Critiques Cinéma

AVATAR (Critique)

SYNOPSIS: Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l’atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des  » pilotes  » humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l’ADN humain avec celui des Na’vi, les autochtones de Pandora. Sous sa forme d’avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d’infiltration auprès des Na’vi, devenus un obstacle trop conséquent à l’exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na’vi, sauve la vie de Jake… 

A l’approche de l’évènement tonitruant que constitue l’arrivée du deuxième tant attendu volet de la Saga Avatar savamment confectionnée par James Cameron, le premier opus est bien entendu redevenu le centre de la discussion, au sein de la critique ciné comme au cœur des sphères des réseaux sociaux. Avatar n’est presque plus un film aujourd’hui, en 2022. C’est un sujet de société, rentré dans l’inconscient collectif comme l’expérience cinématographique la plus importante de ce début de siècle, ou au contraire comme une coquille vide scénaristique qu’on aurait soi-disant toutes et tous déjà oublié. Prenons-en pour preuve la blague préférée de Twitter au sujet du film, qui suggère que personne ne se souvient des noms de ses personnages en dehors de Jake et Neytiri (au passage, n’hésitez pas à demander à n’importe qui de citer un protagoniste de Titanic, autre que Jack et Rose ; il n’est pas certain que l’on vous réponde sans hésitation). Avatar est devenu le sujet chaud par excellence dans cette communauté cinéma, si bien qu’on ne parle presque plus du film. Parce que s’il y a en effet quelque chose que tout le monde a oublié dans cette histoire, c’est qu’il y a 13 ans, James Cameron a changé la face du cinéma avec des bonhommes bleus.



Au cas où votre dernier visionnage d’Avatar remonte à la sortie du film en 2009, replaçons le contexte. On suit Jake Sully, vétéran de la Marine ayant perdu l’usage de ses jambes au combat. Lorsque son frère jumeau décède, il est appelé à rejoindre la lune éloignée de Pandora pour le remplacer – partageant le même génotype que son défunt frère. Sa mission : se connecter à un avatar – un corps artificiellement conçu selon les caractéristiques physiques des humanoïdes natifs de Pandora, les Na’vi – afin de se lier avec le peuple local. L’objectif du Colonel Quaritch – responsable de la sécurité humaine sur place – est de glaner des renseignements sur les Na’vi afin de pouvoir les déloger et récupérer les minerais rares enfouis sur les terres habitées de Pandora. Jake va se retrouver tirailler entre sa mission et son attachement au peuple Omaticaya qu’il rencontre sur place, surtout lorsqu’il tombe sous le charme de Neytiri, la fille du chef du clan. Si l’on peut accorder un point aux détracteurs d’Avatar, c’est bien l’aspect particulièrement simpliste de son scénario, reprenant les tropes classiques de ce genre de récit. Mais il semble cependant réducteur de résumer Avatar ainsi, tant la trame du film ne représente que la structure d’un gigantesque spectacle visuel et narratif qui se doit de dépasser ces carcans théoriques. Par le travail colossal sur l’immersion, c’est à un autre niveau de cinéma que Cameron tente d’accéder. Après les révolutions formelles opérées dans ses Aliens, Terminator 1 et 2, The Abyss et bien entendu Titanic, c’est un écosystème et une civilisation toute entière que le metteur en scène bâtit – à l’intérieur de l’écran, mais également à l’extérieur.



Le projet Avatar, si cher à James Cameron, aura mis des décennies à arriver à terme. Attendant d’avoir à portée les capacités technologiques nécessaires à son histoire, le réalisateur a construit avec ce film-palier un nouveau mètre-étalon des avancées visuelles et des faisabilités techniques sur grand écran. Faisant réémerger la 3D pour la faire basculer à échelle globale pendant de nombreuses années, tout en réinventant totalement la Performance Capture pour concevoir toute sa galerie de personnages générés par ordinateur, on ne compte même plus les bouleversements cinématographiques apportés par Avatar, qui propose à son époque bien plus qu’un simple film. C’est à un spectacle inédit qui déborde littéralement de l’écran que le public assiste, projetant dans les décors luxuriants de Pandora, l’aspect colossal des combats, la bande-originale mythique de James Horner et dans ses positionnements écologiques la marque d’un grand moment marquant de cinéma. Mais sous les Avatars se cachent surtout des comédiens extraordinaires, qui sont parvenus avec une aisance folle à faire oublier l’humain derrière le Na’vi. On pensera surtout à la magistrale Zoe Saldana (son interprétation tire encore et toujours des frissons dingues) et aux impressionnants Laz Alonso, CCH Pounder et Wes Studi. Du côté humain, Sam Worthington rentre impeccablement dans la peau double de Jake Sully, tiraillé entre ses deux mondes. On retrouve également la toujours géniale Sigourney Weaver, ainsi que les alliés Joel David Moore et Michelle Rodriguez, face aux bad guys campés par le terrible Stephen Lang et le détestable Giovanni Ribisi.



Révolution technique, spectacle visuel gargantuesque, création démiurgique et œuvre d’une génération, Avatar a dépassé le cadre à l’image de sa 3D. Si ses défauts et imperfections scénaristiques l’empêchent un peu d’être le « film ultime », James Cameron a tout de même signé en 2009 une des expériences cinématographiques les plus importantes de l’histoire – même si l’on viendra vous asséner le contraire pour x ou y raison. Mais ce qu’il semble surtout nécessaire de retenir dans le mythe Avatar, c’est bel et bien son aspect visionnaire – que ce soit dans son travail des textures, de l’animation, des mouvements, de la faune et la flore, de la langue Na’vi et de leur culture ou de la construction de chaque plan. Chaque détail est abordé avec précision et passion, si bien qu’on ne doute à aucun moment de la crédibilité de ce peuple et de leurs coutumes. James Cameron a créé un Monde dans un Monde, une planète dans le box-office (qui demandera l’arrivée et l’association des Avengers 10 ans plus tard pour être dépassé), un mythe et un émerveillement total aussi immersif que fascinant. Bref, Avatar, quoi qu’on en dise, reste un monument de cinéma tel qu’on en vit très rarement. Il nous tarde alors d’ENFIN pouvoir découvrir la tant espérée suite de la Saga pour, ne serait-ce qu’un peu, avoir un nouvel aperçu du futur. Parce que James Cameron n’est plus un cinéaste, il est un marchand de rêves éveillés, restés il y a 13 ans sur Pandora, et que le monde aurait bien besoin de retrouver.

Titre Original: AVATAR

Réalisé par: James Cameron

Casting : Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver …

Genre: Science fiction, aventure

Date de sortie: 16 Décembre 2009

Distribué par: The Walt Disney Company France

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