Critique Blu-Ray

POST MORTEM (Critique Blu-Ray)

SYNOPSIS: Hongrie, 1919. Miraculeusement revenu du front, Tomas exerce comme photographe post mortem dans une foire itinérante : à la demande des familles, il immortalise les défunts en recréant l’illusion de la vie par de savantes mises en scène. Alors qu’il vient d’arriver dans un village lourdement endeuillé, il est saisi par les révélations de la jeune Anna :  le village serait hanté par des spectres mystérieux et terrifiants…

Troisième long-métrage de Péter Bergendy, Post Mortem était présenté en compétition au Festival international du film fantastique de Gérardmer cette année. Selon le réalisateur, « c’est un film sur la nature humaine et le contenu de l’inconscient humain, les fantômes de notre passé. Nous parlons de vérités humaines avec un style inhabituel ». La passion du réalisateur pour le genre vient précisément du fait que celui-ci était longtemps interdit en Hongrie, ce qui justement a suscité sa curiosité. Un joli modèle de contournement d’une censure forcément crasse. De nombreuses scènes de Post Mortem  peuvent faire penser à une troublante atmosphère de tableaux successivement inquiétants. Péter Bergendy dit s’être inspiré de peintures réalistes de la fin du 19e siècle pour donner au film un atypisme, une singularité. C’est un véritable charme de l’œuvre qui permet une plongée particulièrement réaliste dans une époque, un pays, une région, un moment tragique de l’histoire où guerres et épidémies se succèdent.



Post Mortem porte une coloration glaçante, enneigée, et souvent finalement blanche comme la mort. Sans même que l’histoire ne décolle encore lors des premières minutes, un petit frisson horrifique s’installe sympathiquement. Pour le moment pas besoin de Jump scare à l’américaine pour nous faire sursauter, on flippe à l’intérieur, dedans nous… Et comme c’est plutôt ça qu’on recherche, ça tombe pas mal. Il y a le magnétisme de la photographie, de l’image qui saisit le spectateur, mais aussi une sorte de pouvoir hypnotique d’Anna qui agit avec force sur Tomas. Elle a 10 ans, mais c’est elle la patronne. Tomas passe beaucoup de temps avec des morts, qu’il réanime en les mettant en scène comme s’ils vivaient, donc forcément, il cherche un peu les embrouilles. Mais surtout, dans Post Mortem  c’est entre autre notre rapport à la mort qui est questionné. D’autant que vu le trouble de certains villageois, on se demande parfois si le vivant est mort et bien sûr réciproquement… Le frisson qui parcourt l’échine, s’il ne passe pas par le Jump scare , est mis en scène beaucoup par les cris, un peu par les images façon apparitions dans l’esprit (ou pas…) de Tomas et par une ambiance générale d’un village inquiet.



Le lien entre Anne et Tomas est chouettement et habilement tourné, leur duo est empathique et forcément comme ils sont exposés à des spectres pas très très cools et à un climat globalement bien angoissant, on a peur pour eux, et c’est choupi et mignon quand dans les moments où les spectres font leur trucs pas très sympas, Anne s’accroche au bras de Tomas. Joli diabolisme des scénaristes. Il existe parfois quelques petites facilités sur les effets visuels qui un peu forcés font au final moins peur que les multiples habiletés scénaristiques dans Post Mortem et qui n’étaient pas toutes super utiles… Tout comme la dernière partie, qui tire un poil en longueur… Le réalisateur veut jouer avec nos peurs, et y réussit sans avoir besoin de folklore superflu. Mêmes si certaines accélérations soudaines sont aussi très réussies et pleines de surprises. Viktor Klem est un Tomas très convaincant. Physique de jeune premier à la bogossitude qui dénote et détonne dans un village complètement flippé et aux habitant-e-s marquées pour ceux qui ne sont pas des fantômes. En vrai, il assure dans un mix d’émotions entre méfiance ancrée et une spontanéité très authentique face à tout ce à quoi il va être confronté. Fruzsina Hais est une Anna carrément angoissante. Elle est dans la tête de Tomas, mais totalement dans la nôtre aussi. Elle fait partie de ses enfants pour qui le jeu …. n’est qu’un jeu… Ce qui la rend évidemment convaincante tant elle incarne avec force cette petite fille qui semble nous interpeller dans une potentielle duplicité entre innocence et envahissement… Mystère…. Au final, Post Mortem remplit bien son office et les amateurs du genre se retrouveront devant ce spectacle très honnête, intriguant, horrifique sans une goutte de sang ou de surexploitation d’effets visuels parfois plus risibles qu’effrayant. Mettez le DVD ou le Blu-Ray dans la boîte et promesse de frissons garantis.

Détail des suppléments:

Entretien avec le réalisateur

Scènes coupées inédites

La conception des effets visuels




 

Titre Original: POST MORTEM

Réalisé par: Péter Bergendy

Casting : Viktor Klem, Fruzsina Hais, Judit Schell…

Genre: Fantastique, Horreur

Sortie en DVD, Blu-RAY & VOD le: 22 juin 2022

Distribué par: Condor Entertainment

BIEN

 

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