Critiques

OVNI(S) (Critique Saison 2) Brillant, tout simplement…

SYNOPSIS: Depuis que Didier Mathure a vu de ses propres yeux un ovni, il sillonne, en vain, la France à la recherche de nouvelles apparitions. Alors qu’il s’apprête à tout arrêter, un phénomène étrange se produit dans une centrale nucléaire. Un défi pour l’équipe du GEPAN, Didier, Marcel, Rémy et Véra, dépassée par ce mystère qui attise tous les fantasmes. Pour Didier, c’est sûr : une intelligence venue d’ailleurs cherche à établir le contact. Et il va tout faire pour essayer de lui répondre, à moins que Claire Carmignac du ministère de l’Équipement et de l’Énergie ne l’en empêche…

En début d’année 2021 nous avions eu la bonne surprise de découvrir la première saison d’OVNI(s), petite sucrerie estampillée Canal+ qui avait pléthore de bonnes choses pour elle mais qui s’avérait un peu plus souffreteuse lorsqu’il s’agissait de son scénario qui peinait parfois un peu à raccrocher les wagons des différentes intrigues. En ce début 2022 (saluons à ce titre le peu d’attente entre les deux saisons et donc l’efficacité de la production), c’est tout naturellement la seconde saison qui débarque sur nos écrans après les importantes révélations de la fournée précédente. Le bond qualitatif est d’ailleurs tout bonnement incroyable : tandis que la première saison était très introductive et se gardait énormément d’éléments sous le coude pour ménager le suspense et jouer avec nos nerfs, la nouvelle ouvre les valves en arrivant dans son ovnibus bourrée d’idées, de fantaisie, d’humour et de poésie, toujours avec son casting fantastique et une écriture ciselée plus redoutable que jamais. Tous les défauts de la saison précédente se retrouvent éradiqués d’un revers de main : les épisodes sont extrêmement généreux et prolongent la mythologie de façon aussi fulgurante que cohérente. Fini d’attendre à l’entrée du bac à sable pour jouer, la saison 2 est arrivée, et elle est clairement venue pour nous régaler. Retour sur une incroyable pépite qui fait figure d’exception dans notre univers télévisuel français.



Si par mégarde quelques âmes venaient à s’égarer entre ces lignes sans avoir eu la chance de voir la première saison, sachez que nous resterons volontairement évasifs afin de ne pas « divulgâcher » des éléments des épisodes précédents. Néanmoins, nous sommes bien obligés de revenir, ne serait-ce que vaguement, sur les conséquences du dernier épisode en date. Pour rappel deux évènements bien marquants s’étaient produits avant de clore la première saison : tout d’abord Didier (incroyable Melvil Poupaud) et sa vision d’une chose non identifiée, puis ensuite le cliffhanger de fin de saison qui redistribuait intelligemment les cartes. Depuis Didier sillonne la France avec Véra (incroyable Daphné Patakia) dans un ovnibus afin de trouver de nouveaux témoignages qui pourraient corroborer ce qu’il a vu et en percer le mystère. Didier est donc devenu ce qu’il méprisait autrefois. Didier est un paria. Un affabulateur. Une honte pour la science. De son côté, Rémy (incroyable Quentin Dolmaire) a quitté le GEPAN pour exercer un travail qui correspond davantage aux normes sociales acceptables et s’apprête au passage à se marier avec une nouvelle arrivée dans sa vie : Véro (Marie colomb, découverte dans la série Laëtitia, chroniquée à l’époque par nos soins). Quant à Marcel (incroyable Michel Vuillermoz) il semble filer le parfait amour avec André (Jonathan Lambert, excellent dans ce second rôle) suite à la réapparition inopinée de ce dernier qui s’était pourtant mystérieusement volatilisé. Elise (incroyable Géraldine Pailhas) refait elle aussi sa vie depuis le départ de Didier, ce dernier étant parti, comme nous l’évoquions, pour sillonner les routes ; un mode de vie qu’Elise perçoit très clairement comme farfelu et déconnecté de la réalité. L’apparition d’une barbe à papa géante (l’une des meilleures idées de la saison, son exploitation est tout aussi fabuleuse que son existence) dans une centrale nucléaire va toutefois remettre tout ce beau monde dans la même mer, mais pas dans le même bateau. Tous les coups sont désormais permis, au grand dam de Marcel qui se rend compte qu’il y a des mensonges jusque dans les publicités télévisées. Ce grand manège reste dans la même veine que précédemment : ici tout est coloré aussi bien visuellement que musicalement, votre visionnage vous donnera à coup sûr la banane.


