzaret, Pierre-Yves Bon, Déborah Krey sont parfaits de bout en bout, les toujours impeccables Christiane Millet (qui distille une émotion palpable) et Christian Rauth (d’une dureté à toute épreuve) forcent le respect, la profondeur et le mystère de Dimitri Storoge et la nature irrésistible de Solène Rigot qu’on avait adoré dans Orpheline (2016) offrent quelques personnages réellement très réussis. Pèle-mêle, on retiendra en plus de ce beau casting, une violence sèche assumée, un sound design formidable en fin d’épisode 4 créant une ambiance anxiogène au possible, une héroïne dont l’homosexualité est traitée d’une manière parfaitement naturelle et subtile et une mise en scène inspirée (en dehors d’un abus de ralentis pas forcément nécessaires). Pour conclure, il nous faut redire la qualité d’interprétation de Constance Labbé, dont le tempérament réjouissant trouve ici son acmée. Elle est impeccable tant dans l’émotion que dans sa méticulosité de flic. Accompagnée par un Thibault de Montalembert de gala, impeccable en gendarme casse couilles et pète sec, qui de Dix pour Cent à L’absente continue un parcours parfait, ils forment un duo extrêmement séduisant. Piste Noire, un peu dans l’esprit de Hors Saison l’an dernier, ne détonne peut-être pas par son originalité mais si on s’y laisse prendre, ce thriller glaçant est une belle réussite.

Crédits : France 2 / Macondo

 

 

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