Critiques Cinéma

SHARK BAY (Critique)

SYNOPSIS : Des étudiants en plein Spring Break au Mexique prolongent la fête en Jet Ski au petit matin. Une violente collision les immobilise en mer et blesse gravement l’un d’eux. Ils tentent de rejoindre la côte mais des prédateurs rôdent dans les eaux souterraines…

Depuis Les Dents de la Mer de Steven Spielberg et toutes ses suites/ersatz plus ou moins dignes de l’original, autant dire qu’on a mangé du film de requin à toutes les sauces. Façon blockbuster estival, saga nanardesque au possible ou encore parodie aquatique : bref, le squale est essentiellement une figure majeure de l’industrie du survival, au même titre que le tueur masqué ou le dinosaure. Et quand il n’est pas au service d’une relecture délurée sur les plages françaises dans l’inventif L’Année du Requin des Frères Boukherma (en salles depuis quelques jours), le gros poisson pointe le bout de ses dents aux abords des plages américaines dans Shark Bay. Le film s’ouvre sur une bande de jeunes profitant sobrement de leur spring break. Toute l’imagerie de la beuverie et de la beauferie américaine y passe en quelques images rassurant d’office le spectateur à la recherche d’absence de prise de tête. On est bien dans un typique teen-movie au budget minuscule et aux personnages quasiment vidés de toute substance par une suite de dialogues particulièrement creux. Pourtant mis en garde par un « mystérieux vieil homme en chaise roulante » de la présence de requins dans l’océan, les jeunes – qui, vu les bonnes idées qu’ils enchaînent pendant les 20 premières minutes du film, ne sont pas là pour fêter l’obtention d’un quelconque diplôme universitaire – décident de voler deux jet-skis et de partir à l’aventure. Alors qu’ils jouent à se foncer dessus à pleine vitesse (?), un accident coupe instantanément leur bonne humeur. Avec un blessé sur les bras et des véhicules qui ne démarrent plus, le groupe est contraint de trouver un moyen de survivre et de rejoindre le rivage. Et tout se compliquera encore plus quand un requin s’en prendra à eux…



Shark Bay, par son pitch ringard au possible et son groupe de figures caricaturales (avec l’habituel triangle amoureux, sujet de prédilection des jeunes sur le point de se faire croquer par un requin affamé), évacue toute la sobriété et la finesse du genre du survival, pour se concentrer sur la tension et l’action mise en place dans un décor ultra-minimaliste. Avec l’eau bâtissant un huis-clos de fortune autour de nos personnages se battant pour survivre, le film consiste maladroitement en une succession de mauvaises décisions uniquement présentes pour provoquer la suite du scénario, ou de scènes de dialogues insipides qui donnent très envie que le squale dévore les protagonistes sur le champ.

Et pourtant, Shark Bay réussit à proposer quelques instants de survie assez efficaces malgré son installation très claudicante. Lorsque le film se focalise sur son héroïne, campée par Holly Earl, et sur les stratagèmes qu’elle essaye de mettre en place et des pistes qu’elle suit pour tenter de se sortir de cette inconfortable situation, il parvient à nager relativement convenablement dans les eaux du film de survie au concept rétréci, arrêtant de prétendre être un slasher movie avec 5 personnages à zigouiller tout au plus.



Mais Shark Bay reste globalement un survival lourdingue et lésé par sa tonne de clichés qui le tire par le fond, un slasher nautique qui ne slashe pas beaucoup en préférant crier au requin. Le casting imparfait a bien du mal à faire quelque chose de leurs dialogues malhabiles et souvent hors de propos qui aplatissent le ton du film pour ne jamais en révéler les vrais enjeux. En résulte un produit clairement oubliable qui prend l’eau de toute parts, mais dont on lui admettra au milieu de tout ça quelques instants de survie assez convenables qui viennent hausser le niveau global et donner un tant soit peu de consistance à son héroïne, sans grand doute le personnage le plus sauvable de cette bande de jeunes de série B.

Titre original: SHARK BAIT

Réalisé par: James Nunn

Casting: Holly Earl, Jack Trueman, Catherine Hannay

Genre: Thriller, Action

Sortie en VOD le: 08 Juillet 2022

Distribué par : Originals Factory

PAS GÉNIAL

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