Critiques

DR. DEATH (Critique Mini-Série) Une mise en scène trop froide et clinique mais un très bon casting, …


SYNOPSIS: Adaptée du podcast américain proposé sur la plateforme Wondery, la série “Dr. Death” raconte l’histoire choquante et véridique du Dr. Christopher Duntsch (Joshua Jackson), une étoile montante de la communauté médicale de Dallas. Jeune, charismatique et apparemment brillant, le Dr. Duntsch développait une activité médicale florissante au sein de son cabinet de neurochirurgie lorsque tout a soudainement changé. Ses patients entraient dans la salle d’opération pour des chirurgies de la colonne vertébrale complexes mais routinières et en sortaient mutilés ou morts. Alors que les victimes étaient de plus en plus nombreuses, deux confrères médecins, le neurochirurgien Robert Henderson (Alec Baldwin) et le chirurgien vasculaire Randall Kirby (Christian Slater), ainsi que la procureur de Dallas Michelle Shughart (AnnaSophia Robb), décident de l’arrêter. “Dr. Death” explore l’esprit tordu du Dr. Duntsch et les échecs du système conçu pour protéger les plus démunis.

Après Dirty John ou Homecoming, entre autres, voici venir une nouvelle adaptation d’un podcast dit de  » true crime  » : ou comment les affaires policières inspirées de faits réels cartonnent auprès du public, devenant des vaches à lait comme des autres à Hollywood. Cette nouvelle adaptation, c’est Dr. Death, d’après le podcast du même nom. L’histoire d’une traque menée contre le neurochirurgien Christopher Dunstch, qui aura en quelques années à peine charcuté une trentaine de patients et tué quelques autres dans l’état du Texas.  Un fait divers sordide et saisissant, qui bénéficie ici d’une grosse distribution, menée par Christian Slater, Alec Baldwin et Joshua Jackson dans le rôle de ce  » Docteur La Mort « . Si le postulat de départ est alléchant, on est vite douchés par la structure de la mini-série. En effet, alternant passé de Dunstch et « présent » pour suivre les enquêtes des deux docteurs qui se mettent à ses trousses, le début de la série manque d’équilibre et surtout de liant. Si tout finit par se connecter, faisant comprendre au spectateur à quel point l’itinéraire de Dunstch est aussi imprévisible que le personnage, le peu de connexion directe entre le duo Slater / Baldwin (grosse force de la série, avec les rares notes d’humour bien dosées des épisodes) et Jackson ne favorise pas notre curiosité à l’encontre de tous ces personnages. Sans doute une crainte de ne pas offrir trop d’empathie à des personnages qui n’en méritent pas forcément.



Quand ce  Dr. Death  ne mutile pas ses patients, lors de scènes au bloc opératoire particulièrement troublantes où même un spectateur ne possédant pas de licence en médecine peut rapidement comprendre ce qui ne va pas, la série se focalise sur les errements du système de santé américain. C’est cet aspect-là de la série qui interroge le plus. Les errements de la médecine américaine sont connus, internationalement, mais les voir exposés de façon si minutieuse, façon autopsie, rappelle qu’au-delà des cas exceptionnels comme Dunstch, c’est tout le système pourri jusqu’à la moelle, qui aura été incapable de protéger ses citoyens. En médecine comme ailleurs, l’argent est roi, et rares sont ceux qui peuvent s’y opposer.



Dommage que cette thématique passionnante, déjà creusée dans beaucoup de séries médicales (Urgences, Grey’s Anatomy, ou Scrubs, notamment), ne soit pas mise en valeur par une mise en scène trop froide et clinique, sans mauvais jeu de mots. Malgré une diversité très appréciable de réalisatrices derrière la caméra pour filmer ces prototypes masculins ne semant que destruction et mort autour d’eux, l’ensemble reste trop impersonnel pour marquer la rétine. On préférera un montage plus nerveux lors des fameuses scènes d’interventions chirurgicales, où les bruits sèment un malaise aussi profond que les images. En résumé, si Dr Death ne démérite pas avec son histoire saisissante et un très bon casting, on aurait aimé une écriture plus précise des personnages et un bien meilleur écrin visuel pour accueillir cette vision implacable du système de santé américain. Véritable monstre des temps modernes, Christopher Dunstch trouve ici un alter-ego saisissants en la personne de Joshua Jackson ; probablement l’un de ses meilleurs rôles. A défaut de mieux, on se contentera déjà de cela.

Crédits: STARZPLAY

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