Critiques

ALEX HUGO (Critique Épisode Seuls au monde) Un sujet très délicat, abordé avec beaucoup de pudeur…


Octobre, dans le contrebas d’une route, dans un endroit charmant et bucolique de la vallée, Alex Hugo découvre une voiture accidentée. A quelques mètres de là, à l’extérieur, la conductrice, morte. Il s’agit du Dr Myriam Ferrand, 40 ans, installée depuis quelques temps, après avoir longtemps vécu à Marseille. Alex la connaissait de là-bas, son père est un ami proche, il lui avait souvent vanté la beauté de Lusagne. Très vite, l’enquête va montrer qu’il s’agit d’un meurtre déguisé en accident, et qu’un couple mystérieux, vraisemblablement illégitime, a été témoin et a tenté en vain de sauver la passagère…

Huit saisons déjà que Samuel Le Bihan incarne Alex Hugo. Huit saisons que l’on suit avec fidélité et passion les aventures de cet attachant shérif des alpages, avec un succès qui ne se dément pas : en septembre 2021, la série a enregistré des audiences record pour les épisodes de La Voie de l’Esprit et La Fin des Temps (6 millions de téléspectateurs). Une belle preuve d’amour de la part du public, et un sacré tour de force pour la série, qui a toujours su prendre le genre à contre-courant, avec ses enquêtes intimes, presque petit format, dans un panorama toujours plus grand que grand. Et le signe, une fois encore, que la direction des programmes de France Télévisions a décidément du flair !

Deux inédits inaugurent cette nouvelle année, avec tout d’abord un épisode réalisé par Thierry Petit : Seuls au monde. Une histoire d’emblée très personnelle pour Alex Hugo, premier arrivé sur les lieux d’un accident dont la victime est une amie très proche. C’est le point de départ d’une véritable descente aux enfers pour la Tendresse, que l’on aura rarement vu aller aussi mal. C’est la première réussite de cet épisode délicat, qui met à nu son héros, le chahute, le pousse dans ses retranchements, sans égards, avec beaucoup de rudesse. Jamais, auparavant, Alex Hugo n’avait autant renoué avec Marseille, dont l’ultra-violence l’avait poussé à fuir à Lusagne pour tenter d’y oublier la furie des hommes. On est forcé d’y voir un pont, malsain, entre le tapage de la ville, gangrénée par le crime, et le refuge fragile qu’est Lusagne, au cœur de montagnes pas assez impénétrables pour protéger le reste du monde – et Alex – de la mort et de son cortège de douleur. Car il est question des liens, ici, et de tout ce qu’ils portent d’espoirs et de déceptions.

C’est le deuxième pan très intéressant de l’histoire écrite par Marc Kressmann et Marie-Alice Gadéa, qui prend une tournure inattendue dans sa seconde moitié, comme c’est régulièrement le cas avec la série, qui a à cœur d’explorer des problématiques très actuelles. Dans cet épisode, au titre polysémique, est posée la difficile question de l’identité sexuelle, et de ce qu’elle draine de solitude et de heurts au sein des familles notamment. Un sujet très délicat, abordé avec beaucoup de pudeur, du rejet parental à l’acceptation de soi, et qui pousse au questionnement personnel et à l’ouverture d’esprit.

Comme souvent, difficile de démêler complètement les fils qui relient l’affaire de départ aux découvertes successives d’Alex, Angelo (Lionnel Astier), Renart (Mikaël Fitoussi) et Tony (Fabien Baïardi) même si, rapidement, d’évidents suspects sont identifiés. Ce que nous retiendrons, pour notre part, avec une certaine jubilation, c’est le rôle explosif de Marilyne Canto, enfin bousculée dans l’interprétation de son personnage. Et bon sang, quel pied ! L’épisode se suit avec intérêt, notamment grâce à l’interprétation impeccable de Samuel Le Bihan, en grande forme par rapport à son alter ego qui, lui, n’a jamais paru aussi las. Beaucoup de remises en question sont à l’ordre du jour et, pour ce qui est d’y prendre plaisir, nous plaidons coupables !

Crédits: France 3

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