Critiques Cinéma

LES BAD GUYS (Critique)

SYNOPSIS: LES BAD GUYS, la nouvelle comédie d’aventures de Dreamworks Animations, inspirée par la série éponyme de livres pour enfants à succès, met en scène une bande d’animaux, redoutables criminels de haut vol, qui sont sur le point de commettre leur méfait le plus éclatant : devenir des citoyens respectables.

Ces cinq compères sont tristement célèbres pour leurs aptitudes respectives au crime :

– M. Loup, le fringant pickpocket
– M. Serpent, le perceur de coffre forts blasé
– M. Requin, l’expert en camouflage au sang très très froid
– M. Piranha, le gros bras excessivement soupe au lait de la bande
– Mlle Tarentule, la pirate informatique dont les talents de hacker sont aussi aiguisés que sa langue.

Mais après des années d’incalculables méfaits, ceux qui sont devenus sans conteste les malfrats les plus recherchés du monde, finissent par se faire arrêter. Mr Loup conclut alors un marché (qu’il n’a évidemment pas l’intention d’honorer) afin de s’éviter ainsi qu’à ses compères, bien des années en prison : les Bad Guys vont devenir honorables.

Sous la tutelle de leur nouveau mentor, un cochon d’Inde aussi adorable qu’arrogant, le Professeur Marmelade, les Bad Guys sont bien partis pour rouler leur monde et faire croire à tous qu’ils ont changé. Mais ce faisant, Mr Loup commence à comprendre que faire vraiment le bien pourrait être la clef de ce qui lui a toujours manqué : la reconnaissance. Alors qu’un nouveau méchant s’en prend à la ville, va-t-il pouvoir persuader ses acolytes de le suivre sur le chemin de la rédemption et de devenir enfin des gentils ?

Les studios Dreamworks sont de retour et ne manquent pas de style. En adaptant Les Bad Guys, initialement une série de livres pour enfants, le studio passé sous le pavillon d’Universal livre une aventure sympathique et drôle, à la patte visuelle définitivement inspirée par l’animation récente. Le réalisateur français Pierre Perifel, issu de la prestigieuse école des Gobelins, avait une note d’intention très claire : faire de ce film un  » Tarantino pour les enfants « . Message très vite passé puisque sa chouette séquence d’introduction fait explicitement référence à celle de Pulp Fiction ; le couple étant ici remplacé par un duo de braqueurs, ayant l’apparence d’un loup et d’un serpent. Composé d’un loup, d’un serpent, d’un requin, d’un piranha et d’une tarentule, le gang des Bad Guys prend un malin plaisir à terroriser la population (parfois humaine, parfois animale) de leur ville pour amasser le plus gros butin possible. Lorsque le loup est pris d’une introspection sur son sens de la gentillesse, c’est tout leur écosystème qui s’écroule, eux qui, à cause de leur apparence ou des préjugés sur leur hostilité, ne peuvent pas être du bon côté de la barrière. Fatalement, on repense au Zootopie de Disney, face à cette histoire similaire impliquant des animaux.


Plus globalement, on repense à tout l’historique de la compétition entre les deux studios. Le Monde de Némo face à Gang de Requins, 1001 Pattes face à Fourmiz ou encore Madagascar face à Wild. Une époque qui ne nous manque pas vraiment et qu’heureusement, la sortie des Bad Guys ne fait pas renaître. Les deux films sont différents sur la manière de traiter les a priori de la société, et ce besoin compulsif de ne donner aucune chance aux animaux, ici, qui souffrent le plus des clichés véhiculés par la (pop-)culture. C’est en cela que le film est intéressant : oui, il est bien d’être gentil, tant pour soi que pour les autres que l’on aide et que l’on rend heureux. Mais où commence la philanthropie, et comment devient-elle un outil pour simplement manipuler les autres et briller en société? Plus important encore: la gentillesse peut-elle faire le bonheur de celui qui la propage ? Des questions en apparence complexes et l’approche offerte par le script d’Etan Cohen apporte des réponses plus fines que prévues. Avec son apparence de conte moral, on repense à la manière dont Les Croods, déjà chez Dreamworks, rejouaient l’allégorie de la caverne de Platon avec une approche ludique et colorée. Si quelques gags scatos pullulent encore, l’ensemble reste assez équilibré pour que petits comme grands puissent rire assez souvent.


On est donc plutôt contents de voir que la philosophie, si élémentaire soit-elle, fasse son retour dans un script Dreamworks. Surtout qu’à la différence d’un film des Croods, ici Les Bad Guys bénéficient d’une patte visuelle très différente de ce qui a été fait jusqu’à présent : certes, c’est toujours de la 3D, aux teintes bronzées et ensoleillées, mais mélangée à des effets 2D qui rappellent très facilement l’impact du premier « Spider-Verse » sur l’animation depuis sa sortie en 2018. Une bonne nouvelle puisque cela permet enfin au moule habituel des traits et environnements de se casser pour proposer d’autres choses, d’autres styles. Un renouveau en vue ? On l’espère. Une bonne surprise donc que ce Bad Guys : emmené par une mise en scène décontractée qui rejoue la trilogie des Oceans et la filmographie de Tarantino (la présence de Daniel Pemberton à la BO est d’ailleurs plus que plaisante), le film s’offre derrière sa vitrine de heist movie un conte moral sur la gentillesse et les préjugés qui fait du bien en dépit d’un script prévisible. Un mot pour conclure sur le casting vocal : en version originale, si Sam Rockwell et Awkwafina assurent comme d’habitude, la bonne surprise vient du comédien Marc Maron, impeccable en vieux serpent grognon qui se cache un cœur tendre. Rien que pour lui et son personnage, le film mérite le déplacement.

Titre Original: THE BAD GUYS

Réalisé par: Pierre Perifel

Casting : Pierre Niney , Igor Gotesman , Doully…

Genre: Animation, Comédie, Aventure, Famille

Sortie le: 06 avril 2022

Distribué par: Universal Pictures France International

BIEN

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