Critiques Cinéma

GLADIATOR (Critique)

SYNOPSIS : Le général romain Maximus est le plus fidèle soutien de l’empereur Marc Aurèle, qu’il a conduit de victoire en victoire avec une bravoure et un dévouement exemplaire. Jaloux du prestige de Maximus, et plus encore de l’amour que lui voue l’empereur, le fils de Marc Aurèle, Commode, s’arroge brutalement le pouvoir, puis ordonne l’arrestation du général et son exécution. Maximus échappe à ses assassins mais ne peut empêcher le massacre de sa famille. Capturé par un marchand d’esclaves, il devient gladiateur et prépare sa vengeance.

De nos jours, le genre péplum est rentré dans les mœurs et dans nos conversations autour du 7ème art, tout le monde connait des films comme 300, Le choc des titans, Troie et surtout Gladiator. En effet de nos jours le genre est assez répandu, mais cela n’a pas toujours été le cas. Après avoir obtenu ses lettres de noblesses dans les années 1950-1960 avec des films comme Ben-Hur, Cléopâtre, Les dix commandements et Spartacus pour ne citer que ceux-là, ce genre de films s’est considérablement ralenti dans les années 1980-1990 laissant place à l’aventure et surtout à la science-fiction, tout cela dans l’attente d’un renouveau… Et c’est le scénariste David Franzoni qui va provoquer le retour au sommet de ce genre oublié par certains. Passionné par les combats de gladiateurs et les jeux de cirque, il écrit un projet de scénario mais doit désormais convaincre les producteurs de le financer et surtout trouver un réalisateur qui acceptera ce challenge. Il y en a un qui est immédiatement convaincu par le script, un réalisateur déjà mondialement connu grâce à des succès comme Alien, Blade Runner ou Thelma et Louise notamment. Il s’agit bien évidemment de Ridley Scott, quatre ans après Lame de Fond et A armes égales, des films qui auront divisé la critique et été des échecs au box-office, il décide de relever le défi, convaincu de la force du projet et de s’entourer d’acteurs plus ou moins connus à l’époque: Russell Crowe, Joaquin Phoenix et Djimon Hounsou notamment -ce choix lui attirera les foudres de la presse et des observateurs-, et il décidera alors de poursuive son tournage dans le plus grand secret.


Juin 2000, Gladiator sort sur les écrans, et dès les premières minutes on sent que les choses ont été vues en grand, que ce film va nous transporter. Dès la première scène il nous offre un spectacle de haute volée. On y découvre, Maximus (Russell Crowe), alors général des légions de l’empereur Marc Aurèle (Richard Harris), menant ses troupes contre la Germanie. Cette bataille nous éblouis avec des images visuellement fantastiques. Les flèches enflammées volent dans le ciel, tels des obus éclairants durant la seconde guerre mondiale, une épée est plantée dans un arbre, de la vapeur s’échappe des rudes combats, le sang s’égoutte des lames. Comme des flocons de neige recouvrant le sol, les cendres dérivent du ciel pour finir sur les corps qui jonchent le champ de bataille. Outre son réalisme et sa violence, cette première scène nous montre la forte complicité qui règne entre Marc-Aurèle et SON général. Bien plus que cela, il le considère comme son fils et lui propose même de prendre sa place, une notion que ne comprend évidemment pas son propre fils Commode (Joaquin Phoenix), un homme antipathique, narcissique et prêt à tous pour obtenir le pouvoir. Il a du mal à conserver sa dignité face à l’humiliation et va alors ordonner l’assassinat de Maximus, de sa femme et de son fils. Cet aspect de la personnalité de Commode n’est pas étranger à Ridley Scott, il s’agit d’un trait qui traverse souvent les personnages de ces films comme Harvey Keitel dans The Duelists et Demi Moore dans A Armes égales. A l’issue de cette tentative d’assassinat, Maximus est le seul survivant. Ce général de grande bravoure, va par la suite vivre avec la rage folle et réprimée d’un homme dévoué à son drapeau en quête de vengeance. Il va être « acheté » en tant qu’esclave par Proximo (Oliver Reed), ses qualités de tacticien, sa ruse et sa rusticité au combat vont le conduire jusqu’à Rome, au Colisée, où il va conquérir le cœur du peuple et pouvoir obtenir l’affrontement final qu’il attendait tant…


L’une des véritables forces de ce film est de réussir à être le reflet des émotions que tout le monde a vécu au moins une fois dans sa vie, et cela au travers des personnages principaux. Comme Maximus, nous avons tous perdu quelque chose de précieux à un moment ou à un autre et pour certains nous pouvons connaitre le besoin de vengeance. Il préfère également ignorer le monde souvent désordonné de la politique au profit de la chaleur de l’amour familial. Comme Marc Aurèle, nous avons essayé de faire preuve de droiture et de faire du mieux que l’on pouvait mais cela n’empêche pas de placer, d’énormes fardeaux sur les épaules de nos proches. Comme Commode, nous avons tous ressenti la déception d’être rejeté par quelqu’un qui nous est proche et nous avons réagi avec ressentiment et colère. Quant à Lucilla, nous avons déjà été coincé entre les feux par deux personnes proches de nous. Tous les thèmes « classiques » sont abordés dans ce film, de la passion à l’amour, de la politique au pouvoir, de la vie à mort. La question de celle-ci est d’ailleurs abordée de manière très intéressante, n’étant pas envisagée comme une fin en soi, mais plutôt comme une libération et des retrouvailles tant attendues.


Les scènes de combat entre gladiateurs sont parfaitement maitrisées et bien chorégraphiés, la violence et le sang viennent ensanglanter le sable chaud de l’arène. Le tout sur une musique magistrale de Hans Zimmer. Le compositeur retrouve Ridley Scott avec qui il a déjà collaboré pour Black Rain, Thelma et Louise et Lame de fond.  Plus de quarante ans après l’oscar du meilleur film pour Ben-Hur, Ridley Scott réussi à remettre au gout du jour le Péplum. Le film sera un immense succès critique et commercial, il récoltera beaucoup de récompenses, notamment 5 oscars dont celui du meilleur film. Il sera surtout le renouveau de ce genre disparu pendant quelques années. Comme le dit si bien Maximus, avec ce film, Ridley Scott a « déchaîné les enfers ».

Titre Original: GLADIATOR

Réalisé par: Ridley Scott

Casting: Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen, Oliver Reed …

Genre: Action, Aventure

Sortie le:  20 juin 2000

Distribué par: United International Pictures (UIP)

CHEF-D’ŒUVRE

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