Critiques Cinéma

DEEP FEAR (Critique)

SYNOPSIS: Trois jeunes étudiants, fraîchement diplômés, décident de s’éclater en visitant les catacombes. Ils sont loin de se douter que leur expédition va virer au cauchemar. Sonia et ses deux acolytes, Max et Henry, tenteront d’échapper à une étrange créature qui se cache dans les entrailles de la Terre et de rejoindre la surface pour se sauver des griffes de l’Enfer.

Il y a de cela quelques mois, OCS nous proposait son premier film original : L’invitation. Nous avions pris le temps de rédiger un papier sur ce cas d’école qui nous était rapidement apparu comme un candidat méritant de remporter la palme de la catastrophe industrielle de fin d’année, et ce malgré un excellent casting qui se débattait comme il pouvait avec une histoire totalement académique, grotesque et alambiquée. OCS réitère en ce mois d’avril avec un nouvel unitaire : Deep Fear. Ce dernier n’est rien de moins qu’un film d’horreur, confirmant ainsi qu’OCS semble vouloir donner sa chance au cinéma de genre (et sur le principe, c’est une excellente nouvelle). Bienvenue en 1991, à Paris. Sonia (Sofia Lesaffre), Henry (Victor Meutelet) et Max (Kassim Meesters) forment un groupe d’amis qui souhaite passer un weekend qui change de l’ordinaire. Pour cela Sonia compte sur Ramy (Joseph Olivennes), un jeune homme qui ne semble pas la laisser indifférente. Exit la routine, Ramy leur propose d’aller visiter les catacombes, et bien entendu, pas la partie légalement ouverte au public. Malheureusement pour eux (mais heureusement pour nous, sortez les popcorns) de gros problèmes les attendent sur le chemin. Tout d’abord des skinheads, bêtes et violents certes, mais qui se révéleront peut-être finalement n’être qu’un encas visant à générer un soubresaut…et donc le cadet de leurs soucis…car quelqu’un ou quelque chose se cache dans les catacombes, quelqu’un ou quelque chose traque et tue…et il va falloir réussir à sortir des tunnels avant d’en faire les frais. Alors oui, un film d’horreur qui se déroule dans les Catacombes, ça a déjà eu lieu. Et ça s’appelait d’ailleurs Catacombes. Oui, on vous voit venir. Mais non là c’est autre chose, quand bien même le pitch apparaît similaire (et puis bon, on peut difficilement faire un autre pitch que ça).

Copyright Black Swan Tales – 2022



D’emblée on a très envie d’aimer Deep Fear. Déjà parce que l’ambiance est là, angoissante et oppressante, même s’il s’agit de passages particulièrement ciblés pour les calibrer sur ces émotions tandis que le reste du temps cela se relâche un peu, c’est globalement réussi. Ensuite parce que le casting est génial, en particulier Sofia Lesaffre, Victor Meutelet, Joseph Olivennes et les interprètes des skinheads, particulièrement menaçants. A ce niveau-là c’est un sans-faute. Bien sûr Deep Fear est une proposition assumée : des jeunes gens qui veulent chiller se retrouvent à se faire dégommer un par un par une menace non élucidée qui leur tombe dessus comme la neige après une semaine de printemps. La sensation de retrouver une vieille mécanique réconfortante, quoique largement épuisée par le passé, que nous avons à la fois aimée et détestée, a tout à fait son charme en cette année 2022. D’autant qu’ici c’est à la fois qualitatif en matière de réalisation et d’interprétation, donnant au tout une apparence homogène, maîtrisée et totalement assumée, qui n’a donc rien de risible ou de kitsch.

Copyright Black Swan Tales – 2022



Nous regretterons une chose : la durée du long métrage. Bien sûr, ce genre de sucrerie n’est pas faite pour traîner en longueur et nous supposons que le budget de production n’a certainement pas été faramineux. Oui, Deep Fear est une série B sans grande visibilité qui aurait toutefois gagné à avoir cinq ou dix petites minutes de plus à son actif pour que la dernière partie soit moins « rushée ». Il faut savoir que le film dure 1h16 (hors générique de fin) et qu’une bonne partie de ce temps est utilisée (certes à bon escient) pour introduire les personnages, le contexte vaguement historique (via notamment les skinheads) et les catacombes, avant de lancer petit à petit la réelle menace du film.

Copyright Black Swan Tales – 2022

 

Comme nous le disions précédemment, la balade dans les souterrains finit par des découvertes inattendues qui laissent largement présager que quelqu’un ou quelque chose réside sous Terre. Une fois cet antagoniste révélé et officiellement lancé à leur poursuite, tout s’enchaîne assez rapidement, nous laissant peut-être légèrement sur notre faim (bien que rassurez-vous, le film en a une de fin). Assurément totalement anecdotique pour certains, Deep Fear s’adresse surtout aux amateurs du genre ou à des personnes qui cherchent une petite frayeur un soir morose, avec des bières, entourées de leurs amis. Cela ne change pas la face du monde, cela ne marquera pas les esprits, mais c’est bien fait et cela permet fugacement de se replonger dans une narration datée qui nous renvoie directement à ce que nous regardions en masse durant nos années collège. En souhaitant à Deep Fear de ne pas rester cloisonné au fond des catacombes et d’avoir un minimum d’exposition afin de pouvoir proposer sa visite souterraine comme il se doit. A découvrir ce 20 avril sur OCS.

Crédits OCS / Copyright Black Swan Tales – 2022

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