Critiques

GENERA+ION (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×05) Un étonnant cocktail aux ingrédients souvent contradictoires…

SYNOPSIS: Au sein d’une communauté conservatrice, un groupe de lycéens explore leur sexualité. Cela met à l’épreuve leurs croyances sur la vie, la moral, l’amour et la famille. 

Ce jeudi une petite nouvelle fait son arrivée sur Canal+ : GENERA+ION, initialement diffusée sur le service HBO Max. Série américaine composée de 16 épisodes, elle suit une bande de lycéens d’Orange County en Californie dans leur apprentissage de la vie et surtout d’eux-mêmes : identité et sexualité sont au cœur du show. A l’instar de teen dramas comme Skins ou Euphoria (dont la première saison fut une petite claque à tous les niveaux), GENERA+ION est sans tabous et pose un regard assez cru sur les doutes et comportements de ses différents protagonistes. La série bouscule les codes (enfin pas tous) et fait le choix, en tout cas lors de ses cinq premiers épisodes, de se focaliser sur des adolescents qui ne sont majoritairement pas hétérosexuels, des garçons qui arborent du vernis sur leurs ongles de façon totalement décomplexée et qui ne sont pas nécessairement moqués par leurs camarades pour autant. Chester (Justice Smith, récemment vu dans Pokémon : Détective Pikachu) se promène dans le lycée en crop top mais est également l’un des membres de la populaire équipe de water-polo. Ici l’un n’empêche pas l’autre. C’est d’ailleurs en ça que la série brille le plus, quand bien même elle propose en parallèle une avalanche de clichés et de stéréotypes qui enveloppent une génération dopée aux réseaux sociaux. Le programme est d’ailleurs cocréé par Zelda Barnz âgée aujourd’hui de 19 ans mais forcément plus jeune au moment de l’écriture, avec son père Daniel Barnz qui est justement ouvertement gay. L’opportunité pour deux générations de confronter leur ressenti quant au fait d’être Queer sans forcément tomber dans des récits qui ne feraient ressortir que la honte, la violence ou la culpabilité. Vous l’aurez compris, la communauté LGBTQ est au centre de la série, baignée dans l’optimisme malgré les embûches, comme la fabuleuse It’s a sin pouvait l’être dans son genre.


Le premier épisode s’ouvre sur un accouchement imprévu dans les toilettes d’un centre commercial, avant de faire un saut en arrière dans le temps. Un procédé dont usera la série à de nombreuses reprises afin de teaser un évènement ou de nous faire revivre une même scène du point de vue de différents personnages. Malgré notre appréhension à ce sujet, cette mécanique n’est pour l’instant pas trop rébarbative. La série est principalement centrée sur Chester (Justice Smith), Riley (Chase Sui Wonders), Nathan (Uly Schlesinger) et sa sœur Naomi (Chloe East), Arianna (Nathanya Alexander) et Greta (Haley Sanchez). Nous retrouvons également en rôle secondaire Martha Plimpton (l’inoubliable Virginia dans Raising Hope). Fondamentalement GENERA+ION nous abreuve de schémas assez connus : des étudiants tous potes ou amis entre eux, faisant partie de différents clubs au sein du lycée, qui vont à des soirées et semblent avoir une vie sexuelle déjà extrêmement bien fournie. Là où c’est souvent le plus intéressant c’est lorsque les intrigues s’entremêlent comme celle où Naomie comprend qu’elle fréquente le même homme que son frère Nathan. Chester demeure la pierre angulaire du récit, que ce soit via son look excentrique et fantaisiste ou par son charisme, son aura ou son dangereux flirt avec le conseiller Sam (Nathan Stewart-Jarrett). Les adolescents doivent souvent composer avec un milieu familial assez conservateur, notamment Nathan qui a du mal à assumer son attirance pour les garçons ce qui amène des moments malheureusement pas si intéressants ou croustillants que cela (les scènes lors de l’épisode sur le bateau tombent franchement à plat).



Si l’on devait résumer la série, nous pourrions dire qu’elle est assez feel good, novatrice et en même temps clichée à l’extrême. Un étonnant cocktail aux ingrédients souvent contradictoires mais suffisamment complémentaires pour maintenir l’intérêt. Si les dialogues (notamment les blagues de Chester, ou même la tirade de Nathan sur le bateau) et certaines situations s’avèrent extrêmement poussives ou gênantes (alors qu’elles sont parfois supposées être drôles mais tombent à plat), le rythme demeure suffisamment soutenu (les épisodes font une trentaine de minutes) pour nous maintenir en haleine même si avouons-le les enjeux primaires sont globalement assez futiles. GENERA+ION ne semble pas incontournable mais suffisamment inclusive et solaire pour nous donner l’envie de découvrir les épisodes suivants. Ajoutons que la série aborde parfois certaines thématiques d’actualité (subtilement ou non) telles que les fusillades (avec un épisode qui se déroule durant le confinement du lycée) ou les incendies. La galerie des personnages est par ailleurs globalement sympathique hormis peut-être l’irritante Arianna. Un programme récréatif à découvrir ce jeudi mais qui ne plaira probablement majoritairement qu’aux aficionados des teen shows, la série n’ayant pas la majestuosité ou la complexité d’une Euphoria.


Crédits : Canal +

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