Critiques

LA CORDE (Critique Mini-Série) Une fiction addictive qui ne se relâche quasiment jamais…

SYNOPSIS: Un groupe de scientifiques isolé dans une base d’observation en Norvège découvre une mystérieuse corde qui s’enfonce dans la forêt.

Déjà disponible en ligne sur arte.tv depuis quelque temps, la mini-série en trois épisodes La Corde débarque ce soir sur Arte. Adaptée du roman éponyme de Stefan aus dem Siepen par Dominique Rocher et Eric Forestier, le show repose sur un concept fort, efficace et intrigant : des scientifiques totalement isolés du monde extérieur, dans une base située au milieu de nulle part en Norvège, découvrent un beau jour une corde au sol qui semble s’enfoncer dans la forêt. La corde n’était pourtant pas là les jours précédents. Amusé et ce malgré l’accident dans les bois de l’un de ses collègues, Bernhardt (interprété par le fabuleux Richard Sammel que nous ne présentons plus) décide de partir avec un petit groupe de volontaires pour suivre cette curieuse apparition.


Bernhardt, Serge (Jean-Marc Barr), Leïla (Christa Théret), Joseph (Tom Mercier), Dani (Planitia Kenese) et Sophie (Jeanne Balibar) partent donc dans une excursion pédestre qui va progressivement virer au cauchemar. La corde, ils ne sont bien sûr pas près d’en voir le bout. Si la marche débute sous le signe de la bonne humeur et de l’amusement, elle va toutefois bientôt se prolonger inlassablement, orientée par la curiosité maladive de ces colocataires infortunés. Plus les protagonistes marchent et plus la corde semble se prolonger, promesse pour chacun d’une réponse qui pourra a priori les aider à combler individuellement quelque chose en eux. Happés par la corde, les prétextes des uns et des autres préalablement et rationnellement entendables par le téléspectateur dans le but de poursuivre l’aventure plutôt que de rebrousser chemin, finissent par frôler une folie, guidée par un désespoir qui n’est pas forcément celui de ne pas pouvoir rentrer chez eux, mais propre à la personnalité ou au passé de chaque personnage. Avec toujours cette grande question en tête (qui devient néanmoins assez subsidiaire au fil du temps pour ceux qui ne se focaliseront pas dessus) : qu’y a-t-il au bout de la corde ? La série a l’intelligence de ne pas uniquement se reposer obessionnellement sur une quelconque résolution de mystère, mais plutôt sur le parcours physique et mental de ses personnages. C’est ainsi que si certains décident de poursuivre la marche pour telle ou telle raison, ceux qui refusent de la poursuivre pour telle ou telle autre raison ont finalement une nécessité à rester, notamment parce qu’ils ne veulent pas laisser tel ou tel camarade, compagne ou malade…peu importe le motif de la dérive, ils en ont tous un.


La série se décompose en deux espaces : les bois d’un côté, et le centre de recherches de l’autre où demeurent les collègues inquiets de la disparition de leurs camarades. Nous y retrouvons notamment Agnès (l’électrisante Suzanne Clément) la compagne de Bernhardt, et Ulrik (Jakob Cedergren) son amant. Le lieu où se déroulent les événements, à savoir donc la Norvège, est intelligemment exploité et transforme un paradis naturel en limbes oppressantes où le centre de recherches demeure impuissant, lui qui tente pourtant de percer le secret des étoiles. Les scènes dans ledit centre, bien que moins passionnantes que celles autour de la corde, l’enjeu y étant moindre, demeurent intéressantes car également sources de mystère : les scientifiques attendent le retour des indispensables disparus afin de procéder à une moisson de données et ce dans le but de vérifier leur théorie des Répéteurs qui pourrait changer notre perception de l’univers. Les deux quêtes se font donc écho même si celle des bois éclipse globalement l’autre. Nous n’évoquerons pas spécialement l’enquête policière sur la disparition des chercheurs, celle-ci étant assez rapidement expédiée. Le tout reste pourtant extrêmement homogène.


Que ce soit via son casting, ses décors, le son ou son scénario, La Corde est une fiction addictive qui ne se relâche quasiment jamais. L’ambiance bon enfant laisse rapidement place à l’espoir, puis à la détresse et à la folie, chacun étant finalement guidé par des questions bien plus préoccupantes et meurtrières que celles relatives à la corde en elle-même. Une série plus complexe que ce qui ressortait de prime abord, imparfaite mais qui fait mouche, surtout pour ceux qui contrairement aux personnages de la série sauront voir au-delà de la corde. Soulignons aussi tout particulièrement l’excellence du casting. A ne pas louper, le périple sera moins dangereux de votre canapé.

Crédits: Arte

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