Critiques Cinéma

ON THE VERGE (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×06) Trop bancal pour créer l’addiction…


SYNOPSIS: Dans un Los Angeles pré-Covid, quatre amies en pleine midlife crisis tentent de jongler entre leur vie familiale et leur vie professionnelle. Pour Justine, cheffe française dans un restaurant à la mode, Anne, styliste débordée, Ella, avec ses trois enfants de trois pères différents, et Yasmin, qui tente de sortir d’un congé maternité de 12 ans, le quotidien est un numéro d’équilibriste le plus souvent rock’n’roll ! 

Composée de 12 épisodes d’une trentaine de minutes, On The Verge, créée par Julie Delpy débarque ce lundi 6 septembre sur Canal+. Basée à Los Angeles la série suit quatre amies d’une quarantaine/cinquantaine d’années, plus ou moins toutes désespérées par leurs vies respectives, dans leurs déboires familiaux et professionnels. Il y a tout d’abord Justine (Julie Delpy) cheffe cuisinière et son mari Martin (Mathieu Demy) deux français expatriés sur le continent américain : leur couple est un naufrage, et il faut dire que Julie est peu aidée par son Martin narcissique et frustré qui passe son temps à la rabaisser et qui déteste le chat familial malade aux selles envahissantes. Il y a ensuite Ella (Alexia Landeau), mère de trois enfants qu’elle a eu avec trois pères d’origines différentes et qui a du mal à joindre les deux bouts, n’hésitant pas à recourir à tous les moyens possibles (y compris ses rejetons) pour rectifier le tir. Puis Anne (Elisabeth Shue), femme en apparence assez assumée et libérée à la vie sentimentale instable. Enfin nous côtoyons Yasmin (Sarah Jones) stressée de haute volée et menteuse invétérée également en plein doutes et totalement insatisfaite à tous les niveaux de sa vie. Le téléspectateur se retrouve immergé dans le quotidien de tout ce petit monde pour le meilleur et malheureusement souvent le pire…

On The Verge est une série assez étrange puisqu’elle présente des personnages qui sont non seulement des archétypes assez basiques mais qui sont tous de surcroît foncièrement antipathiques. Si certains à l’allure insupportable peuvent toutefois s’avérer amusants comme Martin le mari de Justine que l’on apprécie détester, force est de constater qu’il est très difficile pour le téléspectateur de créer un affect avec le cercle féminin de la série tant il mérite le plus souvent des claques. Le tout avec des interactions caricaturales et fausses qui font que nous ne croyons jamais réellement aux moments de vie qui se déroulent dans le paysage. Si chaque épisode est centré sur un thème ou une situation comme en témoignent les différents titres afférents tels le deuxième (plutôt amusant d’ailleurs) où les personnages se retrouvent à un dîner sur la thématique de l’Italie alors que l’un des convives a été récemment cocufié par sa femme avec un italien, ou le troisième lorsque Justine perd le goût et l’odorat (tiens tiens…) alors qu’elle est à la tête d’un restaurant, le fil rouge demeure bien entendu focalisé sur les problèmes de vie et de couple des différent(e)s protagonistes.

Toutefois la série ne décolle jamais réellement. Après un premier épisode extrêmement poussif et malgré quelques fulgurances, nous avons eu beaucoup de mal à rentrer dedans et à nous attacher à tout ce groupe, sorte de mix entre Sex and the City et Desperate Housewives, ou à éprouver une quelconque envie de voir la suite à la fin de chaque épisode. Cela est particulièrement regrettable puisque le format 30 minutes s’avère de base plutôt propice au binge watching. Ici que nenni. Pourtant nous suivons attentivement le travail de Julie Delpy et nous avions beaucoup apprécié des films comme Le Skylab ou 2 Days in New York qui se rapprochent à bien des égards de ce qu’elle a sans doute souhaité insuffler dans sa série. Peut-être que le format sériel s’avère moins adapté à son style et à son écriture…

Néanmoins le mal-être des personnages, souvent palpable et compréhensible, ne nous empêche pas d’éprouver un minimum d’empathie à leur égard…mais leurs réactions parfois lunaires, gratuites et pas toujours drôles peinent à stimuler, le curseur entre l’humour, le drame et la justesse se révélant globalement aux fraises. Si nous trouvons par exemple le comportement de Martin tout à fait injuste vis-à-vis de Justine totalement effacée au sein de son couple, l’attitude de cette dernière dans le cadre quotidien (donc en dehors de son couple) ne nous aide toutefois pas à l’apprécier. Et c’est le cas pour toutes les femmes (hormis peut-être Anne) de la série : nous compatissons vis-à-vis de leurs vies de couples chaotiques et déséquilibrées mais ce qu’elles font en dehors de cette entité nous donne souvent foncièrement envie de soupirer haut et fort. Si encore le tout était suffisamment drôle et dynamique pour fédérer nous y aurions peut-être trouvé notre compte…mais l’ensemble est trop bancal pour créer l’addiction.

Difficile d’imaginer tous ces défauts inhérents à la série se gommer dans la suite même si nous demeurons curieux de voir comment le chemin de vie des personnages va aboutir à une réelle évolution et à des nouveaux choix significatifs de leur part afin de bouleverser les rapports de force. En attendant cette première moitié de saison ne nous a guère convaincus mais nous vous laissons vous faire votre propre opinion à ce sujet.

Crédits : Canal +

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