Critiques

FAMILY BUSINESS (Critique Saison 3) Une énergie à revendre mais un final frustrant par moments…

SYNOPSIS: Au fond d’un monastère isolé, les Hazan jonglent entre des ravisseurs imprévisibles, une nouvelle ligne de produits hallucinante et un secret de famille bien gardé.

Si les succès français plébiscités par la critique et le public ne se bousculent pas encore au portillon, Igor Gotesman a planté en 2019 les racines d’une surprise générale au parfum de viande casher, d’humour absurdement grotesque et de chanvre. Family Business est parvenu à faire fructifier les affaires de la petite famille Hazan jusqu’à cette saison 3, final d’ores et déjà annoncé d’une cavalcade fumeuse et décomplexée qui, si elle se démarque surtout par son sens de la vanne bien (et mal) sentie, montrait par à-coups un potentiel émotionnel et attachant donnant cruellement envie de repartir pour un tour.

A l’aube de cette saison 3, Jo, Gérard et Olivier sont évadés de force de leur fourgon pénitencier et amenés encapuchonnés dans un monastère aux airs sud-américains. Sous la menace de tauliers du trafic de stupéfiants colombiens et de l’imprévisible Léonard, ils sont contraints de reprendre leur production de pastraweed. Si Ludmila est la seule à savoir la fabriquer, le reste de la famille va devoir trouver un moyen de survivre et de potentiellement retrouver la liberté. Cultiver des champignons, fabriquer une bombe, se déguiser en moine ou gagner Koh-Lanta… Tout sera testé pendant ces 6 épisodes finaux qui sonnent d’autant plus libérés que les précédents, faisant peser le début de la saison dans un trop-plein étouffant.


Dans sa saison finale, Family Business tranche dans le lard sans lésiner sur le gras, surdosant souvent ses vannes grossières, incompatible à tout visionnage family friendly et trouvant une inspiration sans faille dans les fluides corporels en tout genre. C’est après deux épisodes en totale roue libre qui suscitent autant le dégoût, la stupéfaction et le rire nerveux que la série retrouve un rail sur lequel se fixer pour espérer ne pas foncer dans le mur. Family Business n’a jamais été aussi trash, et Gotesman et son équipe ont comme une irrémédiable envie de quitter l’aventure en grande pompe, s’assurant toutes les idées les plus farfelues pour y parvenir et ce parfois au détriment de l’unité de son univers. C’est lorsque la série parle de ses personnages et de leurs dilemmes internes qu’elle sait revenir à ce qui l’a rendu aussi attachante. Jo est génial quand il est un piètre menteur (paradoxe Jonathan Cohenesque) manipulateur et complètement à l’ouest, mais il l’est encore plus quand il embrasse son sens de la famille. La famille, elle, a une place de choix dans cette ultime salve d’épisodes qui réinvente son propre style façon Narcos. Jonathan Cohen, Gérard Darmon, Julia Piaton et Olivier Rosenberg sont encore une fois irréprochables dans leur alchimie et dans leurs envolées d’improvisation de haute voltige. Les Hazan sont en grande forme – sûrement même trop, mais difficile de leur en tenir rigueur. Louise Coldefy et Oussama Kheddam forme LE duo de la saison, reprenant les rôles désormais iconiques de Clémentine et Youssef, proposant parmi les meilleures scènes et répliques de la série. On regrettera les mises en retrait de Liliane Rovère et Ali Marhyar qui pâtissent d’un scénario laissant la place complète aux personnages ayant besoin d’une réelle conclusion à l’issue de l’épisode 6.



Family Business saison 3 est un objet humoristique insaisissable, tantôt absurde tantôt too much, qui ne réussit que quand il se pose et trouve la justesse nécessaire pour déployer ses envolées gagesques. Tout tâche dans ce final inattendu dont on souhaite constamment voir plus. Mais Igor Gotesman se paie un dernier tour de piste où le rire, à tour de rôle jaune et noir, trouve une place attitrée entre ses personnages foutraques aux ressorts comiques complètement dingues et son intrigue policière qui émigre vers les classiques du genre.

A travers le détonnant personnage de Léonard, la série gagne un juste-milieu parfais pour s’allégoriser. Menace réelle, imprévisibilité latente et folie jubilatoire, Raphaël Quenard signe l’antagoniste ultime tant il symbolise en tous points toutes les contradictions de ton de la série. La bêtise, la crasse, la panique et le LSD fusionnent pour mettre au monde un bébé attachant et touchant quand il sait comment s’y prendre avec ses personnages mais frustrant dans ses embouchures. Ce final tout tordu et parfois hors-piste parvient, en grattant sous la surface, à terminer avec flegme et une énergie à revendre une série pour le moins curieuse qu’on aurait aimer voir évoluer sur nos écrans un peu plus longtemps.

Crédits: Netflix France

 

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