Critiques Cinéma

LA PROIE D’UNE OMBRE (Critique)

SYNOPSIS: Déchirée par la mort brutale de son mari, Beth se retrouve seule dans la maison au bord du lac qu’il avait construite pour elle. Elle s’efforce de faire face, mais d’inexplicables cauchemars font leur apparition. Dans de troublantes visions, une présence insaisissable semble l’appeler… Contre l’avis de ses amis, Beth commence à fouiller dans les affaires de son mari, en quête de réponses. Elle va découvrir des secrets aussi étranges qu’inquiétants, et un mystère qu’elle va, malgré les risques, tenter d’élucider…

Le nom de David Bruckner commence tout doucement à se positionner dans le milieu de l’horreur. Le réalisateur américain a en effet signé des segments de films collectifs tels que V/H/S et Southbound, films d’épouvante à sketchs qui connaissent chacun leur tour des petits succès publics et en festival (Sundance pour le premier, Toronto et Gerardmer pour le second) avant de sortir son premier long-métrage « en solo » pour Netflix, Le Rituel. Bruckner est de retour sur le devant de la scène de l’horreur avec son nouveau film The Night House, traduit en français par La Proie d’une Ombre, et vient inscrire son nom sur la (longue mais exigeante) liste des auteurs horrifiques de talent. Beth vient d’encaisser de plein fouet la mort brutale de son mari Owen et se retranche dans leur maison en bord de lac. Alors qu’elle se renferme sur elle-même, elle est témoin de manifestations très étranges et d’apparitions d’une ombre qui suit ses moindres pas. En creusant, elle découvrira alors de sombres secrets enfouis par son mari. Pour repréciser ce que nous évoquions dans le premier paragraphe, La Proie d’une Ombre tient plus du thriller horrifique que du pur film d’horreur, bien qu’il baigne assidument dans tous les codes du genre (et bien plus). Mais difficile de passer à côté des thématiques du deuil, du traumatisme et de la perte de repères de Beth, envoyant le long-métrage sur les pas des classiques du thriller psychologique. Par sa construction, La Proie d’une Ombre est un film sombre, comme une sorte de traversée des enfers où la réalité s’effondre sur elle-même pour brouiller toujours plus la protagoniste comme le spectateur.

Dans ce voyage cauchemardesque dans les entrailles de la mort et dans les fantômes du passé, Bruckner s’amuse à nous envoyer à la figure des effets visuels radicaux et au stylisme impressionnant d’originalité. La Proie d’une Ombre fait peur comme rarement, jouant avec son décor pour découper des silhouettes là où l’on ne s’y attend jamais, revisitant le concept même du jumpscare – rien que ça. Par la superbe photographie maîtrisée et ultra pertinente aux instants clés d’Elisha Christian, le film déploie alors une mise en scène acérée et fulgurante, qui sait troquer ses errances solitaires et lancinantes contre des séquences de pure flippe quand il le faut. Sans jamais oublier de développer son univers visuel et narratif en cultivant un mystère qui trouve son apogée dans les révélations finales, jamais trop lourdes ni trop légères. Le scénario de Ben Collins et Luke Piotrowski se montre alors particulièrement juste même si quelques petites longueurs viennent tirer l’ensemble sans jamais véritablement déranger.


En tête d’affiche, Rebecca Hall trouve dans Beth un rôle complexe et multi-facettes qu’elle gère avec une force et une radicalité rare, donnant au personnage une aura peu habituelle dans le genre horrifique. De son interprétation saccadée, anxiogène, paranoïaque et souvent mutique, la comédienne s’offre une performance juste et affutée qui porte le film de bout en bout. Elle est côtoyée par Sarah Goldberg, Stacy Martin et Evan Jonigkeit dans des rôles secondaires lourds de sens.



Avec La Proie d’une Ombre, David Bruckner pose une véritable vision d’un auteur horrifique, dévoilant via le portrait de cette femme brisée par le deuil et en prise avec ses démons un univers visuel et narratif d’une rare singularité. Par une mise en scène efficace et habilement stylisée, le long-métrage se distingue de ses semblables en imposant une identité propre qui transparaît à chaque instant malgré quelques déséquilibres de rythme ici et là. Dans la plongée infernale et au-delà du réel que propose cette Night House au bord du lac, Bruckner signe un film habité, sombre et effrayant qui convoque des fantômes pour mettre en images le deuil d’une femme forte prisonnière du passé.

Titre Original: THE NIGHT HOUSE

Réalisé par: David Bruckner

Casting : Rebecca Hall, Sarah Goldberg, Evan Jonigkeit…

Genre: Thriller, Epouvante-Horreur

Sortie le: 15 Septembre 2021

Distribué par : The Walt Disney Company France

TRÈS BIEN

 

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