Cette seconde saison a donc tout pour elle et en premier lieu son imagination sertie d’une étincelante rigueur. Tout est parfaitement orchestré de A à Z. Un petit élément placé ici histoire de, une petite allusion en apparence anodine diluée ici comme si de rien n’était, pour finalement que tout cela donne lieu par la suite à une sorte d’effet papillon scénaristique où chaque mot et chaque acte finit par raisonner : du génie. Bien sûr le casting, la réalisation, les décors, les costumes, les superbes compositions de Thylacine (mais quelle idée géniale d’avoir fait le choix de cet artiste tout bonnement parfait pour l’identité musicale de la série) mais aussi les autres choix musicaux (comme celui de Véra, notre cœur a fait un bond lors de la magnifique séquence où raisonne Trahison du maestro Vitalic) contribuent tous sans exception à faire d’OVNI(s) ce qu’elle est, opérant une parfaite symbiose de gens brillants, de talents brillants, d’idées brillantes au service d’une saison parfaite qui balaie tout sur son passage. Mais l’écriture et le sens du rythme restent des fondations extrêmement solides. C’est bien simple, ça ne s’arrête jamais, la tension n’a même pas le temps de retomber qu’elle est aussitôt relancée avec son lot de mystères et de retournements de situation. L’intérêt du spectateur est sans cesse abreuvé. Vous l’aurez compris cette saison nous a largement captivés. Elle s’essaie d’ailleurs à de nouvelles facéties, comme ce numéro de chant aussi incongru que délicieux sur un plateau télévisé, tout en animant une galerie de personnages sans fausse note, allant des anciens seconds rôles (l’incroyable Olivier Broche) à des nouveaux (la présence d’Alice Taglioni nous a par exemple beaucoup fait plaisir mais nous pourrions en citer plein d’autres).



OVNI(s) saison 2 est donc une leçon à tout point de vue : d’écriture, de fluidité, de rythme, de réalisation, d’interprétation, de dosage, d’équilibre…c’est assez impressionnant à souligner car rares sont les séries qui réussissent à gravir un tel palier qualitatif d’une saison à l’autre. Cela fourmille d’idées et de vie. Si OVNI(s) n’avait pas eu le droit à cette seconde saison, nous serions restés sur le bon petit souvenir de la première salve, introductive, amusante, feel good et efficace mais pas incontournable, en se demandant si les créateurs savaient réellement où ils allaient, surtout après le cliffhanger de fin de saison. Comme tant d’autres œuvres qui prennent leur temps lors de leur introduction, nous aurions pu ne jamais voir l’œuf éclore. Toutefois nous l’avons eu cette suite, et non, les créateurs sont loin d’être des escrocs. Diablement addictive et efficace, cette nouvelle cuvée emporte tout sur sa piste de décollage, ne laissant derrière elle que bonne humeur, émerveillement, émotion et jubilation. Nous espérons de tout cœur qu’une troisième verra le jour car OVNI(s) n’a dorénavant plus rien à prouver : quant à nous, à présent, nous souhaitons juste continuer à nous régaler. Brillant, tout simplement.

Crédits: Canal +

6 réponses »

  1. Scénario Cucul la praline, il faut vraiment se faire violence pour aller jusqu’au bout…. Moralité : ça ne casse vraiment pas quatre pattes à un extra-terrestre. La saison 1 était nettement mieux. David Vincent.

  2. Je sais bien que les gouts et les couleurs ne se discutent pas mais je me demande si j’ai regardé la même série ? Pour ma part c’est un véritable bijou, le scénario, la photographie, la musique et c’est humour seventies… un rare soucis du détail et des cadrages. Je trouve bien au contraire que la série est montée en puissance, que l’écriture des personnages à pris en rondeur et profondeur. On ressent le plaisir dans cette création et beaucoup d’originalité artistique à tous les niveaux. Maintenant je pense que cela ne fera pas écho pour tout le monde, mais je suis certain que, pour les personnes nées en 1970, certaines émotions raisonneront dans leur mémoire.

  3. Un bijoux, une friandise, David Vincent ne doit pas avoir regardé la même série. La saison 1 avait été fantastique. La saison est une perle rare pour une suite!

  4. On ne comprend les langueurs de la première saison que dans les deux dernières minutes de la seconde! La série est tout simplement géniale, alliant la science à l’humour; c’est ce qui s’appelle de la vulgarisation.. scénario de dingue. ON ADORE OU ON S’ENNUI…J’AI ADORÉ

  5. C’est parfois un peu « neuneu » mais aussi tellement amusant et poétique avec un décorum soigné qui sent tellement bon la fin des années 70 que ça ne me dérange pas. Bref, c’est vraiment sympa à regarder. Je trouve la saison 2 plus intéressante que la première. Melvil poupaud est fantastique et « Marcel » très cocasse.

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