Critiques

SOLAR OPPOSITES (Critique saisons 1 & 2) Une excellente surprise !

SYNOPSIS: Après avoir fui leur planète natale pulvérisée à la suite d’une collusion avec un astéroïde, 4 extra-terrestres trouvent refuge dans un quartier pavillonnaire de l’Amérique profonde. 

L’animation pour adultes se porte très bien, merci pour elle. Si Bojack Horseman s’est achevée l’an dernier, d’autres ont pris la relève, faisant d’elles des incontournables du paysage audiovisuel actuel. Tuca and Bertie, Star Trek – Lower Decks, Central Park, Big Mouth, ou bien sûr l’incontournable Rick and Morty font partie d’une génération dynamique et déjantée, prête à exploser tous les codes de la pop-culture et abordant des sujets tabous – dépression, anxiété, conflits de famille, sexualité, racisme, entre autres choses.

L’an dernier, une nouvelle proposition s’est glissée dans ce corpus déjà très conséquent. Et elle ne vient pas de n’importe où, puisqu’elle est née de l’imagination de Justin Roiland (Rick and Morty) et de Mike McMahan (Star Trek – Lower Decks). Solar Opposites, production Hulu et disponible sur Disney + en France, est donc le produit de deux esprits à la fois férus d’animation, mais aux approches philosophiques différentes.

Ainsi que le raconte le générique de début, qui se pare d’une nouvelle accroche à chaque épisode, Solar Opposites raconte comment un groupe d’aliens échappe à la destruction de sa planète pour se mettre à l’abri sur la planète Terre, “déjà surpeuplée” selon leurs dires. Un choc des cultures se met en place, où de multiples espèces d’aliens vont donner du fil à retordre à notre “famille” d’aliens, qui doivent également faire face à des humains particulièrement idiots. L’intelligence du pilote est de ne pas nous montrer l’arrivée des aliens sur Terre; le générique suffit à comprendre les enjeux, et lorsque le pilote commence, la famille vit une aventure comme n’importe quel épisode.

Très vite, la patte Rick and Morty se fait ressentir : en plus d’avoir Roiland au doublage, le design des aliens, le débit de dialogues rapides et les références méta (notamment à Hulu) sont bel et bien présentes. Mais, et contrairement à sa grande sœur diffusée sur Adult Swim, on sent chez Roiland la volonté de parler d’autre chose que d’univers parallèles et d’aventures menées par un grand-père un peu trop porté sur la bouteille. Il explore à nouveau les dynamiques familiales, cette fois menées par le collectif et non par le sang.

Ce qui lui permet d’oser des choses et des aventures plus stand-by que Rick and Morty, qui nécessitent une attention et une mémoire très exigeantes de saison en saison. Est-ce que cela veut dire que la qualité d’écriture est moindre que sur Rick and Morty ? Pas du tout, et cela lui autorise des audaces d’écriture d’un niveau hilarant et d’une précision fascinante, notamment avec l’histoire parallèle d’un peuple d’humains miniaturisés et gardés dans un bocal, observés par le fidèle Pupa.

La patte McMahan est également bien présente, visuellement et narrativement, dans cette volonté de rendre le ton plus optimiste, voire plus mignon.  Ce qu’il tente actuellement avec Star Trek – Lower Decks où l’écriture des personnages les rend attachants car ils ont une innocence et une pureté rafraîchissantes, ce qui est également le cas ici. Il n’en sacrifie pas l’humour ni les références cinématographiques (l’épisode 2 de la ville de bois en est une preuve fantastique), mais son écriture semble se libérer en saison 2, moins victime des contraintes de devoir présenter ses personnages avant de les écrire correctement et de les faire évoluer.

Le résultat oscille entre vraie hilarité, créativité des designs fantastiques et casting vocal de qualité bourré de guests-stars. Mais il y a aussi une volonté de pointer du doigt avec causticité les (mauvaises) habitudes humaines, tout en relativisant ce qu’il y a chez les voisins extraterrestres. La série se regarde sans prétention et manque peut-être d’une ligne directrice encore plus solide que pour ses deux premières saisons (une troisième a déjà été commandée par Hulu), mais elle réussit à offrir une bouffée d’air frais pour qui pense que Rick and Morty commence à tourner en rond dans sa noirceur et son pessimisme définitif. On est en tout cas curieux de voir la direction de la saison 3, après les événements qui concluent les deux intrigues principales du show.

En résumé, si vous êtes fan d’animation, d’aliens sympas et d’humour méta, Solar Opposites sera faite pour vous. En plus d’offrir une pause sympathique entre deux saisons des séries respectives de leurs créateurs, la série se permet un ton ironique et décalé sans jamais sombrer dans l’overdose de méta comme on aurait pu le craindre, le tout avec des trouvailles visuelles de chaque instant qui se révèlent très stimulantes pour les spectateurs les plus avisés. Une excellente surprise !

Crédits: Disney Plus

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