Critiques

L’AMOUR FLOU La série (Critique) Des petites bulles de bonheur…

SYNOPSIS: Après 10 ans de vie commune, deux enfants adorés et un chien. Romane et Philippe se sont séparés. De cette aventure singulière, ils ont fait un film : L’AMOUR FLOU. Les voilà donc installés dans cette drôle de vie, qui par bien des aspects, se révèle miraculeuse : la menace de se séparer n’existant plus puisque c’est fait, les tensions entre Philippe et Romane semblent avoir disparu et ils parlent désormais le langage de l’amitié. Les enfants, quant à eux, semblent baigner dans le bonheur, leurs deux parents à portée de main. Mais le quotidien de la famille Rebbot-Bohringer est toujours aussi fou et flou. 

On avait beaucoup aimé L’amour Flou, le premier film de Romane Bohringer et Philippe Rebbot sorti en 2018, à tel point qu’on attendait leur second opus avec beaucoup de curiosité et d’envie. Il nous faudra patienter encore un peu car en guise de seconde expérience, le tandem a poussé l’expérience L’amour Flou en une série de neuf épisodes qui intègre la très convoitée collection des Création Originale Canal +. Si le film nous avait séduit par sa fraicheur et sa sincérité, le duo allait-il avoir suffisamment de choses à raconter sans se répéter et surtout en parvenant à s’adapter à un format et à un média totalement à l’opposé du long métrage dans sa conception, quand bien même les chaines et les créateurs sont prompts à vouloir nous faire croire le contraire. Avec comme ligne de mire l’objectif de dépasser la chronique et de ne pas se contenter de filmer un journal intime, Romane Bohringer, Philippe Rebbot, Lou Bohringer et Gabor Rassov se sont attelés à travailler les arches et la progression des personnages jusqu’à ce que Philippe Rebbot, peu enclin à se plier à la façon de travailler sur une série, ne quitte l’équipe d’écriture (tout en réécrivant et en improvisant énormément sur le tournage, apportant ainsi tout autant que les autres au final). Comme dans le film, la frontière est fine entre la fiction et la réalité, chacun jouant son propre rôle avec son background personnel, évoqué en filigrane, construisant ainsi des êtres de chair et de sang avec leurs qualités et leurs défauts, les sujets légers et graves n’étant jamais trop appuyés et permettant ainsi à l’ensemble de conserver un bel équilibre et une vraie cohérence entre sincérité et contingences scénaristiques.

Si la série n’est pas qu’un remake du film mais bien son prolongement, la fraîcheur, la sincérité et l’humeur qui enrobaient le long métrage sont toujours présents et les valeurs comme la famille et l’amour sont toujours au cœur du récit. Tendre, loufoque, poétique, drôle et fantaisiste, les épisodes d’une trentaine de minutes filent à toute allure prenant le contrepied de la morosité ambiante avec réussite. Les situations aussi anodines soient-elles réservent des moments délicieux entre l’énergie et la gouaille de Romane Bohringer et la poésie lunaire de Philippe Rebbot. Eric Caravaca dans le rôle du nouvel amoureux de Romane et Monica Bellucci dans celui de la nouvelle chère et tendre de Philippe trouvent tout naturellement leur place dans ce kaléidoscope réjouissant où l’on retrouve pèle-mêle Richard Bohringer, Reda Kateb ou Clémentine Autain (déjà présents dans le film) et où le quotidien s’ancre profondément sans jamais paraitre artificiel.

Les enfants Bohringer-Rebbot, Rose et Raoul font également preuve d’un naturel et d’un abattage prometteurs et l’amour qui lie cette famille suinte par tous les pores de l’écran sans que jamais le pathos ou l’indécence ne s’invitent dans le paysage. La série assume sa poésie et sa spontanéité, sa chaleur et sa bienveillance, sans pour autant être didactique ou bien pensante. C’est même un sacré bordel, mais avec un véritable propos subtil et juste et des envolées humoristiques dévastatrices sans que l’on sombre dans le nombrilisme. Si l’écriture semble libre et déliée, les idées de mise en scène sont aussi intéressantes et il est tiré profit du décor atypique de l’appartement des deux protagonistes principaux pour donner lieu à des situations irrésistibles. Ces petites bulles de bonheur bénéficient aussi d’une délicieuse mise en musique (et d’un générique de fin qui colle magnifiquement au projet). On pourrait pinailler et trouver de quoi redire, mais L’amour Flou la série est un tel antidote à la mélancolie qu’on préfère célébrer la positivité qu’elle exsude tout du long. Avec cette dramédie, Romane Bohringer et Philippe Rebbot emportent la mise et signent une fantaisie loufoque, tendre et poétique qui célèbre l’amour, le vrai, celui qu’on donne, celui qu’on prend et qu’on garde pour la vie. Ils réussissent l’amour total en 9 segments réjouissants dont on voudrait qu’ils continuent toujours

Crédits: Canal+

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