Critiques Cinéma

THE NORTHMAN (Critique)

SYNOPSIS: Le jeune prince Amleth vient tout juste de devenir un homme quand son père est brutalement assassiné par son oncle qui s’empare alors de la mère du garçon. Amleth fuit son royaume insulaire en barque, en jurant de se venger. Deux décennies plus tard, Amleth est devenu un berserkr, un guerrier viking capable d’entrer dans une fureur bestiale, qui pille et met à feu, avec ses frères berserkir, des villages slaves jusqu’à ce qu’une devineresse lui rappelle son vœu de venger son père, de secourir sa mère et de tuer son oncle. Il embarque alors sur un bateau pour l’Islande et entre, avec l’aide d’Olga, une jeune Slave prise comme esclave, dans la ferme de son oncle, en se faisant lui aussi passer pour un esclave, avec l’intention d’y perpétrer sa vengeance. 

Le réalisateur Robert Eggers a su, en deux films, comment montrer la folie au cinéma avec brio, au travers d’une mise en scène anxiogène, assez minimaliste, et une atmosphère pesante appuyées par un montage qui participe grandement à cette ambiance. Avec une histoire moins ancrée dans la folie de ses protagonistes, mais plus shakespirienne et prenant place au temps des Vikings, le réalisateur s’éloigne légèrement de son registre habituel, sans pour autant trop s’en écarter. Dans cette version violente du Roi Lion – à savoir l’histoire d’un roi tué par son frère et vengé par son fils après des années d’exil – force est de constater que The Northman s’éloigne de son homologue animé pour proposer quelque chose de beaucoup plus sombre, drainé par une tension régulière. Une tension qui parvient à être mise en scène de différentes manières, toutes complémentaires. Entre un plan séquence bien amené, une photographie misant sur la lumière naturelle qui finit par nous oppresser grâce à un scénario qui s’y prête ou un mysticisme viking intelligemment amené, tout s’agence pour que, une fois en place, la tension ne redescende jamais. Cela permet au film de ne jamais souffrir d’un manque de rythme et, avec pourtant une durée de 2h15, de ne jamais finir par lasser, dynamisé par différentes nouvelles péripéties qui poussent les personnages à de nouvelles actions, sans jamais se répéter. La quête d’Amleth est simple, son plan plus pernicieux et c’est en cela que la folie, tant affectée par Robert Eggers, finit par apparaître. Car cette fois, le spectateur ne se retrouve pas embarqué dans la folie de ses protagonistes, mais en est le témoin. Un décalage très intéressant, qui permet d’ajouter de la malice au plan de notre héros.


Les décors naturels jumelés à des images à la lumière léchée en font un beau film, quoiqu’un peu sombre au moment du final, révélant les limites de cette volonté d’éclairage. Parmi les autres points légèrement décevants du film, la musique se révèle dans une forme de décalage par rapport aux attentes. Là où, aujourd’hui, le métal est associé à l’univers viking, la bande-originale donne à quelques reprises l’impression de manquer d’une grosse guitare, privilégiant une musique plus atmosphérique, au final plus proche de l’atmosphère pesante du film, mais n’arrivant pas à imprégner un quelconque thème bien que souhaitant insuffler un réalisme d’époque.


Au niveau des prestations, Alexander Skarsgård est complètement habité par son rôle d’Amleth, dont le quasi-mutisme permet de mettre en avant l’aspect bestial de son personnage, en réelle opposition avec le personnage féminin du film, Olga, interprété par Anya Taylor-Joy. Le reste du casting n’est pas en peine, notamment Nicole Kidman dont la profondeur se révèle pendant la seconde partie du film. The northman est violent et la brutalité des vikings est mise à l’écran sans filtres et sans exagération non plus. Entre des lacérations multiples, des membres découpés ou des décapitations, tout est montré, sans pour autant être particulièrement riche en giclées de sang. Une violence qui elle aussi, assoit la tension que l’on ressent, rendant le tout d’autant plus réaliste, qu’elle finit par nous prendre littéralement aux tripes.

Titre Original: THE NORTHMAN

Réalisé par: Robert Eggers

Casting : Alexander Skarsgård, Nicole Kidman, Claes Bang

Genre: Action, Historique

Sortie le: 11 mai 2022

Distribué par: Universal Pictures International France

TOP NIVEAU

 

 

 

 

 

1 réponse »

  1. A l’heure où hollywood ne sais plus quoi recycler j’attend bcp des propositions fraiches de jeunes realisateurs. Northman est annoncé comme ce qu’aurait du être le 3ème guerrier, film d’epee ultime que devait etre ce film frankenstein de john MacTiernan (ou michael crichton, on ne sait plus trop). A te lire c’est confirmé. ..

Répondre à Blondin Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s