Critiques Cinéma

M3GAN (Critique)

SYNOPSIS: M3GAN est un miracle technologique, une cyber poupée dont l’intelligence artificielle est programmée pour être la compagne idéale des enfants et l’allié le plus sûr des parents. Conçue par Gemma, la brillante roboticienne d’une entreprise de jouets, M3GAN peut écouter, observer et apprendre tout en devenant à la fois l’amie et le professeur, la camarade de jeu et la protectrice de l’enfant à qui elle est liée. Quand Gemma devient tout à coups responsable de sa nièce de 8 ans, Cady, dont les parents sont soudainement décédés, elle n’est absolument pas prête à assumer son rôle. Débordée et sous pression au travail, elle décide de lier son prototype M3GAN à la petite fille, dans une tentative désespérée de résoudre ses problèmes sur ces deux fronts. Une décision qui va entrainer d’épouvantables conséquences. 

Avec son design enfantin et terrifiant, son nom cryptique et sa voix désincarnée, la fameuse M3gan aura vite fait de devenir une figure de proue de la nouvelle collaboration entre les studios Blumhouse (celui de Jason Blum – à qui on doit notamment Insidious, American Nightmare, Paranormal Activity, la nouvelle trilogie Halloween ou plus récemment le Black Phone de Scott Derrickson) et Atomic Monster (fondé par le réalisateur et scénariste James Wan, et berceau de la saga Conjuring). Sorte de relecture moderne et high-tech du mythe de la poupée démoniaque, le nouveau film de Gerard Johnstone (bénéficiant des plumes d’Akela Cooper et James Wan lui-même) débarque dans l’obscurité de nos salles de cinéma française en cette fin 2022, alors que les américains devront s’armer d’une poignée de jours de patience pour découvrir la nouvelle face de l’horreur made in USA de l’autre côté du Nouvel An. M3gan suit la jeune Cady, 8 ans, seule rescapée d’un accident de voiture terrible qui a tué ses parents sur le coup. Sa jeune tante, Gemma, obtient la garde imprévue de sa nièce alors même qu’elle est rattrapée par une deadline primordiale au sein de l’entreprise robotique où elle travaille. La complicité entre Cady et Gemma tardant à se dessiner, l’ingénieure décide de présenter à son patron le prototype au potentiel révolutionnaire sur lequel elle travaille en secret depuis des mois. M3gan, désormais en phase de tests, va se joindre à la petite famille improvisée dans le but de tisser des liens avec la petite fille et de l’accompagner émotionnellement dans sa phase de deuil… L’expérience prendra un tournant étonnant lorsque l’IA de M3gan se connectera plus que prévu avec Cady – et avec la mission pour laquelle elle est initialement programmée.



Un concept qui évoque en grandes lignes les belles et sanglantes heures de Chucky, et une renaissance saupoudrée de propos social sur les avancées technologiques intrinsèques à la société moderne (celle notamment de l’hyperconnectivité dès l’enfance), M3gan est une proposition qui – si elle sent pourtant le déjà-vu à plein nez – surprend dans son déroulé. En débutant façon drame familial next gen dans un futur très proche, Cooper et Wan conçoivent un scénario étonnamment intimiste, qui prend le temps de se poser autour de ses personnages pour que le spectateur ait le temps de les scruter avec l’empathie dont ils ont cruellement besoin, et qu’ils échouent à se donner mutuellement.

L’arrivée d’abord salvatrice de M3gan dans la maison de Gemma sert en premier lieu de matière thématique à son récit de SF, laissant des indices sur la bascule du film sans pour autant céder à l’appel de l’horreur. Loin d’être timide, le film sait plutôt se montrer économe, laissant l’épouvante glisser en filigrane par le hors-champ ou par la suggestion. C’est uniquement dans son dernier tiers que M3gan se lâche, basculant dans le pur spectaculaire et ses plus bas instincts slasher-esques. Les réflexions sociétales et l’échelle intime du récit s’effacent brusquement au profit d’un excès de zèle gonflé aux punchlines cheesy et aux raccourcis scénaristiques. Le bon élève se transforme en monstre assoiffé de grand spectacle, au prix de sa modeste subtilité première. M3gan, sans pour autant être un four total, se déséquilibre lui-même dans son virage final, ne lui retirant pourtant pas ses jolies réussites et son atmosphère inquiétante habilement distillée tout au long du film.



Bénéficiant d’un beau casting – la jeune Cady est incarnée par la talentueuse Violet McGraw, présente dans le The Haunting of Hill House et le Doctor Sleep de Mike Flanagan, alors que Gemma prend le visage d’Allison Williams, la Rose Armitage de Get OutM3gan se présente comme une proposition rafraîchissante (à défaut d’être originale) qui place son contexte dans un futur proche où l’Intelligence Artificielle pourrait combler les trous qui gangrènent nos relations sociales. La connexion entre Cady et M3gan sert alors de catalyseur à l’intrigue, mettant en exergue dans ses thèmes principaux le besoin affectif, la violence du deuil et la pureté d’une IA qui perd la notion de l’humain en tentant de le copier. Ces questions ne font pas pour autant du film une révolution (à l’image de son invention éponyme), mais tissent suffisamment ses idées centrales pour construire pièce par pièce un bon moment, certes déséquilibré, mais principalement attachant. Attachant à l’échelle d’une poupée sanguinaire, bien entendu…

Titre Original: M3GAN

Réalisé par: Gerard Johnstone

Casting : Allison Williams, Violet McGraw, Ronny Chieng …

Genre: Epouvante-Horreur, Thriller

Sortie le: 28 Décembre 2022

Distribué par: Universal Pictures International France

BIEN

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