Critiques Cinéma

THE TRAGEDY OF MACBETH (Critique)

SYNOPSIS: Une nouvelle adaptation de MacBeth d’après William Shakespeare. Un seigneur écossais est convaincu par un trio de sorcières qu’il deviendra le prochain roi d’Écosse. Son ambitieuse épouse le soutient dans ses plans de prise du pouvoir. 

Macbeth ! C’est le nom d’un roi d’Écosse dans les années 1000, mais c’est surtout une œuvre intemporelle parue en 1623 de William Shakespeare. Tout le monde a déjà lu, vu ou entendu au moins une œuvre de Shakespeare, que ce soit en classe pendant son enfance ou lors de ses multiples adaptations que ce soit au théâtre, en téléfilms ou encore au cinéma et il est temps cette fois-ci de découvrir ce nouveau film sur une plateforme (Apple +). Lors de la dernière adaptation de la célèbre pièce en 2015, Justin Kurzel avait réalisé un film qui se voulait plus moderne, celui-ci rassemblait Michael Fassbender dans le rôle-titre et Marion Cotillard en Lady Macbeth. En cette année 2021 c’est Joel Coen qui s’attèle à redonner une énième vie au Macbeth de Shakespeare. Après avoir réalisé 18 films avec son frère Ethan, Joel se lance seul dans ce projet, ce qui n’est pas sans nous rappeler Matrix Resurrections, qui était lui aussi la première réalisation sans sa sœur, de Lana Wachowski. L’idée de faire une adaptation de cette œuvre vient en premier lieu de la femme de Joel, Frances McDormand. Passionnée et fascinée par cette tragédie, elle souhaite que son mari transpose la célèbre pièce en film revisité à la sauce Coen. Le récit suit un général écossais nommé Macbeth (Denzel Washington) qui rentre en héros conquérant de sa dernière bataille et qui va se retrouver confronté à un trio de sorcières (toutes jouées par l’excellente Kathryn Hunter) qui lui disent qu’il deviendra le roi d’Écosse. Mais en apprenant plus tard que le roi Duncan (Brendan Gleeson) a couronné son fils Malcolm (Harry Melling) comme son héritier, Macbeth est consumé par l’ambition. Sous l’impulsion de son épouse aimante et ambitieuse Lady Macbeth (Frances McDormand), il s’engage sur la voie du meurtre pour prendre la place sur le trône et sombre alors dans une paranoïa désespérée.


Le défi était de taille pour Joel Coen, tant l’histoire a été réinterprétée et réinventée sous presque tous les angles possibles. Mais le réalisateur en avait parfaitement connaissance, ainsi, il réitère l’histoire classique de la cupidité, de l’ambition, de la culpabilité tout en apportant une élégance décontractée et froide. L’une des différences majeures avec les précédente adaptions est bien évidemment le visuel. La réalisation de Coen est très stylisée, dépourvue de paysages, de décors, elle pourrait d’ailleurs se dérouler n’importe où – pas seulement dans un royaume assiégé en Écosse. Le jeu des ombres est d’une importance capitale, quand elles sont projetées sur les colonnes du château, elles semblent si terrifiantes et inquiétantes qu’elles permettent de rendre chaque plan minimaliste, et de nous montrer que chaque prise de vue peut être regardée comme une peinture.


L’une des difficultés quand on adapte une œuvre de William Shakespeare c’est bien évidemment le langage. Doit-on le conserver ou l’adapter ? Joel Coen a fait le choix judicieux de conserver le texte original exactement comme dans la pièce. C’est d’ailleurs ce point qui pourra diviser les spectateurs, certains pourraient avoir du mal à digérer ces longs monologues, car on n’a plus du tout l’habitude d’entendre ce type de dialogue de nos jours.  Cette difficulté à surmonter se fait évidemment grâce à un casting capable de démontrer une réelle aisance oratoire. La facilité avec laquelle Denzel Washington arrive à captiver son auditoire ne surprendra pas ceux qui l’ont déjà vu notamment dans Beaucoup de bruit pour rien de Kenneth Branagh (1993), il confirme ici ses talents et son aisance pour aimanter son public. Sans l’ombre d’un doute, Denzel et Frances dégagent le sentiment d’être dans une pièce de théâtre. Les plans largement cadrés leurs permettent d’utiliser leur physique pour nous aider à comprendre que malgré leur théâtralité, Macbeth et Lady Macbeth ne sont que des êtres humains égarés. La scène de somnambulisme de McDormand est absolument magnifique, elle verse son cœur pour exprimer le genre d’angoisse que ressent Lady Macbeth. La tragédie de Macbeth vous captivera non seulement par ses visuels, sa narration, ses expressions sonores et, bien entendu par des performances de haute volée de Denzel Washington et Frances McDormand mais également de tout le reste de la distribution du film.

 

Titre original: THE TRAGEDY OF MACBETH

Réalisé par: Joel Coen

Casting: Denzel Washington, Frances McDormand, Alex Hassell  …

Genre: Drame, Historique

Sortie le: 14 janvier 2022

Distribué par : Apple TV+

EXCELLENT

 

 

 

 

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